En 34 km et 2.700D+, le Môle vu par Stéphane Roguet est un concentré de tout ce que l'on peut espérer trouver sur un trail. L'Ultra Tour du Môle, un petit bijoux apprécié des 130 chanceux au départ et remporté en 4h10 par le Suisse Alain Bartoloni.
Le Môle, c'est Céline et Manu qui me l'ont fait connaître un certain 1er janvier 2010 à 3h du mat. De la Roche-sur-Foron, ils le pratiquent sous tous les angles, toutes les formes, toutes les envies. Une sorte de Ventoux de Haute-Savoie, sauf que ce dernier culmine seulement à 1.850 mètres. Franchement ridicule à côté du Mont-Blanc voisin. Et bien à défaut de faire fantasmer les alpinistes du monde entier, Stéphane Roguet l'a sublimé en profitant de tout ce que ce petit sommet pouvait donner. Un parcours fait de mono-traces en forêt, de larges relances sur chemin forestier, un mur à découvert pour "grimper" sur le Môle, un peu de route mais à l'ombre des arbres, une descente vertigineuse et interminable pour conclure. Ca c'est pour la partie technique. Pour les voyageurs, le parcours tourne autour du Môle, autorisant des vues incroyables du Leman au Mont-Blanc et toutes les montagnes environnantes.
La course selon Stéphane, c'est assez simple : d'abord un balisage hyper léger à base d'un peu de peinture sur quelques cailloux et basta. Largement suffisant, intuitif et obligeant à (un peu) réfléchir. Ensuite c'est un esprit. Gratuit pour les filles, le prix de l'inscription dépend de ta participation en nature au buffet de cloture dans la cour d'école primaire de Marignier. Pour moi la grosse feignasse c'est 10€, pour les fins gastronomes 5€ seulement. Un seul ravito à mi-course, parfait. Des bénévoles à tous les endroits stratégiques, sécurisant. Bref familial et pro, à mi-chemin entre le Off entre potos et la course officielle FFA. Exactement ce que j'aime.
Mais revenons à la course. Fin avril nous avions fait une reco avec quelques trailers du coin (dont bien sur Manu et Céline). Histoire de profiter des paysages, mais surtout de bien valider comment on pouvait profiter au mieux de cette belle descente vers l'arrivée. Mon souvenir final, des jambes qui tremblent comme une feuille 5 minutes après l'arrivée. Ca promet !
Au départ LA question : bâton or not bâton ? Pour Manu, Nico, et moi c'est sans, pour la plupart des coureurs se sera avec, bien que les deux premiers au scratch seront sans. Mais les murs du Môle autorisent à y réfléchir !!! Départ avec un petit groupe de 5/6 qui se détache. je suis dans le deuxième de même taille qui fait vite un trou également. Je suis avec Bastien (Fleury), camarade d'entraînement au CMBM.Une petite boucle en forêt où j'ai le temps de me refaire une cheville gauche (ma faiblesse du moment) sur le plat !!! Nico revient sur moi et me dépasse. Oh surprise ! Le traître, le fourbe a récupéré in extremis ses bâtons juste avant le top départ ! Affuté comme un avion, je le laisse gambader. Je suis satisfait de mon rythme, courant toutes les montées légères, notamment les 4 km de bitumes. Les premiers 1000D+ parcourus assez facilement (18ème position ) nous redescendons longuement sur La Tour pour un ravito à mi-course. J'en profite pour dépasser Jean-Claude Perrez et Stéphane Deperraz avec qui nous allons faire le yoyo. Au ravito Nico repart quand j'arrive, preuve que la descente me profite toujours. La remontée en sous-bois vers le Môle est hyper raide, Stéphane et Jean-Claude me repassent, et je me demande bien pourquoi j'ai laissé ces p... de bâtons bien au chaud dans le coffre de la voiture, grrrr ! Mais dès que nous somme à découvert je les ai toujours en visuel. je ne perd donc pas trop de terrain. Il ne reste que 200 mètres de dénivelés (sur 1.400 depuis La Tour) pour atteindre le sommet quand ... il faut à nouveau redescendre. Il commence à faire chaud, et l'idée de me retaper des pourcentages monstrueux me pose légèrement question. Mais en fait non, je suis très bien, fort dans les jambes. Techniques de respiration issues des marches Afghanes, plus alimentation faîte de liquides soupes + boisson isotonique font à nouveau des merveilles ! Sur la dernière rampe avant le Môle, rencontre avec Serge, local de l'étape qui connaît tous les sommets environnants. Il m'annonce que Nico est passé au sommet depuis 10 minutes. Je suis en chasse derrière Stéphane et Jean-Claude, je monte rythme dans le dernier mur final des 2.700D+, et me permet même de relancer en courant sur les 200 derniers mètres du sentier. La brise légère de l'orage grondant au loin m'accompagne bien. Je sais que je vais les reprendre dans la TRES longues descente vers Marignier que nous avions - heureusement - reconnu. Effectivement, passé le délicat passage du début, je les repasse en moins de 400D- avant le col. Ensuite j'accélère franchement pour les décourager de tenter de s'accrocher histoire de garder une marge. Ca marche souvent. Ensuite c'est long, mais lonnnnnnnnnng ! J'ai les quadris qui crient et chauffent dans des pentes à 25%, jamais un replat pour calmer. Obligé de m'arrêter 5 fois pour les soulager. Les pieds tapent à qui mieux mieux dans mes Sportiva Crosslight qui font une fois encore merveilles pour accrocher la pente avec leurs gros crampons. Olivier m'annonce l'arrivée à 1 km. je regarde ma mon alti : encore 200D-. Boudiou que ça va être long. A l'arrivée (en 4h46 et 12ème) je tombe exactement comme les fondeurs à la fin d'un sprint. Pendant 5 minutes je ne peux plus bouger. Et c'est par terre que je vois arriver mes poursuivants Jean-Claude 2 mn après, et Stéphane 5 mintes. De loin je vois Bastien à qui je fais un léger signe (10ème et 6 mn devant, good job mec !). Quand mes quadris cessent de crier, j'ai le courage de me relever et d'aller féliciter Nico pour belle 6ème place en 4h30 (avec bâtons ...). La première féminine, Christelle Dewalle, arrive en 5h08 dans un état de fraicheur juste incroyable. C'est son premier trail et son équipement la compare plus à une randonneuse. Dès son arrivé elle remonte retrouver son mari également sur la course ... qui arrivera deux heures plus tard, ensemble ! Manu arrive 1h plus tard, belle perf lui qui se demandait encore comment il allait pouvoir finir avec un genoux récalcitrant.
Le masseur bénévole fera des merveilles, du coup même pas de douleurs aux jambes. Une semaine après l'enchainement 100/42 de Crest, 3 jours de salons à Bruxelles avec peu de sommeil et beaucoup de bières, deux séances de 2h30 spécifiques montagne (environ 2000D+) le vendredi et le samedi, je suis juste très étonné et ravi de cette belle performance. La Ronda Dels Cims et le TDG s'annoncent bien.
Il ne reste plus qu'à profiter paisiblement du soleil qui inonde la cours d'école et des mets apportés par les coureurs en attendant la dizaine de camarades du CMBM (Fédérico, Steph, René (79 ans au compteur quand même, et 8h14 !), ...)
Avec l'UTM, trail convivial et familial, technique et tactique, le bonheur c'est Ultra simple. Vivement l'année prochaine !
La troisième étoile ne récompense évidemment pas l'accessit au royaume du slalom et du dérapage frein, mais d'être finisher au fameux enchaînement 100+42 que nous avions initié en 2009 de façon officieuse. 2 finishers en 2009, 6 en 2010, 9 cette année. En pleine croissance le Challenge !
Mais revenons au début. Vendredi nous sommes arrivés de Paris avec Christian et Thomas. Accueil toujours impeccable par Roger chef des navettes. Je suis terriblement fatigué. Par le stress de ma nouvelle boite, peu de sommeil, et un entrainement comme je peux sans programme. En revanche j'ai pour moi une moitié de semaine à Chamonix me permettant de faire du dénivelé régulièrement. Nous avons nos petites habitudes avec Christian : piaule d'étudiant pour deux à l'internat du Lycée, levée 2h30, on commence par la chaussette gauche, ...
Etape 1 : 106 km et 5.300D+
Samedi matin départ à 3h30 en groupe neutralisé par Jack jusqu'au départ du sentier sur la crète au-dessus du Donjon. Il fait chaud, d'ailleurs j'ai mal dormi avec cette chaleur pesante. Départ offciel à 8h45. Comme en 2009 je décide de faire la course sans bâtons, ni sac de change à Saillans. Je me positionne devant pour être sur de ne pas perdre trop de temps sur la mono-trace un peu chaotique sur laquelle certains sont un peu hésitant. Hop 2ème position. A la sortie du sentier, mon "pacer" n'accélère pas et tout naturellement ... je me retrouve premier. Deux lampiotes me suivent à 10 mètres (dont une est celle de Thierry avec qui j'avais fait un bout de chemin l'an dernier), mais elles semblent marquer le pas dans les petites montées sur lesquelles je cours doucement, et après les descentes techniques en mono trace où je me régale. Presque un peu trop d'ailleurs, car par manque de sommeil, je manque de lucidité. En plus je suis avec de nouvelles chaussures, des Sportiva Cross Light, faites pour le cross court et poids légé. Bref exactement pour moi avec mes 83kg et parfait pour un 100 bornes. Avantages : légères et accrocheuses. Inconvéniant : ne tiennent pas les chevilles. Résultat je vais me tordre deux fois la cheville gauche et tomber lourdement d'ici au 1er ravitaillement à Beaun-Cornillane. Je vais être premier jusqu'à la Tour où Michael Passero (qui va gagner en 13h15) me passe en galopant comme un lapin. Ensuite me passe logiquement Frederic Desplanches, vainqueur de l'édition 2010 et qui s'aligne au Challenge cette année (finira vaincqueur du Challenge et 2ème du 100 en 13h53, soit un peu moins de 2h devant moi). Bref tout redevient normal. Et je vous assure que je ne suis pas parti trop vite. D'ailleurs Michael et Frederic me confirmeront qu'ils sont partis doucement.
A Cobonne je suis 4ème, mais je commence à piocher. Le sommeil m'envahit. Le mur avant de plonger sur Saillans ne fait que 400D+ mais sur une pente à 25%, des passages en falaises où je me suis mis à glisser, 4 pauses de 5mn à l'ombre car il fait chaud, très chaud. Mais jamais je ne me pose de questions. C'est comme ça un ultra. Jamais linéaire. Et en plus j'ai une arme terrible que m'a donné Fanfoué (alias François Castel) : la respiration. J'ai trouvé le rythme qui me correspond. En courant 2 aspiration - bloque - 2 expiration bloque. En descente 3-stop-3-stop. Au ravitos ou en pause flash 4-stop-4-stop. Et ça marche du feu de dieu avec une légère sur oxygénation tout au long du parcours qui me fait récupérer super vite. Je le fais tout le temps en entrainement, et même dans le métro !du coup en course c'est devenu naturel. Bon sang comme les choses de la vie peuvent être simple parfois !
A Saillans il est 12h30, je suis le 10ème en 8h45, et les nuages noir s'amoncellent, annonçant l'orage avec quelques gouttes. Ma surprise est de voir quatre coureurs qui abandonnent après m'avoir passé en forme. Même pas blessés les gaillards. Juste plus d'envie, et la peur de s'élancer vers la pluie. Je reste toujours étonné sur un ultra d'assister à des scènes relevant d'un engagement si fragile.
Comme je l'avais prévu je dors 30 minutes pour essayer de récupérer un peu de mon manque terrible de sommeil, ravitaillement, et hop je repars 6ème, en bon état en dépit de mes 3 chutes, et 4 chevilles gauches (à chaque fois il me faut bien 10mn pour que les douleurs disparaissent). Dans la montée vers Cresta l'orage s'abat. La pluie me fait du bien, je suis en sous bois, et la vie est belle. Les branches mouillées me fouettent la gueule régulièrement, la pluie se fait douce où se déchaîne et ponctuent ma montée jusqu'au 3 becs. Je perd deux places dont une en me trompant de chemin en haut des 3 becs par innatention. La descente par la combe de Saou est toujours un régale de glisse et pose de pied stratégique au milieu des cailloux. En plus son côté hors du monde en fait un univers très magique, hors du temps.
Je reprend une deuxième saucé d'orage d'ici au dernier ravito du harras. Après ce ne sont qu'une succession de rivères et de champs de boue, de collines jsuqu'à Crest. je relance toujours impeccablement.
Arrivée à Crest en 1h de moins que l'an dernier, je suis bien, en dépit des nombreuses chutes et de ma déchirure musculaire qui a ressurgit dès 10h ce matin. Mais tout au long du parcours j'ai été zen, sans jamais me poser la question de combien kilomètre il reste, où si je vais aller au bout. Serait ce le travail sur la respiration ? Coach Fanfoué on en rediscute quand tu veux.
Etape 2 : 43 km et 1.400D+
Comme à notre habitude avec Christian (arrivé sur le 100 en 18h17 très content et en 2h de moins qu'en 2009) , nous décidons de partir ensemble en fond de peloton. Nous accompagne Lucas, arrivé 10ème 1h après moi sur le 100. Les places de Challengers sont ainsi figées ! Durant tout ce Marathon nous allons être très réguliers, relançant avec Christian à tour de rôle. la météo est clémente, les organismes fatigués mais sans véritable blessure. Juste Lucas est un peu dans le dur, restant derrière nous. Sans la force du groupe il aurait probablement baché sa course. Sur la deuxième moitié nous remontons plusieurs groupes, dont le très militarisé et sympatique groupe de Coco, Séverine et Thierry, très soudé lui aussi, et qui se prépare à sa nième Transaquitaine.
On termine là aussi sans s'être jamais posé la question du kilométrage restant, à faire des calculs savant (toujours !) sur les temps prospectifs. Bref, zen et heureux d'être là. D'avancer.
Epilogue
Une troisième étoile bien accrochée, Jack qui n'arrête pas de nous poser en héros (Hero ?) de son évènement annuel. Une équipe de bénévoles au top. Une course au format qui me va bien, mais qui mérite une peu plus de monde, alors retenez votre date pour 2012. Un rendez vous avec Christian qui nous donne du plaisir. 2012, prêt pour l'Etoile de Bronze Christian ?
Ce dimanche 23 janvier, la Foulée Blanche signe le grand retour du Club des Cinq, à quatre sur les pistes pour cause de « Playmobile » en gestation pour Chris. En quatre également Le Vercors s’est mis pour nous préparer des pistes superbement enneigées n dépit d’un gros coup de chaud il y a dix jours. Du coup avec le froid (-5°/-10°), la neige était sublime, avec une glisse juste parfaite, et un bon maintient même après le passage de 1000+ coureurs.
Partant du fin fond du peloton dans le dernier sas, et comme annoncé par les organisateurs, les bouchons ont perduré jusqu’au plateau de Geve. Accentués au départ d’Autrans par l’enneigement étroit sur une bande artificielle. Néanmoins l’ambiance était à la bonne humeur, pas d’excitation inutile, chacun se mettant bien en ligne dans la longue double queue des montées. En haut des bosses, à l’occasion des relances, puis sur les plats et descentes, il était alors facile de dépasser, au physique et à la glisse.
Au bout de 30’ environ je rattrape Greg qui a bénéficié d’un dossard préférentiel et donc du sas juste devant. Par quel mystère ? Une enquête est en cours …
Le parcours de la Super Jaune sur le plateau est juste magnifique, avec une succession de bosses très agréables aux relances incessantes. Du physique et de la glisse qu’on vous dit ! La descente finale vers Autrans est un pur régale, un récital de belles courbes à vitesse supersonique rendues technique et verglacées par le passage de nombreux coureur. Une violente hypo au départ du plateau se fait violemment ressentir à l’arrivée sur Autrans. Plus de jambes, plus de bras. Heureusement le parcours réduit à 35 km me sauve. 2h09 (46’ après le premier) et 322ème sur 828 finishers (contre 320ème l’an dernier, belle constance !). Un joli jeu de Pac Man tout au long du parcours, un temps et une neige parfaite, j’en veux encore !
L’après-midi séance de décrassage avec Greg sur le plateau pour profiter encore un peu de la neige et du soleil. Avant de finir la journée comme toujours en Gaule par un bon banquet chez Claire.
Le Club des Cinq
Greg 2h19 – pas mal sans entrainement, mais des skis tout neuf J
Claire 2h44 – retour en forme après les déboires estivaux
Isa 3h35 -mérite bien mieux au vue de sa technique cette année !
Ce samedi 15 janvier la Winter Eco Trail, initialement prévue le 15 décembre 2010 et reportée pour cause de risque d'avalanche, a finalement fait 154 heureux.
Décidément je fais une grosse année avec les Courmayeur Trailers : TDG, Arrancabirra, Winter Eco Trail. Ce que j'adore c'est l'éclectisme des épreuves organisées. Le seul point commun : un enthousiasme et une envie de faire plaisir juste énorme !
La Winter Eco Trail c'est un trail blanc couru au pied des Grandes Jorasses sur le parcours des pistes de ski de fond de Planpincieux jusqu'à Lavachey dans le Val Ferret Italien au-dessus de Courmayeur. Une distance de 13km et environ 100D+ au lieu des 18km/200D+ prévus, la boucle d'Arnuva ayant été supprimée. Bref quand vous faites l'UTMB c'est ce que vous voyez tout en bas en courant sur le balcon entre Bertone et Arnuva.
J'y retrouve Antoine Terray avec qui j'ai couru deux entrainements de Vincent Delebarre au CMBM (Chamonix Mont-Blanc Marathon) il y a quelques années. C'est aussi mon agent immo qui vend mon appart de Cham pour me payer mon Chalet de St Gervais. Mais je diverge ...
Je reviens à la course. Course très locale, nous ne sommes pas nombreux, mais content et motivés ... à se faire plaisir. Je me met tout au fond, je n'ai pas l'intention de faire des étincelles sur un parcours aussi court, et laisse la place aux jeune fougueux. J'ai en souvenir mon dernier cross il y a 4 ans où en deux boucles de 4,4 km, les 10 premiers m'ont pris un tour !!! Le premier kilomètre est douloureux. Antoine me passe et me lâche. Mes jambes ne déroulent pas et mes mains sont gelées. J'ai oublié les gants et mon bonnet dans la voiture laissée au parking de La Palud. Quel con, non mais quel con ! Suis le seul sans bonnet sans gants. Bref je me dis qu'à force de bouger les bras mes mains vont récupérer du sang chaud, ce qui est vrai au bout de ... 20 minutes. Ca ne part pas très vite devant je trouve. Et dès les premières bosses je commence une séance de Pac-Man, en redoublant notamment Antoine, et qui durera jusqu'à l'arrivée. Je cours partout et trouve assez facilement les parties dures de la piste de ski quand les autres s'échinent et s'enfoncent, surement l'habitude et l'oeil du Nordique. Mes mains se réchauffent, j'ai pris le rythme, le coeur et les jambes vont bien. Je passe les deux première féminines qui termineront ensemble (Giuliana Arrigoni et Francesca Canepa) peu avant le Lavachey. Ensuite tout se stabilise, je double encore quelques coureurs à l'occasion des trois dernières bosses, puis arrive la descente vers l'arrivée où je me stabilise derrière Claudi Cheraz croisé sur le TDG. Je finis 26ème à 8' du premier en 54.'11" ... tiens la prochaine fois j'essayerais de partir devant finalement. Marrant le lendemain on se croise avec Davide Cheraz (le vainqueur) sur les pistes à ski cette fois.
A l'arrivée, des couvertures sont amicalement déposées sur les coureurs, le vin chaud et l'incroyable chocolat chaud sont offerts à l'arrivée ! Arghhhh, ce chocolat chaud, rien que pour ça l'investissement de 16€ de traversée du Tunnel est rentabilisé à chaque fois que je viens à Courmayeur !
Après avoir mangé un morceau à l'auberge au pied des pistes avec Antoine, un décrassage à ski de fond. Journée juste parfaite.
Encore un coup gagnant des Courmayeur Trailers. Merci les amis ! Promis, je vais me mettre à l'Italien.
Une interview rondement menée et très sympatique par Juan Carlos Padas, coureur passionné et multi-disciplinaire. Un impressionnant palmares : circadien, trail, désert, non stop ou à étapes. Rien ne lui est indifférent !
24 janv - Ski de Fond Foulée Blanche (42km, 630D+) - 2h35 - 320°
21 fév - Ski de Fond Marathon de la Clarée (42km, 450D+) - 2h36
28 fév - Run&Skate Chamonix (12 et 18km)
14 mars - Ski de Fond Transpyrénéenne (42km)
28 mars - Ski de Fond Etoile des Saisies (42km)
8 au 9 mai - Trail Crest Challenge 100bornes + Marathon (142km, 7.000D+)
11-12-13 juin - Off BMTU
19-20 juin - Off Tour de l'Oisans - arrêt cause neige, 95km et 7200D+
4-5 juillet - Montagn'Hard (120km, 10.000D+) - 6° en 26h12
7 au 22 aout - Off Traversée de l'Islande
27 au 29 aout - Trail UTMB (100km, 4.500D+) - 165° en 15h35
12 au 19 sept - Trail Tor des Geants (330km, 24.000D+) - 37° en 118h
10 oct - Trail Arrancabirra (18km, 1.400D+) - 6 bières - 21° en 2h31 (1h31 après bonifications)
4 dec - Trail L'Origole (75km, 2.000D+) - 12° en 9h27
Bilan Année 2010
Une première année en Vétéran 1 très étonnante. Très peu d'entrainement, rien de structuré. Pour cause de création d'entreprise, et d'organisation de vie entre Paris et Chamonix. Et pourtant une certaine facilité dans les courses, plutôt de bon résultats, même si le final du TDG reste décevant. D'ailleurs ce TDG c'est le clou de la saison, l'objectif numéro un, et j'ai éprouvé un réel plaisir à évoluer sur ce parcours. Le pied intégral. Dans la continuité de la Transpy2009, j'ai le sentiment d'avoir trouvé mon Graal avec les traversées de Massifs Montagneux en mode course non-stop. Ces distances sur plus de trois jours me conviennent bien. La gestion sommeil/effort fonctionne bien.
Finalement l'entrainement aura été essentiellement des sorties en week end. Ski de Fond (avec quelques belles courses pour renforcer le cardio et la PPG) et Rando l'hiver. Ensuite un mélange de courses de plus de 100 km et des Off (la Traversée de l'Islande quelle belle aventure, merci Etienne !).
Me reste les CR de l'Islande et du TDG à faire. Ne serait ce que pour mieux me rappeler plus tard.
A noter : zéro abandons sur cette saison, ce qui montre enfin une expérience suffisante pour terminer quoi qu'il arrive et me remettre en sel en gardant l'essentiel en tête, le plaisir ! Encore un peu de sagesse supplémentaire néanmoins sera nécessaire pour devenir performant (TDG !).
Projections 2011
L'objectif numéro un reste inchangé: refaire le TDG, mais cette fois tenir jusqu'au bout en essayant à nouveau d'arracher une place dans les 10.
Pour y arriver, je ne me crois pas capable cette année à nouveau de partir sur un entrainement structuré. je vais donc planifier des courses de Rando et de Fond, et de nouveaux Trails, de préférence plus techniques, pour monter en puissance et me faire plaisir avec de nouveaux paysages (notamment Tirange, Andorra Ronda Dels Cims, Grand Raid des Pyrénées), et enfin quelques Off bien sentis encore à définir.
Vive 2011 !
Tu te demandes où sont les UFO en France et de part le monde ?
Tu recherches un sparing partner pour ton prochain Tour d'Europe en Non Stop ? Monter une course ou un off ? Faire une thèse sur l'ultrafond et rechercher des statistiques de répartition des joyeux drilles ?
4 décembre 2010 – Le Perray en Yvelines, forêt de Rambouillet
75 km – 2.000D+
9h27, 12°/187 partants et 104 finishers, 2°V1
L’Origole c’est ma bête noire. Trois abandons en trois éditions. Du 100%. Sur le papier rien d’affolant, en général autour de 70 bornes, un petit dénivelé approchant les 2.000 mètres. Sur le terrain une boue accrocheuse, des rigoles pleines d’eau que l’on a parfois du mal à enjamber totalement, toujours en glisse, des bosses épuisantes qui s’enchainent, une relance permanente. Bref une torture pour les quadris et les adducteurs. Et puis c’est aussi trois boucles différentes avec à chaque fois un passage par le gymnase comme point de ravitaillement et base vie. Chaleureux dans tous les sens du terme, mais dont il faut arriver à s’extraire pour retourner patauger. Le tout avec un départ à 23h une belle nuit d’hiver. Donc aussi un sacré exercice sur le mental.
Mais L’Origole c’est aussi et avant tout une bande d’habitués qui reviennent chaque année, comme Bombyx (Gaël Obain) cinq fois finishers en cinq édition, et une organisation au poil avec Philgrizly (Philippe Clement) en directeur de course cette année. Alors forcément, et même si la course n’a été officiellement annoncée que deux mois avant pour des autorisations difficiles à venir, 350 coureurs dont 200 pour le grand tour sont au rendez vous dans le gymnase de Le Perray.
Cette année, je l’ai écrit, l’abandon n’est pas une option. D’ailleurs sur l’ensemble de la saison je n’ai rien lâché.
BOUCLE D’ORLANDE – 28 km et 660D+ - 14° - 2h58
A 23 heures le départ est donné dans une bonne ambiance très décontractée. Il ne fait finalement pas trop froid, et le manteau neigeux tombé du matin promet un terrain plus dur et peut-être moins boueux que d’habitude. Cela se confirme dès les premiers mètres en forêt. Le rythme est toujours très soutenu sur cette B1, du à l’entrainement dont je n’arrive jamais à me soustraire des coureurs de la version Trail et qui s’arrêtent au bout de la B1 (celui qui a le même temps que moi sur la B1 finit 11° du Trail !). Cette B1 c’est une succession d’étangs (l’Etang du Perray, l’Etang du Gruyer et l’Etang du Coupe Gorge) et pas mal de bosses dans la forêt de Rambouillet.
Coup de théâtre d’entrée de jeux : ma frontale, pourtant vérifiée juste avant le départ, s’allume … puis s’éteint. Plus de piles !!! Misère ça commence bien. Tout en courant et en profitant de la lumière des coureurs, je change mes piles que j’ai heureusement mises dans la poche de mon pantalon. Presque 5 minutes pour faire le changement, en essayant de ne rien perdre, et de ne pas me casser la figure. Ouf, j’ai de la lumière, on peut jouer.
On est une poignée de coureur à se dédoubler selon que le terrain est technique avec grosse montée, ou descente «dré-dans–le-pentu et la caillasse recouverte de neige et de glace (là je prends le dessus) ou qu’on est en terrain plat avec grosse relance (je crie misère et tout le monde repasse). Un petit bout de chemin avec Wouter que je retrouve décidément souvent cette année (EcoTrail de Paris, Montagn’Hard, TDG) : il suit le programme sur mon blog ? Finalement tout se passe plutôt pas mal … jusqu’à la sortie de la forêt. Là une grande étendue de champs, le vent qui nous saisie, une grosse hypoglycémie qui survient et les jambes dures et raides comme du bois. Plus que quatre kilomètres pour finir cette B1, et déjà dans un état disons compliqué. L’abandon n’étant plus une option, j’applique la méthode de survie : ralentir, boire salée (soupe Effinov), manger, fonctionner sur un seul neurone. Au ravito, soupe, pâtes, remplissage des gourdes et repartir en moins de 5 minutes.
BOUCLE DU COUPE GORGE – 22 km et 270D+ - 11° - 2h43
Je repars sans me poser de questions. Les jambes raides la bouche pleine. A l’entrée dans la forêt le ventre commence à me tordre. Diarrhée, surement du au froid et à l’indisponibilité en eau chaude au ravito. Je me fais rattraper par un premier coureur que je ne peux suivre. Puis par un groupe de deux coureurs que j’essaye d’accrocher (Philippe Guillemain et David Ardid si j’en crois le classement). Je les garde en visuel. Important ça pour le moral d’avoir une loupiotte en visu. Et au bout d’environ 15 minutes, le miracle survient. Les maux de ventre disparaissent, les jambes se font – un peu plus – légères. C’est reparti, et je remonte doucement vers mes loupiottes. La jonction est faite quelques minutes plus tard. On court à trois, et spontanément sans se dire un mot, on se relaie pour passer devant et faire la trace. Simple et efficace. Du coup on remonte sur celui qui m’avait passé au début de la B2. Je me dis qu’on va la finir à quatre, d’autant que vu le faible dénivelé il faut surtout soutenir un bon rythme de croisière. C’est toujours plus simple à plusieurs. Mais non, il se dit mort, qu’il va arrêter. Alors je continue sur mon rythme. Et quelques minutes plus tard, surprise, plus personne derrière. Mes deux compagnons semblent être une centaine de mètre derrière mais toujours en course. J’en ignore la raison et l’arrivée approchant je ne m’en préoccupe pas. On verra bien au gymnase. Effectivement ils arrivent moins d’une minute derrière.
Ici même protocole qu’après la B1 : soupe, pates, pain et pâté, remplissage des gourdes (soupe + isotonique Effinov), et zou ça repart. Moins de 5 minutes chrono.
BOUCLE DE L’ARTOIRE - 24,250 et 1 050D+ - 12° - 3h46
Là c’est la boucle costaude. Celle par les Vaux de Cernay. Magnifique, mais mes adducteurs l’en dernier avaient carrément jeté l’éponge, impossible de continuer. Une succession de montées hyper raide et glissantes de 50 à 100 mètres, des descentes qui usent les genoux. Des relances pas très longues. Non c’est sur cette boucle va falloir la gérer. Très rapidement David me rejoint lors d’un arrêt « technique ». Il m’annonce 4 kilomètres de plat pour se lancer. Il a raison le bougre. Accélérons ! Il me lâche un peu mais je le garde en visuel. Et dès les premières montées/descentes je le rattrape mètre après mètre, jusqu’à la jonction après une vingtaine de minutes. En fait je suis surtout beaucoup plus rapide que lui en descente, et lui a une bien meilleure relance. Du coup on ne court pas vraiment ensemble. Magistralement lorsque j’arrive sur lui, il s’écarte et me laisse passer très largement. Grand seigneur. Et pendant 1 heure environ il va me suivre de loin, garder le contact visuel à son tour. J’ai évalué cette boucle à 4h environ pour une arrivée vers 9h.
Vers 7h environ patatra, le coup de mou revient avec des jambes lourdes à nouveau. Irrémédiablement David revient sur moi au profite des relances et même des montées. Je garde le contact au mental. Un binôme de bénévole dans le bois pour vérifier le bon passage des coureurs, et je leur demande combien il reste (ce que je m’interdis de faire habituellement). 13 kilomètres ??? Arghhhh ça va être du costaud. En plus ma montre m’indique 600D+ parcourus seulement. Reste 400D+ ? En fait mon alti sous-estime le dénivelé de l’organisation, mais je ne le saurais qu’après. En attendant il faut tenir et garder le visuel sur David. Et ça marche tellement bien que nous revenons sur un autre coureur. Le premier depuis le début de cette B3. Je saurais à l’arrivée qu’il s’agissait d’Alexandre Duhamel. David le passe. Je pense revenir sur lui, mais en fait c’est David qui téléphone. Et ce cochon d’Alex (je ne dis pas ça pour ces 87 kilos tout en … muscles bien sur !) en a profité pour ce faire la belle en accélérant. Et ce n’est pas moi dans mon état qui va lui faire la chasse.
Je finis par reconnaitre la sortie de la forêt des Vaux de Cernay. C’est bon plus de montées, maintenant faut gérer la relance et garder le rythme. Sur ce terrain David est vraiment le plus fort et s’échappe. Probablement encore environ 8 kilomètres. Je ne pense qu’à tenir. Courir encore et encore. Deux ou trois marches de 10 secondes et repartir, jusqu’à ce qu’un autre binôme de bénévoles sonnent la libération : « plus que 1,5 kilomètres ! ». Yes c’est dans la poche. J’ai vaincu L’Origole !
Arrivée au gymnase c’est le pied intégral. Une bonne accolade avec Phil qui semble aussi heureux que nous. Et ce d’autant qu’il aura cette année un taux de finishers de 66% versus autour de 30% les années précédentes !
Je fais connaissance avec Swamp (Olivier Hardouin) qui cartonne avec un podium, et Wouter 6ème. L’arrivée des copains me comble de joie : RunSteph, Bombyx, Ouster, Bottle, Gorky, … Dommage Koko et Isa devront revenir.
Et après ?
L’organisation nous annonce la fin de l’Origole. Du moins pour 2011. Et une surprise pour 2012. Un 100 Miles ? Une double triple boucle ??? Les rumeurs les plus folles circulent. Mes jambes s’affolent rien que d’y penser …
Si vous avez tenu au moins une fois ce magnifque Mag entre vos mains, que vous soyez lecteur assidu ou non, vous contibuer à son amélioration.
Mais est ce encore Dieu possible ?
Un grand merci à tous ceux qui m'ont régulièrement soutenu durant cette belle épreuve qui était mon objectif principal de l'année, comme mentionné dans mon précédant billet.
Bien entendu elle mérite un véritable compte rendu, ne serait ce que pour permettre à tous ceux qui l'ont suivi via les forums et les résultats intermédiaires puissent comprendre ce qu'il s'y passe réellement. Et peut-être aussi vous donner envie de vivre une des aventures qui m'a le plus enthousiasmé durant ma courte "carrière" d'ultrafondeur.
Tout d'abord cette course est juste un bijoux. Le parcours le plus technique et engagé qu'il m'ait été donné de connaître en course à pied. Ensuite c'est juste beau. Les paysages sont somptueux, de la haute montagne, de l'alpage, très peu de liaison route. Enfin les Courmayeur Trailers ont cette faculté incroyable à allier cette organisation pro et léché jusqu'au moindre détail tout en gardant une décontraction totale et cet esprit Italien qui fait que tout semble facile et naturel.
Parmi les coureurs, je n'ai croisé que des gens bien dans leur peau, heureux d'être là, décontracté. A des années lumière de mon UTMBébé 2010 où 1 coureur sur 20 m'a adressé un mot ou geste pour me remercier de l'avoir laissé passer. A chaque fois qu'on se dédoublait avec un coureur on se tappait dans la main, ou échangé des mots sympa, heureux de se retrouver. Que dire de Nico et Etienne avec qui on a parfois fais le Yoyo au grès des repos ou forme de chacun, et de cette fameuse 4eme section que l'on a décidé de la faire ensemble avec Etienne au hasard d'un réveil simultané à Donnas, et où on finit par retrouver un Fastoche à la rue mais avec qui on finit cette dure mais belle journée.
Ensuite je me suis régalé à essayer à interpétrer les stratégies des coureurs autour de moi (et des premiers e regardant les feuilles de passages), tout en essayant d'appliquer la mienne. Pas facile de se forcer à dormir entre 2 et 4h si à 23h vous tombez à terre. Globalement ça a fonctionné. Régal également quand tout le monde semble marquer le pas comme sur la 5eme section et que mon corps semblait juste parfaitement huilé, que la machine Pac Man se met en route. Peut être un peu d'emballement, justement ce que j'avais voulu éviter jusque là.
Enfin même si la machine s'est complètement grippée à 10km seulement de l'arrivée, et que du coup toute idée de perf s'efface (je rate une place dans les 10 et un podium Senior Homme), la seule idée de faire partie des privilégiés qui auront pu boucler ce bijoux d'Ultra Trail est une immense satisfaction.
Si j'étais en Celestie je dirais "on est bien", pour l'instant ce sera "la vita e bella !"
L'objectif #1 de l'année est en fin là. 335 km et 24.000D+ à parcourir sur les magnifiques Alta Via 1 et 2. Ce tour du Val d'Aoste s'annonce somptueux.
Le départ va être donné dimanche 12 septembre à 10h. Ce sera une première pour l'ensemble des coureurs, aucune référence n'étant disponible. La forme physique du moment et l'expérience de chacun sur le multidays en montagne feront seuls la différence. Je n'ai pas non plus compté de teams présent sur cette course, donc pas - encore - de course à l'armement. Les meilleurs sont attendus en 80h environ, soit mercredi soir. Je pense que pas mal de coureurs qui valent moins de 25h à l'UTMB sont capables d'aller chercher une victoire vers 70h (soit le temps de notre PTL2008 !). Je met un gros billet sur Guillaume Millet, ancien coureur de ski de fond, Physiologiste du Sport au CHU de Grenoble, et surtout un record à moins de 23h à l'UTMB.
Personnellement je compte sur un 96-100h, soit une arrivée jeudi matin. Je compte sur une dizaine d'heures de repos cumulés:
- 5 mn par ravitaillement, environ tous les 20 km
- 15 à 30 mn par base vie au nombre de six, environ tous les 50 km
- 2h par nuit comprenant 1h30, soit 1 cycle de sommeil, de repos complet.
Pour le repos, je prend un sac de survie me permettant de dormir n'importe où par n'importe quel temps, indispensable afin de profiter de ma phase creuse vers 2 à 4 heures du matin. Et ce quelle que soit ma progression.
La progression sera relativement lente, avec du 400 à 600m/h D+, de la marche dès que ça monte, des descentes en trottinant.
Temps de passages prévus aux bases vie:
Valgrisenche dimanche 21h00
Cogne lundi 12h40
Donnas lundi 22h00
Gressoney mardi 15h00
Cretaz mercredi 1h30
Ollomont mercredi 17h30
Courmayeur jeudi 10h00
En plus du matériel obligatoire, je prend une paire de gant Kway pour la pluie, et en laine pour le froid. Sinon mon sac Salomon XT Wing 15l fera l'affaire (2 gourdes de 600ml sans sac à eau), mon sac de couchage s'accrochant facilement dessus. Bâtons obligatoires.
Deux paires de chaussures, Salomon XT Wings 2 pour l'assurance en guidage de pied qu'elles me donnent sur la première partie plus typé montagne, les Mizuno Wawe Ascend 4 en taille 48 et donc plus large pour accueillir mon pied qui aura gonflé (notamment mon excroissance osseuse côté pied droit dont le tendon aura morflé).
Sur l'alimentation, je prend les repas et ravitaillement de l'organisation en privilégiant soupes aux nouilles et Coca. J'emporte les Soupes salées, boisson hydratante, et boules de Soja Effinov. Ainsi que deux barres Mulebar par journée.
Le point météo nous annonce une dépression pour lundi, avec de la pluie. Sinon beau temps mais froid, 13°C la journée, 5°C la nuit. De bonnes conditions pour moi.
Je suis heureux de partager ce beau moment de course avec mes potes Etienne Fert (dossard 67, Icelandic GO), Manu Sery (Rapace), Nicolas Cointepas (qui me dépasse systématiquement à mi course), Cédric Charvin (Castor Junior), et tous les autres UFO !
L’UTMB 2010, en plus d'être une préparation au Tor des Geants, devait être une édition un peu spéciale pour le groupe U²FC (Ultimate UTMB Finisher Club pour les non initiés). Elle l’a été, mais pas tout a fait comme prévu.
Mais retour aux bases. L’U²FC est composé de Koko (Corinne Peirano), François et Antranik (Papzian), Yoyo (Lionel Planes) et bibi. Les trois premiers sont abonnés aux bachage d’UTMB entre trois et cinq éditions. Yoyo est multi finisher avec un meilleur temps en de ça des 28h, et bibi en 34h. L’idée était d’amener nos amis au bout, en les préparant durant dans l’année en fonction de leurs points forts/faibles, et en étant « embeded » avec un dossard, Yoyo coachant Antranik, moi faisant le yoyo avec les deux filles.
Au départ de Chamonix quelques gouttes annoncent le programme, et en effet très rapidement la pluie tombe à grandes eaux. Je conseille Koko de mettre de suite le vêtement pluie, car rien de pire que de monter en altitude et qui plus est de nuit déjà trempé. Nous n’allons pas aller très vite (objectif de 42/46h), il va donc falloir durer. Je suis d’ailleurs étonné de voir un grand nombre de coureur pourtant loin de temps canon s’échiner à rester en tshirt. Nous en verrons un grand nombre devoir se changer complètement dans la montée vers Voza. Françoise est peu plus rapide, mais au bénéfice des arrêts pipi ou change, on se retrouve très souvent à trois. La montée est tranquille et régulière, nous sommes toujours en avance sur les barrières horaires, plutôt calés sur les 42h. La descente vers St Gervais est glissante à souhait, j’adore, Koko moins et tétanise un peu après une première chute, puis reprend confiance. A l’approche de St Gervais, je vois un coureur remonter. Bizarre, peut être a-t-il oublié quelque chose. Puis un deuxième. Etrange. Ensuite c’est la voix du speaker que je commence à entendre. Je crois comprendre que la course est neutralisée. Bon pourquoi pas, il suffira d’attendre des conditions meilleures. Et puis en arrivant à St Gervais, non seulement nous voyons 2000 coureurs en vadrouilles, mais également comprenons que la course est définitivement arrêtée. Stupeur et abattement. Difficile à croire, surtout que nous étions préparés à une nuit sous la pluie et le froid. Les infos qui circulent sur Facebook annoncent un éboulement de terrain sur La Seigne. Michel Poletti nous apprendra le lendemain en salle de presse qu’il y avait 80l d’eau au m² en moins d’une heure (une alerte inondation c’est 50l/m²/12h !!!). Donc juste impensable de faire passer 2500 coureurs dont un certain nombre d’inexpérimentés en montagne et non préparés à ce genre de conditions. J’approuve.
Je trouve les conditions de retour sur Chamonix incroyablement facile par rapport à la complexité d’organiser au pied levé des A/R par bus, de remettre en marche le train, le tout à minuit passé ! Et puis l’église comme la salle de sport sont ouverts, on peut boire et manger à volonté. Les bénévoles sont zen, les coureurs le sont tout autant. Je mets mon change de micropolaire sous ma veste GoreTex. On est bien. Et on imagine déjà les ballades que l’on va se faire autour de Cham samedi et dimanche.
A 2h du matin à Chamonix, avec Yoyo on va regarder les premières arrivées de la CCC, et manger au repas coureur. Là on rejoint Basile (qui me refilera probablement sa gastro … mais c’est une autre histoire !) et sa bande. On apprend que la CCC est également arrêtée puis anulée (pour les non arrivés), et la TDS ne prendra pas le départ. Un SMS annonce une CCCbis le samedi matin pour 1500 coureurs. RunStephane (Stéphane Marchand) qui passe ses jours et nuits pour suivre la course m’informe en temps réel depuis la salle de presse. Ce qui me permet d’en savoir souvent plus que les bénévoles. Confirmation à 6h30.
Retour à la casa, Yoyo a moyennement envie de reprendre le lendemain. Je n’hésite pas une seconde, trop envie de bruler des calories, de me frotter à la compétition. Je met le réveil sur 5h30 et prépare mes affaires pour la suite de l’UTMB à partir de Courmayeur. Koko m‘apprend par SMS qu’elle aussi repart, et son mari Luc nous amènera à Courmayeur pour nous éviter la cohue des bus. Adorable. Françoise et Antranik (inconsolable) ne veulent pas repartir non plus.
La course est finalement confirmée à 7h10, pour un départ à 10h. Ce qui nous laissera le temps de prendre café espresso et petit dej à Courmayeur.
La course est un régal. Déjà au départ tout le monde a la banane, heureux de pour voir continuer la fête. Il fait super beau, même si l’organisation annonce gris en Suisse. Tout au long du parcours les bénévoles seront tout aussi heureux de voir leurs efforts servir et auront une bonne humeur communicative.
Je décide de faire une première moitié de course rapide pour me casser les fibres musculaires, surtout en descente. La seconde partie, probablement à partir de Champex sera en mode « TDG 3° jour », un bon moyen d’évaluer ma vitresse randonneur.
Bien sur rapide est très relatif. N’ayant presque pas fait de VMA ni de Seuil (sauf avec Kilian pendant 42 bornes …) de l’année, même rapide je me retrouve tout de même à la 60° place à Arnuva. De Bertone à Arnuva je cours avec un groupe de quatre dont la deuxième féminine (l’Espagnole Néré Martinez Urruzola). Ca déménage bien, et Néré montre une détermination et une agressivité incroyable. Elle attaque chaque bosse comme si c’était la dernière, les descentes sont engagées. La montée au Col Ferret est moyenne pour moi, mais bon après nos 450km à rythme de sénateur et avec peu de dénivelé en Islande la semaine d’avant je ne m’attendais pas à des miracles. Il fait très frais, il pleut et pas mal de vent en haut, mais je garde une veste légère depuis le début les conditions n'étant ni dures ni durables, la GoretEx restera dans le sac. La descente est un régal de glissade avec de la boue partout ! En revanche le parcours a du être modifié à cause des risques d’éboulement , et c’est un très long parcours sur route qui nous conduit jusqu’au pied de la montée vers Champex. Très ennuyeux et cassant, les routiers me doublent en masse, mais je joue le jeux, et me remet une deuxième couche de cassage de fibre.
A Champex, l’accueil par RunStephane et son équipe est magistrale. Comme pour les coureurs team j’ai droit à remplissage express de mes gourdes. Un beau sourir et quelques photos, sans oublier la merveilleuse et célèbre tarte myrtille de Léon. Sur chacun des ravitaillements je n’aurais pas passé plus de 2 à 3 minutes en faisant pourtant un plein complet, et sur Champex 6 minutes en prenant bien le tant de manger.
A partir de là commence le mode spécifique TDG et rando. En fait je m’ennuie vite à me faire doubler en permanence, d’autant plus que quelques coureurs me demandent si tout va bien ! La montée de Bovine est laborieuse. Mais surtout en haut je ne relance pas. Dur dur d’avancer en sous régime. Et puis la lumière vint dans la descente. Un coureuse très girly en rose des pieds à la tête me passe. Je me dit qu’elle ne va pas beaucoup plus vite. Suffisamment pour me faire avancer, pas assez pour me décrocher. Allez hop je fais l’effort pour la rejoindre et je m’annonce et lui explique ma condition de randonneur, en demandant si ça ne la dérange pas que je l’accompagne une heure ou deux. C’est Sylvie Boissy Du team New Balance.
« - ah, tu es donc dans le team de Jack Peyrard ? (que je connais pour les fameux enchainements de Crest)
– c’est mon coach et aussi mon chéri !
– ah ben ouais tu le connais alors …
Et au bout de 10 minutes on déboule sur le Col de la Forclaz avec Jack qui se demande bien ce que je peux foutre avec sa gonzesse, rires ! Je lui explique mon mode rando, et me propose d’accompagner Sylvie jusqu’à l’arrivée. Banco, une mission pour Ultra qui va briser la monotonie de la rando !
Je vais connaitre du coup l’ambiance « team » des ravitaillements. Un véritable stand de Formula One. Changement de chaussures express, remplissage des gourdes automatisé, pitch sur la stratégie de course, temps intermédiaires des autres concurrents. Impressionnant, mais stressant aussi. Une autre façon de courir finalement.
Entre deux ravitaillements, je m’occupe de maintenir un rythme très régulier à la montée d’environ 800m/h, de faire la trace à la descente (toujours boueuses), et nous conversons sur les zones plates ce qui permet de ne pas subir le temps qui passe. Je suis impressionné par la régularité et l’envie de Sylvie, qui en plus subit une mini entorse à la cheville dans la descente vers Vallorcine qui s’avèrera très handicapante pour le retour Flégère vers Chamonix.Le tout sans bâtons, ni chouinement !
Nous terminons néanmoins en moins de 16h vers 1h50 du matin, heureux de ce que nous nous sommes mutuellement apporté. Une belle expérience.
Surprise à l’arrivée : François, Antranik et Yoyo ont fait le pied de gru pour m’attendre, Chantal les a rejoint inextremis. Ca me fait super plaisir !
Koko arrivera vers midi, Finisheuse !!! Bravo !
Concernant le retour d’expérience pour le TDG, j’ai parcouru en vitesse spécifique les 44 derniers kilomètres en 9h30, ce qui correspond bien à mes 80km/jour pour 20h effectifs hors repos.
Six jours après mon périple Islandais (un compte rendu suivra bientôt) et quinze jours avant e TDG (Tor des Geants), je participe cet année à nouveau à l'UTMB. Mais cette année il y a une originalité : c'est en équipe avec l'U²FC, ou presque.
L'U²FC c'est l'Ultimate UTMB Finisher Club. Il est composé de Françoise et Antranik (déjà parti prenante dans la Transpy2009) et de Koko (Corinne Peirano, diététicienne et coureuse, standing ovation lors de sa conférence à l'UTMB ce matin !). Tous les trois comptent entre trois et quatre participations, mais aucun n'a la fameuse polaire de Finisher. Avec Yoyo (Lionel Planes), mon compagnon de route de la Transpy2009 et multi-finisher de l'UTMB avec un record à moins de 28h, nous avons décidé au début de l'année de nous y préparer collectivement, et de nous inscrire en groupe (si l'un est tiré au sort, les autres le sont aussi). On a regardé les plus et les moins de chacun, disséqué les zones de risque, et établi une stratégie pour chacun.
Yoyo accompagnera Antranik avec un objectif de 42h, j'accompagne Françoise et Koko avec l'objectif de ne pas être ras-le-poil avec les barrières horaires, avec une finish dimanche après-midi avant 16h30, soit entre 42 et 46h. Nous serons en liaison radio pour nous rejoindre si possible et nous tenir informé de l'avancé. Pour ma part je ferais la liaison entre Françoise et Antranik, profitant de ma vitesse de descente pour rejoindre l'une et attendre l'autre ensuite.
Bien entendu, hors de question de les aider matériellement ou physiquement. Notre apport est juste moral. Un renfort pour la nuit notamment. Et pour accompagner les baisses de moral et assurer un rythme, faire le chien de berger aux ravitaillement et base vie.
Bref un chouette projet qui me permet en plus de faire une dernière grosse sortie à allure type TDG (je prévois 100h pour 2,5x l'UTMB). Des crevasses sous le pied droit m'inquiétaient un peu, mais hier soir une sortie de 2h sur le Plan de l'Aiguille m'a permis de me rassurer : ca fait un peu mal, mais très gérable. Reste l'inconnu de mon excroissance osseuse sur le latéral droit du même pied que je vais faire opérer après le TDG. Des chaussures larges en pointure 48 au lieu du 46/47 habituel devraient faire l'affaire. En tout les cas c'est un bon test.
Suivi Live de l'UTMB ici
Dossards:
Françoise 3697
Antranik 3800
Koko 3834
Yoyo 4138
UltraSteph 2233
Départ pour l'Islande le 7 août prochain, rêve lointain mais aussi ultime étape de ma préparation pour le Tor des Geants.
Nous partons pour une traversée de l'Islande du Nord au Sud, du 8 au 17 août approximativement, en autonomie totale (couchage et nourriture) sur au moins 8 jours. Le rythme sera d'environ 40 à 50 km de marche par jour.
Un suivi sera possible grâce à la balise SPOT d'Etienne. Ce ne sera pas un suivi très régulier, mais avec au moins un à deux points par jour, plus éventuellement un message.
Nous serons quatre embarqués dans cette aventure initiée et organisée par Etienne :
-Etienne, compagnon de route entre autre de la PTL2008 et de nombreux autre traversées, -Aurélie, nous avons fait quelques raids ensemble, dont le très beau souvenir du Raid EDHEC 2009,
-Mathieu, VTTiste et Orienteur confirmé qui ne dédaigne pas se faire une petit GRR de temps en temps !
Nous arriverons à Reykyavik samedi matin. Nous prenons ensuite un bus pour Akureyri, où nous allons compléter le ravitaillement (3kg par personne autorisés à l'entrée du territoire, et évidamment impossible de transporter les cartouches de gaz en avion). Le dimanche nous prenons un bus vers Husavik qui est le point de départ du raid.
Le finish s'adjugera à proximité des chuttes de Skogafoss à Skogar.
Un petit point sur l'état des volcans fait par Etienne qui rassurera (ou pas) tout le monde :
"Avant la récente éruption en islande, un autre volcan s'était réveillé au mois de Mars. En gros, il est situé juste entre les glaciers Myrdalsjokull et Eyjafjallajokull (glacier c'est redondant parce que c'est ce que veux dire jokull). Et justement, lors du dernier jour de raid, on doit passer à un col pile poil entre ces deux glaciers pour descendre directement sur la mer. Donc, en gros, si il s'était réveillé au moment de notre passage, on aurait eu droit soit à un spectacle sublime, soit à une desintégration instantannée sous des tonnes de lave ... Marrant non :-). Apparemment, celui là s'est calmé mais, comme vous le savez, un de ses frêres s'est réveillé, sous le glacier Eyjafjalla. En dehors des desagréments causés à l'espace aérien européen, la situation a maintenant l'air de se calmer en Islande si ce n'est que l'aéroport est fermé mais ca devrait se calmer d'ici là. En fait, le plus grave localement serait que le volcan Katla se réveille. Il est aussi dans le coin mais sous le glacier Myrdals qui est bien plus grand que l'Eyjafjalla et donc avec des conséquences qui pourraient être problématiques si la callotte devait brusquement fondre. je vous rassure, on ne passe pas par la zone qui pourrait être inondée en cas d'éruption. Pour revenir au col qu'on doit passer, difficile de savoir aujourd'hui le passage sera sans danger au mois d'Aout. Au pire, on devra passer plus à l'ouest par un chemin moins sympa et probablement sur une piste 4X4 mais qui nous mènera à la route côtière. Sinon, sur toute la traversée, on passe près voire sur des volcans, donc on a juste à espérer qu'un de ces volcans ne décidera pas de se réveiller pour fêter notre visite"
En terme de logistique, les duvets sont prévus pour des températures inférieures à 0°C la nuit, pantalon et polaires de rigueur, et un maximum de calories pour avancer. Au total cela nous fait de jolis sacs de 50l avec environ 12kg au départ. La bonne nouvelle c'est qu'ils n'auront de cesse de s'alléger !
J'espère avoir de jolies photos pour le compte-rendu au retour.
La semaine d'après ce sera l'UTMB pour finir en collectif avec le U²FC (Ultimate UTMB Finisher Club) composé de Françoise, Koko, Antranik, et Yoyo. Ensuite 15 jours de repos avant l'objectif de l'année : le TDG !
Les 4 et 5 juillet 2010 près de 300 coureurs se sont donnés rendez vous sur les différents formats de la Montagn’Hard de 120, 56, et 37 km, dont près de 180 sur l’Ultra de 120 km et 10.000D+. Une édition qui respecte la tradition fort dénivelé, chaleur et orages : au final, 35 finishers pour 134 partants !
Prologue
La première édition de la Montagn’Hard m’avait déjà fortement marqué bien évidemment par son incroyable enchainement de dénivelé, mais jusque là rien de plus normal, on vient pour ça. En revanche le triple déluge accompagné d’une descente dantesque du Mont Joly sous les éclairs, la grêle, et 20cm de boue sous les semelles n’étaient que moyennement au programme. Je me souviens aussi d’une 15° place au mental où j’avais été à la ramasse dés la montée au Tricot, et seul pendant toute la deuxième moitié de course du couché du soleil jusqu’à 6h du mat. Mes pieds en avaient gardé des séquelles jusqu’à la Transpyrénéenne occasionnant des crevasses.
Autant dire que j’ai bien attendu jusqu’à mai pour confirmer ma présence à cette deuxième édition. Je n’avais pas encore oublié, et pourtant … je me souviens aussi des paysages magnifiques, de ces enchainements de cols étourdissants, et de mon bonheur d’avoir surmonté les douleurs et la lassitude, ce qui en durcissant le cuir de mon – état – d’âme a surement assuré le succès de la Transpyr.
En revenant sur ce début de saison, disons que je suis également assez dilettante, surtout en comparaison de 2009 qui avait été très structuré. Une pause course à pied qui aura duré d’octobre à février, peu de VMA/seuil en début de saison, inexistant après, une seule course avec les 100km de Crest les 20 derniers kilomètres à la ramasse. Si j’ajoute les nombreuses fiestas et nuits blanches à la bière à Dublin avec le rugby ou à Marrakech à la Vodka Pomme, disons – doux euphémisme - que la préparation n’a pas été optimisée. Mais cela ne m’affole pas. Cette année pas trop d’envie, et après tout ce n’est pas mon métier rien ne m’oblige. L’objectif reste le TDG en septembre, alors rien ne presse.
Egalement cette course est aussi un test. Un test pour mes toutes nouvelles Salomon XT Wings 2 offerte lors du Killian’s Day. Je veux savoir si elles sot aptes au service pour la TDG. Une paire de Mizuno Wave Ascend 4 fera d’ors et déjà partie du voyage.
Un démarrage idéal : check !
Du coup j’arrive paradoxalement très serein au départ vers 2h du matin à St Nicolas. Je veux partir à mon allure, marcher dés la première montée, ne pas subir le groupe. Je veux juste faire le grand tour, et si possible en pas trop mauvais état sur le finish. Comme prévu, à 3h05, ça part à toute allure, faut dire que le 56km est dans le même groupe et complète d’environ une cinquantaine de coureurs les 90 du 120 km. Et comme convenu, première montée (400D+) je marche. Mais en fait ceux qui courent ne me décrochent pas ! Rapidement le peloton s’étiole. L’an dernier nous étions une grosse dizaine de coureur derrière Antoine Guillon. Là ça a explosé tout de suite. Seul dans la montée de Bionnay (830D+), la descente est tranquille et régulière jusqu’au premier ravitaillement des Toiles. Vu que je n’ai que mes gourdes que je ravitaille régulièrement sur les très nombreuses rivières traversées, et une pochette ventrale que je rempli de victuailles salées, le ravito ne dure jamais plus de 1 à 2 minutes. Dans la montée au Prarion (880D+)je rejoins Wouter, qui n’a pas l’air à son aise sur ces grosses montées. Le temps d’échanger quelques mots, Samuel Verges revient sur nous, nous faisons connaissance quelques amis en commun autour du ski Nordique. Il va nettement plus vite en montée, je reste dans son sillage … et puis je saute. Je le rejoins au bénéfice de la descente vers Bionnassay où Yannick74 m’annonce 5ème !!! D’habitude cette nouvelle m’aurait mis en transe. Et bien non, par expérience cette course est très usante, on annonce chaleur et orage, et je ne suis pas sur d’être en état de forme de finir. Alors peu importe le score intermédiaire, seul importe de terminer, et cela ne fait que 3h50 de course. Samuel repart juste derrière, me passe rapidement, je ne peux pas suivre. Ce que je perds en agréable conversation je le gagne en durabilité. Sur le final du Col du Tricot(920D+) je repère un point fixe et j’évalue à 5 mn mon retard sur Samuel, derrière François Lachaux remonte en courant ( !), mai la descente vers Miage me permet à nouveau de prendre de la distance et de rejoindre Samuel au ravitaillement (5° en 5h20). Je suis content contrairement à l’an dernier je suis bien, je relance sur tout les plats montants, environ 1000D+/h en montée, et une descente efficace mais moyennement engagée. Le Truc est une formalité, dans la descente je rejoins Samuel qui remonte ! Il s’est engagé sur une mauvaise sente … et moi aussi !!! Mais sur pas plus de 20 mètres, grâce à lui ! Ouf ! Avant de nous engager sur la Combe d’Armancette, nous nous aspergeons d’eau froide à la fontaine, pour le plus grand bonheur des randonneurs présents. C’est que la canicule annoncée pointe le bout de son nez ! Sans surprise Sam s’échappe rapidement, François revient sur moi, s’enquiert de ma santé – mais tout va bien mon cher, juste plus lent que toi ! – en effet je conserve mes 1000D+/h. J’aime vraiment cette descente sur les Contamines, technique et souple, suffisamment de pourcentage pour se faire plaisir sans être cassante. Et le tout à couvert.
Première épreuve annoncée : la chaleur.
Aux Contamines la relance est vraiment aisée signe de bonne santé. La bière du bagnard me requinque un léger mal au ventre. Mais c’est surtout la soupe salée du magicien de la nutrition Anthony Berthou qui va faire des merveilles (Effinov Nutrition - Hydrominov). Il m’en rempli une pleine gourde. La relance est facile en courant le long du Bonnant, une rivière bien rafraichissante. Un journaliste - François Vanlaton - me pose quelques questions et me photographie, étant annoncé 4ème à ce stade (en fait 6° en 7h39). Il prépare son podium.
Mais la course ne fait que commencer. A 11h, j’attaque le monstre Mont Joly avec ses 1460D+de montée, et son grand toboggan de 1.00D-, les deux étant chronométrés avec classement (2h10 pour la grimpette et 39’ pour dévaler). Mais dès le début de l’ascension la chaleur est étouffante. 35°C sec et brulant. Même en sous-bois c’est compliqué. Alors au métier, je ralentis l’allure, je gère mon eau (il y en a aux chalets vers alt 1.800) et surtout je prends régulièrement une lampée de l’excellente soupe salée. Elle est juste parfaite, car sous ce type de chaleur il est difficile de déglutir et donc d’assimiler du salé solide, et boire sans sel revient à aller dans le mur autant que de ne pas boire assez. François et Vincent Berthou me dépassent à nouveau. Ils ont l’air de ne pas sentir la chaleur. Tant mieux pour eux. Nous ne sommes parti que depuis 8h, et selon mes prévisions (environ 26h de course), il reste encore plus de 18h à gérer. Alors zen. Sur la dernière rampe je croise Yannick qui semble remonter quelques affaires pour les bénévoles. Je me retourne et je vois Eric Bonotte (Coureur Solitaire) qui semble faire une pause, accompagné (hors course) de Jérôme Debize dont les 2h37 au Marathon semble efficaces aussi en montagne ! Il a 150m de dénivelé en retard, autant dire que je suis certain de voir ce TGV en descente me passer avant le chrono du toboggan. Et effectivement il va taper dans son record de l’an dernier en 27’ ! Pas grave cette descente me permet de récupérer de la longue et chaude montée. Eric semble aussi en avoir souffert, son visage en porte les stigmates lorsque nous échangeons quelques mots (pas trop, y’a un record tout de même !). En bas je m’asperge à nouveau d’eau froide, j’ai un peu de mal à relancer, mais oh bonheur quelques autochtones ont improvisé un ravito surprise avec du coca. Vraiment sympa !
Je rejoins Eric à L’Etape (7° en 11h06). C’est une sorte de base vie avec sac de change possible. Je n’ai rien laissé, ça m’emmerde de devoir réfléchir au contenu de ce sac et de devoir compter dessus. Dans mon sac j’ai une paire de chaussette de rechange pour l’après orage (‘cause sooner or later it’s gonna have to happen !), une micro polaire, un k-way, et une paire de gant. Basta, pas besoin de plus. Ce n’est pas très lourd et peut avoir à servir à n’importe quel point de la course. Nous repartons ensemble un peu après 14h, bien sur dans la descente vers Notre Dame de la Gorge il reprend un peu de terrain, je le rattrape dans la remontée bien sèche. Quelques gouttes tombent, l’orage s’annonce, Eric met un K-way. Je ne crois pas à quelque chose de durable pour l’instant, et j’ai toujours très chaud, j’en profite pour me laisser mouiller et rafraichir. Nous ressentons tous les deux assez durement les conséquences du coup de chaud du Mont Joly quelques heures auparavant. L’allure de montée n’est plus que de 600/800D+/h. Et ce qui devait arriver arriva. Au démarrage de la montée vers le Col de la Fenêtre (1.100D+), seul car Eric a pris un peu de champs, je n’y arrive plus. Les forces me lâchent, vidé, plus envie de manger ni de boire, je fonce droit vers un coup de chaleur, conséquence de la déshydratation de 11h. Seule solution que je connaisse : le repos. Je me pose sur le bord du chemin, et je dors. Le temps qu’il faudra. En fait 15 minutes. Je sens des randonneurs passer. Aucun ne viendra trouble mon repos. Je repars doucement, mais déjà plus efficace. Mais voilà que l’autre défi annoncé se fait entendre …
Deuxième épreuve annoncée : l’orage.
Arrivé aux chalets le tonnerre se fait plus présent. Il semble être sur le Mont Joly, mais il se rapproche. J’hésite à m’arrêter dans un des chalets visiblement occupé. Je me souviens que trop des éclairs vu en même temps qu’entendu (exactement dessous !) et la furieuse grêle de l’an dernier dans la descente du Mont Joly ! Quelle peur ! J’en pleurais. Tans pis, je fais le pari (fou ?) que l’orage me contournera et restera côté Joly. Je monte à nouveau à environ 1000D+/h signe que le repos fut efficace. J’avais mis coupe-vent et k-way lors de ma sieste, et je les ai gardé pour la relance. Du coup quand le déluge de pluie s’abat sous les grondements sourd, je suis fin prêt ! Cela va durer un gros quart d’heure. Mais comme je le prévoyais, un décalage important entre les éclairs et le bruit du tonnerre indique clairement que je ne suis qu’à la périphérie de l’orage donc hors de danger. Et puis il s’arrête. S’éloigne. Pari gagné ! Au Col je retrouve François, le journaliste des Contamines, qui prend encore quelques clichés. En t-shirt ! C’est qu’il fait beau au sommet et de l’autre côté ! Tant mieux. La descente vers le Signal est un délice. Je reprend de la forme, relance bien en courant sur les plats. Et puis par rapport à l’an dernier (depuis le Col de la Sicle) c’est super court ! Au ravitaillement je croise Eric qui en sort. Il se sent fatigué, moi pas trop. Et pourtant j’y reste 20 bonnes minutes …
Dernière épreuve annoncée : en finir !
Mon classement semble comme figé à la 7ème place. Personne derrière. Dans toute la montée vers l’arrête du l’Aiguille Croche j’ai pourtant une vue panoramique sur au moins 1h de course. Rien, nada ! Je pense un moment que la course a été – définitivement ? - arrêtée derrière. Mais peut importe, il faut désormais en finir. Et gérer au mieux ce coup de chaud qui me pend au nez à tout moment. Car après une déshydratation, et j’en ai subit au vu de l’avertissement de tout à l’heure, il faut 15 jours pour récupérer ! Et là il est 18h et j’en ai pour encore plus de 10h à tenir … L’estomac commence à ne plus trop vouloir que je l’alimente ou l’hydrate. Il va falloir la jouer fine. Tenir. Boire et manger mais pas trop. Jouer avec la tolérance de ce corps. Le tromper mais aussi l’écouter. Alors l’Aiguille Croche se fera à petit rythme, environ 400D+/h, en mode randonneur. Sur l’arrête à 20h15 je suis surpris qu’aucun bénévole ne constate l’engagement des coureurs dessus. D’autant que j’ai quelques vertiges, non pas du au gaz qui nous entoure, magnifique dans cette fin de journée ensoleillée, mais vraiment à ce coup de chaud qui me nargue. Je me dis alors qu’il doit y avoir des bénévoles à l’Aiguille Croche avec des jumelles qui surveille l’arrivée des coureur. Mais non, rien, personne ! J’enrage de m’être vu en danger sur ce passage. En off je ne m’y serais pas engagé, trop faible. 20h40, je redescends sur le Monument. L’équipe de petit jeune ne semble pas comprendre mon désarrois concernant le manque de personnes de l’organisation sur l’arrête. Je leur demande d’avertir le PC course. Ils sont jeunes, gentils, mais leur manque d’empathie … je crois que je m’en suis un peu agacé et énervé. J’en suis profondément désolé.
J’ai vu Sam et Eric sur l’arrête quand j’étais sur le chemin dessous. J’évalue mon retard sur eux à 1h30/2h. Je suis persuadé d’être le dernier avec personne derrière. Je me prépare à une longue nuit en solitaire. Ca ne me déplait pas. Juste que j’espère ne pas voir mon état brusquement se dégrader au milieu de nulle part. Alors au métier, allure mesurée, peu d’eau et de nourriture mais régulièrement. Un pas après l’autre.
En fait sur les plats et descente tout va plutôt pas mal en relance. Ce sont les côtes sur lesquels je me sens faible. Pas trop de jus, avec un constant 400D+/h. A l’arrivée au Col de Very la nuit est tombée depuis un bon quart d’heure. Les deux petits jeunes adorables m’annoncent une boucle de 8km et un aller-retour. Bouuuuh que c’est dur moralement alors qu’on a qu’une envie : se laisser glisser dans la descente vers Megève ! Et puis ils m’annoncent à 3h d’Eric. Là c’est sur : il va falloir finir seul ! Avant d’arriver au ravito de Basse Combe, une énorme descente en single track dans la boue … je ne me vois vraiment pas repasser par là !!! Mais en fait non, les bénévoles me rassurent, il s’agit d’une boucle avec peu de dénivelé pour le rejoindre le Col de Very. Ouf ! D’après les news François Lachaux a abandonné là, victime d’un gros coup de chaud. Finalement il n’aura pas si bien vécu son ascension au Mont Joly …
Au Col de Very, je reste persuadé que ma 6ème place est désormais acquise. Hors les jeunes me montre une frontale qui part sur la boucle. J’ai un poursuivant à environ 1h. Caramba ! L’an dernier un coureur m’avait rattrapé et dépassé dans le Mont Joux après une nuit entière en solo, et je n’avais du de sauver ma 15ème place qu’au titre d’une énorme descente vers l’arrivée. Cette fois ci hors de question d’être sous pression. Cela renforce ma motivation. Je dois conserver une bonne allure coute que coute. 23h30, encore plus de 5h de course. Bonne descente même si je jardine bien 10 minutes au niveau d’une ferme, et patauge dans la boue et les bouses des vaches dont je ne vois que les yeux qui brillent à ma frontale. Dé balisage ? Du coup les pieds trempés, et une descente au bon pourcentage finissent d’user mes pieds et de former de belles ampoules. Il n’empêche que mes chaussure sont toujours aussi confortables, et qu’elles seront qualifiées haut la main pour la TDG.
Arrivée sur la route vers Megève … plus de balisage à nouveau. Pourtant je sais qu’il faut remonter à Rochebrune. Je remonte cherche et ne vois qu’une seule possibilité par un chemin qui part sur la droite. Il faudra bien 10 minutes avant de retrouver une rubalise. Olivier (le boss !) m’expliquera qu’il y a bien eu dé balisage, avec même des pierres retournées pour masquer les marquages au sol à la peinture ! Dingue ! De même que je n’ai jamais vraiment trouvé le sommet et la télécabine (et le Bagnard !). En revanche en redescendant je retrouve le sentier et le balisage.
A Megève il est presque 2h du matin, quelques fêtards dans les rues, et un ravito en hauteur au milieu des lumières, tel un monument ! J’informe que j’ai un peu paumé le chemin en route et que je ne suis pas sur d’avoir pris le chemin le plus académique. « Pas grave, l’important c’est que vous soyez là ! Plus que 3h et 600D+ » me sont annoncés. Sgroumf, surement plus que je dois grommeler dans ma barbe … peu importe, finir et ne pas voir de frontale derrière moi ! Tout au long de la montée au Mont Joux cette vision de la frontale qui va apparaitre derrière moi m’obsède. Je monte un bon 600D+/h, et suis motivé comme jamais. Au Mont Joux, une voiture s’allume, s’anime, en sortent deux bénévoles un peu frigorifiés. Je suis presque étonné néanmoins de leur vigueur ! Ils me rassurent en me disant que personne n’est derrière et que cela ne fait que descendre. Mwouais, on verra ! Je deviens parano … mais comme ma voute plantaire chauffe pas mal, je décide de descendre mollo. Quand j’attaque le dré dans le pentu de la piste de ski je me retourne pour le check d’usage depuis environ 3h et … caramba de chez caramba mille sabords !!! UNE FRONTALE !!! Et qui court !!! Arghhhh, mon sang ne fait qu’un tour, le cerveau est prié de ne faire aucun commentaire sur les douleurs et autre désagréments. Je serre les lacets à fond et je fonce ! Et comme l’an dernier je suis reparti pour 800D- à fond les ballons. Les releveurs n’en peuvent plus et le font savoir, mais les quadri imposent leur rythme. A mi-chemin je me retourne la frontale est là mais ne semble pas suivre le rythme. Hé, hé, ma stratégie « en mettre plein la vue dès le départ pour décourager les initiatives » semble encore une fois fonctionner ! Je ne relâche que très légèrement l’effort qu’une fois à couvert des bois, sans visibilité directe de mon poursuivant. J’apprendrais plus tard que mon poursuivant direct est toujours à plus d’une heure … Alors quoi, un délire ? Un bénévole qui redescend ?
A l’arrivée Oliv est toujours là pour accueillir les finishers qui arrivent au compte goutte. Accompagné d’Annaëlle (la Girafonne) ils m’assistent jusqu’à un lit de camp bienvenu, car je fais un petit malaise. Il était vraiment temps de finir !
26h12 et 6°, 20 minutes de moins que l’an dernier, finalement intégrer la Vodka Pomme à l’entrainement ce n’est finalement pas si mal !
Bilan
Cette course me donne une confiance inouïe. Un départ calme peut être synonyme d’un départ performant. Au métier et au mental je sais me préparer, endurer, et survivre aux coups de chaud et aux orages. Les XT Wings sont au top. Cette étape est importante en vue du Tor des Geants dans deux mois.
Un bémol : une excroissance sur le côté du pied droit (osseux ?) est apparue depuis un peu moins d’un an et grossi. Elle commence à me faire très mal systématiquement, même à l’entrainement. Il va falloir consulter le podo …
La Montagn’Hard est toujours aussi superbe. Difficile et usante avec ces enchainement continus de dénivelés, elle s’apprivoise. Il faut être patient et doux. Il faut l’aimer. Elle le rend si bien ! L’organisation est au top niveau, les bénévoles aux petits soins en dépit des grands moments d’attentes, les coureurs visiblement expérimentés et responsables. En effet en dépit d’arrêts de course sur l’arrière pour cause d’orages violents et dangereux, personne n’a protesté, et paraitrait même qu’il y aurait eu une fromage party sur le Joly !
A l’an prochain … avec le retour du bellisimo Lac Jovet ?