lundi, septembre 15, 2008

La Petite Trotte à Léon de Riri, Fifi, Loulou

27 au au août 2008

220km, 17.000D+

2° en 69h39 dont 2h de repos


Photos de l'équipe en course

Photos de Georges Couleaud


Récit de la Will-Team

Récit des Fées Célestes


Riri alias Arnaud Coudray – l’homme aux phrases utiles et chocs, presque des slogans publicitaires - 32h UTMB2006

Fifi alias Stéphane Couleaud – Ultra-Steph dans le microcosme, connu pour ses successions de mou et de mieux – 34h UTMB2007


Loulou alias Etienne Fert - fils spiritual de Jean-Louis Etienne, ne se perd que lorsqu’il l’a décidé – 30h UTMB2006

La PTL 2008, première édition, nous a tout de suite enthousiasmés par l’ampleur de la tache à accomplir. Les distances certes monstrueuses, le parcours très alpin, mais aussi et surtout la gestion de l’équipe, ses allures, ses temps de repos et de pauses, les qualités d’écoutes et de prises de décision de chacun de ses membres. Cela ne se décrète pas, comme tout dans le sport ou la vie, ca se travaille et s’expérimente. Le GR20 en juin avait été l’occasion de valider en grandeur nature la cohésion de cette équipe nouvelle. Irina a en effet laissé la place à Arnaud en début d’année pour vivre tranquillement sa maternité, et si chacun connaissait les valeurs des autres en course comme en off, chacun devait trouver ses marques dans le groupe en tant que tel. Personnellement la Transpy2008 était une nouvelle occasion de vivre cet esprit collectif en trail, pendant qu’Etienne et Arnaud finissait la HRP tant bien que mal. C’est dans ce genre de galère que la rusticité s’exprime le mieux et que l’on consolide le mental des individus et du collectif.


Au matin du mercredi 24 août, tout n’est pas rose pour autant. Arnaud est fatigué des ses semaines de boulot, et personnellement je récupère à peine de mon escapade Pyrénéenne. Un mois c’est trop court. De plus, n’ayant pas fait de montagne depuis, l’avant-veille je suis allé faire un tour sur le Plan de l’Aiguille. La descente de 1000D- m’a complètement endommagé les fibres musculaires. J’ai encore la douleur. Mais engagé auprès de l’équipe, il faut faire face. Etienne en excellent leader a consolidé les infos sur ses propres cartes, avec le chemin surligné, GPS au poignet, il assurera la quasi majorité de l’orientation tout en courant ou marchant, ainsi qu’il gèrera le rythme du groupe.


Les objectifs de l’équipe sont de plusieurs ordres :

Objectif réaliste et ambitieux (le principal) : 70h

Objectif complètement dingue : arriver avant le départ de l’UTMB en 58h30

Arriver avec le premier de la CCC : environ 63h

Arriver avec le premier de l’UTMB : environ 80h

Advienne que pourra : barrière horaire de 106h



Chamonix (8h) – Bel Achat – Servoz (12h)

17km – 1.300D+


Départ 8h bon enfant avec les 160 coureurs et 61 équipes présentes. Ca nous change du barnum UTMB avec plaisir. Nous nous attendions à un départ rapide de quelques équipes, et en fait nous nous retrouvons rapidement au milieu d’une dizaine de team avec une allure fort raisonnable de 7/800D+/h. Certes déjà une ou deux équipes semblent avoir du mal à gérer le groupe en lâchant un de leur membre, ou en lui faisant subir un tempo non conforme à son état de forme. Une équipe de bodybuilders nous impressionnent tant ce format est inhabituel sur les trails, nous les appellerons spontanément « les Biscottos ». Mais c’est au milieu de 4 ou 5 équipes homogènes que nous atteignons les Aiguillettes des Houches. Et surprise à nouveau avec une descente gérée avec sagesse par la les équipes de tête. Pourtant Arnaud va tout de même se payer une belle gamelle avec un poignet qui va enfler et nous inquiéter. Une ou deux bonnes initiatives d’Etienne en topo dans la descente, et nous voilà « naturellement » en tête à Servoz sans forcer, prêt à répondre aux questions de France3, où on nous annonce 30’ d’avance sur le temps prévu, qui n’ont finalement guère de pertinence sur un tel parcours. Un ou deux échanges corsés entre Etienne et une équipe Espagnol sur une question de priorité à la Fontaine que n’a pas encore tranché le règlement de la PTL, et nous voici reparti vers le Col de Voza en compagnie des Mousquetaires Célestes qui ne nous lâcheront plus d’un pouce, et d’un passager clandestin – Serge – qui a décidé de nous accompagner de Servoz jusqu’au refuge du Truc.



Servoz (12h) – Col de la Forclaz – Voza – Col de Tricot - Col de la Croix du Bonhomme (20h)

55km – 5.150D+


En sortant de Servoz, et avant d’attaquer la montée au Prarion, nous rejoignons l’équipe des Mousquetaires Célestes (Thierry Michel, Alain Steeman, et Bernard Godon) reparties juste devant, une des six équipes qu’on engagé la sympathique « écurie » Belge des Célestes venus en force sur cette PTL. C’est marrant car c’est la seule équipe avec qui nous auront fait les présentations mutuelles en course. Comme si nous présentions que quelque chose devait nous unir sur les prochains jours … Dés le début de la montée, nous lâchons quelque peu l’équipe de Thierry (TM sur le forum UFO), et Serge nous fait la conversation. Je pense à Manu sur la Transpy qui n’aurait pas aimé ça, mais à ce stade de la course, nous ne sommes pas encore trop dans notre bulle à trois, c’est plutôt plaisant. Il me faut juste trouver un peu de souffle car nous montons de façon continue à 800D+/h, le rythme qu’imprimera tout le long Etienne, pardon Loulou. Au Col de la Forclaz nous croisons Gaël dit Bombyx qui se dort la pilule en attendant son UTMB. Il nous annonce premier, mais ça on le sait déjà, et ca ne va pas changer grand-chose à notre course, rires ! A l’hôtel du Prarion, Loulou va nous chercher de l’eau pour faire notre Tipiak du jour, et à 12h30 passé il commence à faire faim. Nous repartons, et projetons de manger peu après le Col de Voza, le temps que les Tipiak se fassent. A Voza nous croisons mon père, toujours disponible, ce qui ne pas manquer d’étonner mes compères tout au long du parcours, et générer de bonnes blagues comme « tient ça fait longtemps qu’on l’a pas vu », ou « attention il va surgir derrière le bosquet ». Si le bouiboui à sandwich près de la voie ferrée refuse catégoriquement de nous donner de l’eau pour nos gourdes, arguant que nous ne sommes pas des consommateurs, injure suprême (purée je ne suis pas près de déjeuner chez eux !), l’hôtel se montre plus compréhensif. Nous faisons quelques kilomètres de plus pour déjeuner nos superbes Tipiak à l’ombre des sapins. Le premier déjeuner de la PTL s’engouffre en 20mn, et moment de repartir, nos amis Célestes nous passent. Ca va devenir notre routine. Nous les repassons dans la montée au Tricot, où un randonneur-coureur se joint au peloton, et Serge répond à ses questions. Après Serge_Coureur, Serge_Skieur, et Serge_Informaticien, voici Serge-Attaché-de-Presse !

Descente sur le chalet de Miage où comme à chaque refuge nous rencontrerons une forte chaleur de la part des groupes de randonneurs.

Au chalet de Truc, c’est la séparation avec Serge après un ravito express de 15mn. Nous repartons vers le refuge de la Balme, mais sans passer par les Contamines, mais par un chemin juste au dessus, vraiment sympa, et via le refuge de Tré la Tête où nous mangeons notre première soupe en 20mn. Et devinez qui arrive lorsque nous repartons : « tiens salut Thierry, alors trop chaud dans la montée ?».

Quand nous rejoignons le parcours connu de l’UTMB au refuge de Nant-Borrant, surgit de nulle part tel un feu follet mon père, Géo, qui nous attendait justement par le chemin classique venant des Contamines. Il nous propose un Coca, fait demi-tour et revient aussitôt avec deux cannettes. La légende de Géo est définitivement inscrite dans la mémoire collective des RFL !

Petite soupe au refuge de la Balme très accueillant, et nous attaquons la montée au Col du Bonhomme, toujours avec rythme inébranlable de 800D+/h. Elle passe vite de jours, très vite même, et nous nous retrouvons sans vrai fatigue au refuge de la Croix du Bonhomme. L’accueil est délirant, Manu26 faisant partie des volontaires pour nous aider à ce refuge qui accueille la PTL, ainsi qu’une dizaine d’autres sur le parcours (accueil 24h sur 24, possibilité de dormir le temps que l’on veut, ravitaillement avec repas ou petit déjeuner). Nous en profitons pour prendre une douche avant de nous changer pour la nuit, et de diner. Notre stratégie depuis le départ est d’aller d’une traite jusqu’à Champex sans dormir, soit les deux premiers jours et une nuit ½ environ après le départ. L’organisation avait prévu que la plupart des équipes dorment entre les refuges de Tré-la-Tête, la Balme, et Croix du Bonhomme. Une dizaine d’équipe feront le choix de s’engager de nuit sur les cols suivants, avec pour premier refuge possible ensuite celui de Maison Vieille, estimé à 7/8h de course. Nous restons environ 45mn, ce qui laisse le temps à trois équipes de rentrer sur nous, dont les Mousquetaires Célestes pointés à 30mn de nous, et Luc et ses Drôles de Dames à 45mn environ.



Col de la Croix du Bonhomme (20h45) – Col des Fours – Col de Seigne – Col des Chavannes – Mont Fortin – Col de la Youlax – Maison Col Chécruit - Courmayeur - Bertone environ (8h 2° jour)

90km – 7.370D+


Le Col des Fours se monte rapidement (200D+) dans les dernières lueurs du jour, et nous attaquons la longue descente vers le Village des Glaciers. Je crois connaître par cœur cette descente en pierrier pour l’avoir pratiquée par tous les temps (notamment neige et brouillard) et … je perds l’équipe sur un sentier qui va vers le plan des Fours, un cul de sac. Heureusement Magic_Loulou_Etienne reprend les choses en main avec son GPS et nous ne perdons pas trop de temps en coupant dans un vallon très pentu et retrouvons la trace du sentier. Mais je crois qu’à ce moment j’ai perdu tout crédit pour le restant de la trotte, et Riri_Arnaud l’a un peu en travers de la gorge. Plein d’eau obligatoire au refuge des Mottet – environ 2 litres chacun – car par la suite nous n’aurons plus de source d’eau disponible jusqu’à Maison Vieille. Derrière nous les lampes de nos poursuivants s’étalent sur la descente des Fours aux Glaciers.

Nous repartons vers le Col de la Seigne. Comme depuis le début j’ai un pouls qui monte beaucoup trop haut, syndrome de fatigue suite à la Transpyrénéenne, et sur la fin de la montée, Etienne et Arnaud me lâchent un peu, ce qui sera la règle désormais presque jusqu’à la fin.

A partir de là nous quittons le parcours UTMB pour partir dans un long pierrier où il va nous falloir trouver le Col des Chavannes. Rapidement nous perdons la trace du sentier et jardinons au milieu des éboulis. Tout le monde y va de sa gamelle. Arnaud a toujours mal à son poignet, et je me défonce les coudes sur deux chutes de suite. Surtout rester zen. Les Célestes vont nous dire avoir subi le même jardinage. D’ailleurs nous voyons leurs lampes régulièrement derrière nous. Finalement, très peu de temps avant le col, nous retrouvons le sentier, très peu visible de nuit au milieu des pierres : il était probablement à peine 5 à 10 mètres sous nous !

Il s’en suit une succession de montée et de descente, certainement magnifiques de jour, mais nous arrivons dans les heures creuses vers 3h du matin où le corps s’effondre inexorablement. Et le mien s’effondre littéralement en arrivant sur le Col de Youlax où mon pouls s’accélère très franchement, au point d’affoler Etienne : je respire comme à l’arrivée d’un sprint ! Il décide de nous arrêter, nous sommes pourtant sur un sentier minuscule, et nous sentons le vide sous nous depuis un moment. En 5 minutes j’arrive à faire redescendre mon pouls à la normale avec des exercices de respiration par le ventre. Nous repartons avec une descente d’équilibriste. Les Célestes sont juste derrière nous à environ 10mn.

Nous récupérons le parcours UTMB sur l’arrête Chécruit. A Maison Vieille, repos de 30mn pour ravitailler en liquides, s’avaler une soupe et un café, manger un peu de solide. Nous repartons cers Courmayeur en croisant nos amis Célestes à 20mn environ.

En arrivant sur Courmayeur, l’organisation a prévu de nous faire passer en dehors de la ville, et on se demande bien pourquoi. Toujours est il que nous suivons un fléchage spécifique tant le parcours est tordu (de Dolonne à La Saxe). Au bout de 40mn nous finissons par rejoindre la montée vers Bertone. Cette fois ci j’arrive à accrocher le groupe. Nous y petit-déjeunons, et le gardien du refuge nous le fera gratos, gracie mille ! Les Célestes arrivent 30mn derrière. J’en profite pour soigner des ampoules naissantes (les percer, passer un antiseptique, et mettre un pansement + élasto pour le tenir). Mes compagnons vont plus haut au soleil pour se changer et mettre la tenue de jour. Moi c’est fait.



Bertone (8h30) – Col du Sapin - Col Entre-deux-Sauts - Col de Malatra - Col des Seingles, Col de St Rhemy - Col du Grand Saint Bernard (milieu d’après-midi)

112km – 9.100D+


J’attaque la montée au Mont de la Saxe, et c’est un sacré pourcentage, avec un soleil qui commence à taper fort. Ca commence dure la deuxième journée. Quand nous repartons vers la Tête Bernarde nos amis Céleste sont déjà sur nos talons. Discrètement je regarde ma montre à un endroit caractéristique pour évaluer le temps qui nous sépare (comme sur le Tour de France !). Résultat, environ 10mn. J’en fais part l’air de rien à mes camarades, qui jettent un œil par derrière. Nous ne concertons pas, ne disons rien. Pourtant dans l’enchainement de cols qui va suivre jusqu’au Grand Saint Bernard il me semble bien qu’Etienne à très légèrement durcit l’allure, comme pour s’assurer des les tenir à distance. Même si je suis un peu moins bien qu’Arnaud et Etienne, j’approuve la démarche dans mon fort intérieur. Incroyable enchainement de cols : Col du Sapin, Col Entre-deux-Sauts, Col de Malatra, Col des Seingles, Col de St Rhemy, et enfin Col du Grand Saint Bernard vont s’enchainer comme des perles, sans un seul mètre de plat, sans un seul refuge d’accueil. A peine arrivée dans le talweg d’un vallon, bing ça remonte aussi sec ! Sur ce parcours une seule pause de 15mn au Col des Seingles, d’où nous voyons arriver les Célestes estimés à 20mn de nous. Un grand souvenir, la descente vertigineuse du Col de Malatra : va falloir qu’ils songent à poser un rappel !

L’arrivée sur l’Hospice du Grand Saint Bernard se fait péniblement. Nous avons du mal à trouver le bon chemin, et alors que nous le pensions en bas, nous le voyons soudainement beaucoup plus haut. Découragement momentané. Je suis cuit. Pourtant je relance une dernière fois sur la route qui nous amène au refuge des Moines. La petite communauté des chanoines nous accueille au milieu des touristes. Ca nous perturbe un peu de voir autant de monde. Un comble pour lieu tenu par des moines ! Mon père, comme une évidence pour nous, est là. Mais je ne lui adresse à peine la parole. Je veux m’écrouler et dormir 5mn, ce que je fais. Ensuite seulement je bois ma soupe, et passe à nouveau un peu de temps sur mes pieds, de plus en plus douloureux. Nous restons 30 minutes en tout, et c’est à peu près le temps qui nous sépare des Célestes qui arrivent lors de notre départ. Petit chambrage avec Thierry où je lui promets qu’on les attendra au prochain refuge. Réponse : « c’est peut-être nous qui vous attendront … ». Ca y est on est dans le vif du sujet, la petite trotte est bel et bien devenu une course … mais très amicale. Ca nous plais bien cette saine rivalité et émulation avec nos amis Célestes.



Hospice du Grand Saint Bernard (milieu d’après midi) – Col de Bastillon – Col Névé de la Rousse – Refuge de la Tsissette – Praz de Fort - Champex (4h du 3° jour)

147km – 11.370D+


Nous repartons plutôt en bon état. C’est toujours surprenant de voir à quel point 30minutes de pause et de ravitaillement en nourriture chaude permet à l’organisme de se régénérer. Et tant mieux, car le programme avant la tombée de la nuit n’est pas mal lui non plus. Nous rejoignons le Col des Chenaux assez facilement, les Pointes de Lacérande constituant le hors d’œuvre avec une descente qui nous permet de retrouver avec « joie » la technicité des pierriers. La montée au Col de Bastillon est vrai coup de cul bien raide mais pas trop long. Par la suite, et jusqu’au Col du Névé de la Rousse, c’est une succession de pierriers et d’éboulis avec d’énormes rochers. C’est un vrai jeu d’équilibriste où les bâtons ne servent plus à rien. Bien content de passer de jour dans ce coin là ! La très longue descente vers Tsissette et son refuge est assez pénible bien que le cadre soit idélique. Une certaine lassitude s’installe en cette fin de journée. Je commence à avoir le tournis des ces successions de cols incessantes depuis Bertone ce matin. Au refuge de la Tsissette, vers 20h, nous sommes royalement accueillis par le couple qui le tient et une poignet de randonneurs. Ils nous abreuvent de questions sympathiques, la Patronne en échange d’une part de gâteau à la crème (c’était son anniversaire) se fait prendre en photo à mes côtés. Pendant ce temps Arnaud en profite pour se jeter sur de la charcuterie pas prévue au menu (soupe et pâtes). Nous restons environs 30 minutes, et surprise : pas de Célestes à l’horizon. Nous nous demandons si finalement ils n’ont pas décidé de dormir un peu à l’Hospice St Bernard, ils semblaient eux aussi assez marqués. En fait ils passeront plus de 1heure après nous au refuge.

Nous continuons la descente, et la nuit tombe. La deuxième d’affilée. Tout le monde se sent encore pas mal. Mes coudes ont dégonflé, le poignet d’Arnaud aussi, en revanche Etienne se plaint d’un genou, mais seulement en montée. N’empêche, on monte toujours à 700/800D+/h. La montée vers la Tejere via les pistes de ski est rude, et Etienne, qui est déconcentré par son genou, passe la topo à Arnaud qui s’en sort très bien grâce à ses beaux restes d’orienteur en CO chez Raid’Up. La descente vers Praz-de-Fort me semble absolument in-ter-mi-nable. Mal aux pieds, et surtout je sombre corps et âme. Peut-être le fait d’avoir mal dormi les deux nuits précédent la PTL, mais surtout le fait d’être toujours trop haut dans les tours par rapport à mes camarades me fait tomber dans les bras de Morphée en premier. Et c’est un calvaire d’autant plus que nous entamons notre deuxième et dernier gros jardinage de cette Trotte. D’abord on a du mal à trouver la descente terminale sur Praz de Fort, et ensuite nous ne trouvons pas la Deuve sur laquelle nous devons faire une photo obligatoire. Près d’un village les cartes se trouvent moins précisent avec la multitude de sentiers, et les forêts se transforment parfois en zones claire. Bref nous perdons près de 2 heures à moment critique pour moi. A tel point que je n’arrive plus à marcher droit, j’ai perdu toute lucidité. Si j’étais seul, je me serais mis dans ma couverture de survie et dormi au pied d’un arbre. Etienne me demande de m’arrêter et de dormir sur le chemin 5 minutes. Et effectivement, ca me permet de récupérer suffisamment pour les grimper les 400D+ jusqu’à Champex. Deux heures plus tard, vers 4h du matin, nous arrivons au gite Bon Abri du fameux Léon. Je vais directement me coucher, Arnaud et Etienne allant d’abord diner. Le premier vrai repos. Quel bonheur ! 2h de sommeil plus tard le réveil sonne, c’est déjà l’heure d’aller petit déjeuner. Pour moi qui n’ai pas diné, ce sera … pâtes à la carbonara ! Merci aux personnes du gite pour leur disponibilité à cette heure !

On apprend également que les Mousquetaires Célestes ont dormi … à Praz de Fort, dans une église ! Ils étaient en fait persuadé qu’il y avait un refuge à Praz de Fort et l’ont cherché ! Ils sont encore 1 heure derrière nous.



Champex (7h 3° jour) – Fenêtre d’Arpette – Col de la Forclaz – Mont de l’Arpille – Le Trétien – Refuge du Vieux Emosson (20h)

183km – 14.385D+


La récupération de cette – courte – nuit est spectaculaire ! L’effondrement 5 heures plus tôt est totalement oublié. En revanche l’état des pieds empire en dépit des soins que j’y apporte. En fait mes plaies s’infectent. Dingue, moi qui n’avais jamais d’ampoules grâce à mes soins proactifs avec le citron et la crème anti-frottement, coup sur coup à la Transpy et à la PTL j’en souffre. Espérons que je serais tout même épargné au GRR …

Le Val d’Arpette est une montée difficile par ses gros cailloux. Beaucoup plus difficile que celle par les Bovine, qu’emprunte l’UTMB, et qui aboutit également à la Forclaz. De plus la chaleur devient étouffante, il n’y pas d’air. Mais le plaisir de l’arrivée sur cette fenêtre d’Arpette est incroyable, surtout avec la vision du glacier du Trient qui arrive d’un coup. Magnifique, et j’ai beau connaître ce coin par cœur, je m’émerveille à chaque fois. Début de descente technique, mais on commence à en avoir l’habitude. J’essaye d’oublier que mes pieds me font mal, et ca marche, j’arrive à descendre à un bon rythme. A l’Hôtel de la Forclaz, comme d’habitude, comme une routine qui s’installe, 30 minutes de pause avec soupe, café, et plein d’eau/coca. Nous ne verrons pas les Célestes, mais ils fondent sur nous, puisqu’ils vont arriver juste après notre départ, soit 30mn de retard.

Montée sans histoire au Mont de l’Arpille. Nous prenons la photo obligatoire, et Etienne réclame 5 minutes de pause. Ensuite un drôle de micmac avec les Célestes se déroule. En effet, en allant sur la Creta, nous nous trompons et loupons le bon sentier qui remonte. En revenant sur nos pas nous le récupérons, et dans la montée nous voyons nos amis qui coupent en force au travers de la forêt pour rejoindre ce même chemin. Ils se sont également loupés. Et nous demandons comment nous ne les avons pas croisés ! Toujours est-il que maintenant ils sont sur nos talons. Et à la première descente vers Le Trétien, ils nous passent comme à la parade. Ils sont visiblement bien mieux que nous, superbes. Ils nous avoueront aussi avoir un peu « bombé le torse » histoire d’en rajouter un peu. Nous on lâche déjà l’affaire. Etienne et Arnaud sont à leur tour pris par les bras de Morphée et mes pieds me font vraiment souffrir. Il est 14h, le troisième jour.

Du Trétien au barrage d’Emosson le sentier est assez monotone, surtout par rapport à ce que l’on a pu connaître les deux jours précédents, mais il est largement ombragé, et vu comme le soleil tape, ca n’est pas plus mal. Au barrage une photographe de l’organisation, déjà croisée à Voza et au Col de la Forclaz nous y attend. Elle nous annonce les Célestes 30minutes devant. Nous relançons en courant sur la route qui nous mène au pied du refuge Vieil Emosson. Et là le chemin redevient de la crapahute tout droit sur un éboulis. Le refuge est littéralement au-dessus de nous. Le gardien nous attend en haut de l’éboulis. Il est adorable. La vue superbe. Mais il faut faire vite, très vite, si on veut arriver à passer le début de la terrible et dangereuse descente du Col de la Terrasse avec un peu de jour. 30 minutes pour déglutir la soupe, la pasta, et la tarte myrtille. Rapide soins des pieds tout en conversant avec une américaine très sénior férue d’astronomie, et c’est reparti. Les Mousquetaires ont 1h d’avance.


Refuge du Vieil Emosson (20h30) – Col de la Terrasse – Refuge de la Loriaz - Col des Montets – Tête aux Vents – Flégère – Chamonix (5h39 3° jour, 3° nuit)

220km – 17.000D+


C’est la gueule pleine de tarte aux myrtilles un peu à la bourre que je rejoins mes camarades déjà en routes. Notre mission : en 30 minutes arriver au Col de la Terrasse pour au moins visualiser le départ de la descente. Faire le tour du lac d’Emosson, puis grimper les 450D+ jusqu’au col me semble impossibles dans mon état. Nous missionnons donc Etienne, qui avec quatre sachets de café a réussi à reprendre le dessus, d’aller au plus vite sans nous attendre. Il va y arriver de justesse, ce qui va occasionner un drôle de quiproquo chez les Célestes. Car au même moment ils en finissent avec cette descente. Et quand ils voient la frontale d’Etienne, ils pensent que nous sommes à 30 minutes d’eux en chasse. Ils vont donc redoubler d’efforts pour finalement nous coller 4 heures à l’arrivée !

Une demi-heure après son arrivée nous rejoignons Etienne et entamons la descente. Un pierrier où tous les cailloux sont instables. Le risque est double, se faire emporter en glissant et balancer une caillasse sur les copains. Ensuite il faut arriver à ne pas perdre la trace, rien d’évident avec un balisage quasi inexistant et de nuit.

Nous finissons par atteindre le Refuge de la Loriaz. Repos allongé de 5 minutes pour Etienne et moi. Soupe et café pour tenir la nuit jusqu’à l’arrivée.

Pas toujours évident de trouver la trace dans les hameaux et les bois que l’on traverse jusqu’au chemin du Buet, et le Col des Montet. Je sens qu’Etienne et Arnaud en ont un peu marre, et sont pressés d’arriver. Ils ne supportent plus ces chemins, leur trouvent tous les défauts du monde, exactement comme moi la veille en arrivant sur Praz de Fort. De mon côté je me régale car je suis en forme, et ce sont des coins que j’adore. Comme je les connais de jour, je les apprécie de nuit. En plus je suis plutôt pas trop mal physiquement en dehors de ces fichus pieds avec des plaies infectées.

Au Col de Montets, nous pensions que de rejoindre l’itinéraire de l’UTMB avec les premiers de la CCC (course Courmayeur-Champex-Chamonix de 100km et 4500D+ précédant l’UTMB) nous ferait plaisir et nous remotiverait. Il n’en est rien. Il y a trop de monde (coureurs et admirateurs), trop de bruit, et ca nous sort de notre bulle. Quelques rares coureurs ont entendu parler de la PTL et nous disent un mot, la plupart sont concentrés sir leur course et ne prennent pas toujours la peine de dire merci lorsque nous nous écartons pour les laisser passer. Pas grave, il nous faut d’abord finir.

L’ascension à la Tête aux Vents ne nous semble finalement pas si terrible, étant donné les difficultés que nous avons du affronter précédemment. Bizarre car pour moi dans mes souvenirs du Trail des Aiguilles Rouge, la faire en descente avait déjà été un exercice périlleux, je l’imaginais très difficile en montée.

En revanche le long plat sur le plateau semble interminable.

Je dois constamment remotiver mes camarades qui ont envie de dormir. Le monde à l’envers !

Flégère est trop bruyant. Nous prenons juste un café et basta.

La descente vers Chamonix est une épreuve pour Arnaud et Etienne. Je les bassines à essayer de leur faire croire que c’est facile, c’est beau, c’est bien ! Rien à faire, ils sont saoulés.

Et puis miracle ! Nous arrivons à la route. Comme une évidence Géo est là, accompagné de mon épouse Sabine arrivé la veille. Ouf tout le monde se réveille pour profiter de notre arrivée, en 69h39 à 20 minutes de notre objectif de 70h, pas mal gérée cette affaire ! Les Mousquetaires Célestes sont arrivés 4h avant, nos poursuivants sont à plus de 5h derrière.


Même si il n’y a pas grand monde à 5h du matin, nous sommes tout de même très fiers et très satisfaits de notre périple. Catherine et Michel Poletti, ainsi que Jean-Claude Marnier – directeur de la PTL – nous attendent et nous félicitent. Ils ont suivis nos péripéties par balise GPS interposé, et on les sent émus et contents. Nous indiquons à Michel que pour l’année prochaine ca n’est pas peine d’en rajouter, il semble d’accord, rires !

Un grand bravo à l’organisation impeccable, aux refuges super accueillants.

Arnaud et Etienne vous avez été des compagnons parfaits, chacun à su se relayer pour pallier aux défaillances, il n’y a jamais eu de stress inutile, le rythme a été nickel.


Enfin un grand merci aux Mousquetaires Célestes sans qui cette course – pardon – cette Trotte n’aurait sans doute pas eu la même saveur. A vous revoir bientôt en Célèstie.

Pour ceux qui en douteraient encore, cette PTL est magnifique. Le parcours est incroyable qui vous fait passer par toute la variété de passages et chemins que vous pouvez rencontrer en montagne (hors glaciers). La progression en équipe est très stimulante et gérer la contrainte du groupe devient au fur et à mesure un avantage au bénéfice de chaque individualité. Enfin l’esprit et le partage avec les acteurs de la Trottes – refuges et autres coureurs – est très sain. Bref, une autre façon de penser nos sorties, un mixte entre le Off et les compétitions.


Pour ceux qui craignent le gigantisme ou la réglementation à l’extrême, il existe une alternative faite de responsabilité personnel et d’autogestion


lundi, septembre 08, 2008

Trail des Pas de Lure > organisation et parcours impecables recherchent trailers


Quand : 6 septembre 2008
Où : Valbelle (Alpes de Hautes Provence)
Quoi : Trail de 45km et 2.500D+
Photos perso
Photos et CR de Jean-Marie Gueye

Irina Malejonock, en plus d'être une merveilleuse athlète en trail, vient également de gagner ses galons de Directrice de Course.

Avec son mari Patrice et de nombreux bénévoles, Irina nous a organisé un patrcours magnifique d'une variété inouïe, alliant du trés technique dans un canyon superbe, et de superbes single tracks en forêt alternant avec des passages en crêtes aux vues infinies. Pour avoir, avec l'ami Etienne F. (Loulou pour ceux qui suivent) fait l'ouverture de la course, je peux vous dire que le balisage et la préparation du terrain étaient excellents. Impossible de se perdre.

Il n'y avait en revanche que 61 coureurs au départ. ce trail mérite largement mieux pour son édition 2009.

Avec Etienne nous avons également participé au débalisage et à la fermeture de la course. Même les derniers concurrents à la bourre pour le cut au Pas de la Graille étaient heureux !

Au vu du démontage dimanche matin, avec Patrice et Etienne, des cordes, échelles, et autres filets de retenus dans le Canyon, et vu comment ils ont crées un chemin dans ce tas de cailloux à la végétation coriace, je peux vous dire qu'ils n'ont pas lésiné sur leur temps et leur imagination pour créer des conditions de course absoluement incroyables qui vont laisser des souvenirs impérissables à tous les concurrents. Même Dominique Nugre - 2° au scratch - a amené une échelle dans le canyon la veille de la course. Bref quand même les stars se mettent au taf la veille de la course, c'est que l'on touche à un moment d'exception !

J'attends avec impatience une version longue de cette course pour m'y mettre.
Bravo Irina : j'ai passé un super week end dans ce beau site des Alpes de Haute-Provence que je découvre, et me met à nouveau à ta disposition pour une édition 2009 !

mardi, septembre 02, 2008

PTL > génial !

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En attendant un CR complet, voici déjà les premières impressions et les photos.

Nous terminons 2° en 69h30 avec 2h de repos. Notre prévision ambitieuse mais réaliste de 70h était donc la bonne. Nous avons été leader pendant 2 jours 1/2 avec en chasse nos amis Belges des Mousquetaires Célestes qui finiront par nous passer avec un état de forme meilleur sur la fin.

L'esprit d'équipe a été génial, le parcours trés montagne exigeant. Cette Petite Trotte à Léon aura pour nous été extrêmement émouvante, et restera un souvenir collectif important dans notre vie sportive.

mardi, août 26, 2008

PTL > J-1

Suite au briefing de ce soir, c'est confirmé : le suivi live, via nos balises GPS, sera dispo ici.
Notre équipe est Riri, Fifi, Loulou - Dossard 41.

Dans les zones d'ombres, le GSM ne pourra transmettre en temps réel les positions relevés par le GPS (tout les 1/4h), mais les enverra en bloc dés que nous aurons retrouvé une connexion GSM.

Côté forme j'ai trés mal aux quadri suite à ma toute petite sortie de lundi : serait ce possible que je perde toutes mes qualités musculaires en moins de 4 semaines sans montagne depuis la Transpy ??? Alea jacta est ...

mercredi, août 20, 2008

Petite Trotte à Léon > J-7






La Petite Trotte à Léon c'est la version "longue", en équipe de trois solidaires, et en autonomie de l'UTMB : 220km et 17.000m de dénivelés positifs.

Notre équipe "Riri, Fifi, Loulou" est composé d'Etienne Fert et d'Arnaud Coudray avec qui nous avons fait le GR20 en juin dernier en préparation de cette PTL.

Le départ est le mercredi 24 aout à 8h, et nous envisageons de faire le tour en environ 70h, ce qui devrait nous permettre d'arriver avant les premiers de l'UTMB partis le vendredi à 18h30, soit samedi matin.

La stratégie sera de faire deux repas par jour à base de Tipiak (léger, repas en sucres lents) et de ce que l'on trouvera dans les refuges. Pour le sommeil, première nuit blanche, puis repos de 2h pour les jours/nuits suivants.

Je ne sais pas si un suivi internet est possible sur le site de l'UTMB, mais nous aurons sur nous des balises GPS qui permettront à l'organisation de nous situer à tout instant.

50 équipes expérimentées (au moins deux coureurs doivent avoir déjà terminé l'UTMB) se lanceront dans ce défi expérimental.
Nous passerons par les plus beaux cols disponiblent sur le TMB : Col des Fours, Grand Saint Bernard, Fenêtre d'Arpette, etc ... (voir Parcours).

Je trépigne d'impatience de retrouver la montagne.
N'attendez pas le CR de la PTL avant début septembre, il va falloir que je dorme un peu avant !

dimanche, août 03, 2008

Transpy > S+1

Une semaine après la fin de notre traversée avortée, voici l'état des lieux :
1/ Physiquement je n'ai plus aucune trace de ma blessure du périoste, ni aucun séquelle musculaire ou tendineux
2/ En revanche je m'endors en permanence, avec des assoupissements réguliers toutes les 2h
3/ Plus beaucoup d'envie dans les activités sportives (cette semaine 1h de natation, 2h de muscule, 2h30 de jog dont 1h30 en côtes), en fait juste envie de ... dormir !

Par ailleurs, j'ai reçu cette semaine une excellente et légitime question d'Olivier F. : "je me demande quelles séquelles tu penses qu'une saison comme ça peut laisser...J'ai pas l'impression que tu laisses trop de place à la récup. D'ailleurs n'est ce pas une des raisons de la casse à la Transpy ? "

Cette question, beaucoup de monde me la pose. Elle est légitime vue de l'extérieur, mais tous ceux que je cotoie régulièrement dans mes activités sportives savent à quel point ce sujet est notre pérocupation numéro 1, et fait l'objet de nombreux échanges et d'expérimentations dans notre communauté.

Contrairement à ce que l'on peut penser, et même si la saison peut sembler trés chargée, je laisse une trés grande place à la récupération. C'est même ma préoccupation essentielle, et je sacrifie volontier des plages d'entrainement, ou modifie en l'allégeant le programme, lorsque une douleur arrive ou que le corps se traine lamentablement.

Pour résumé, la récup s'oppère à 3 niveaux :
1/ Macro : en fin de saison je laisse carrément 1 à 2 mois de repos complet où je ne cours plus pour laisser reposer. Ca ne veut pas dire plus de sport, mais simplement à l'envie, sans programme, et que du porté (vélo, natation, voir léger footing matinal)
2/ Saisonnalité : en hiver je pratique beaucoup de ski de fond et de ski rando, ce qui me permet de rattaquer l'endurence et la pratique de la montagne, mais sans faire trop travailler les articulations et tendons sollicités par la course à pied.
3/ Micro :
- en période d'entrainement je relache environ 1 semaine toutes les 3 semaines
- l'entrainement est terminé en juin, et entre les courses ou off, je m'accorde 1 semaine de récup, puis c'est du maintient de forme avec un peu de VMA, côtes, et footing léger, puis refaire du jus juste avant une course. Je considère ces transitions comme de la remise état, il est trop tard pour améliorer les éventuels points faibles.

Pour revenir à la Transpy, la casse est essentiellement due à trop d'erreur d'orientation et méconnaissance du terrain, qui nous a fait faire 100km de trop en 300km, et mis dans des situations où le corps a été largement éprouvé (caniard, épineux, désescalade de rochers sur névé et crevasses, une nuit à la belle étoile à se geler, etc ...). Ca a fortement nuie à la récupération de nos corps, déjà fortement sollicités avec 18h de course par jour et 4h de repos par nuit. A ce niveau, c'est un peu de la Formule1, et le moindre pépin peut tout casser.

Je serais bien entendu ravi de discuter et d'échanger sur ce point important de la récupération.
D'ailleurs j'ferais bien un p'tit somme moi ... zzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

mercredi, juillet 30, 2008

Formidable Transpyrénéenne !

Comme vous avez pu le voir sur le blog de la Transpyrénéenne, nous ne sommes pas allés au bout de notre défi : la traversée s'est arrêtée à peu près à mi-chemin, à la sortie des Hautes-Pyrénées. Emmanuel s'est blessé assez rapidement (genoux), Olivier en a fait de même (tendinite du releveur) et s'est endommagé des fibres musculaires par compensation, et moi, seul avec ma périostite, je ne me voyait pas terminer seul les 300 km restants (435km et 25.500D+ réalisés). Ça n'en restera pas moins une énorme expérience, très satisfaisante sur de nombreux points.

Le point faible principal aura été l'orientation et le choix du parcours (variantes paumatoires ou dangereuses par mauvais temps).
Les points forts : l'indéfectible solidarité de l'équipe, le moral des coureurs, l'assistance sans faille, des ostéo 100% efficaces, le suivi internet par les balises GPS.
Point d'amélioration : la communication en direct par posts.

Il est fort possible que nous n'en restions pas là : rendez vous en 2009 !

Les magnifiques photos de Akunamatata (Jean-Marie),
Les miennes moins travaillées ici, , puis encore .

lundi, juillet 14, 2008

Transpyrénéenne à J-4

L'entrainement pour la Transpyrénéenne a pris fin le week end dernier en Aveyron chez Yoyo. Les derniers ajustements en matériels ont pu être également validé.

Après un premier bloc consacré à la vitesse, et validé par le Marathon de Paris, le deuxième bloc à vitesse spécifique a donné un excellent résultat.

Depuis mon dernier bilan à J-65, j'ai réalisé les courses suivantes :
  • 17/18 mai : Grand raid Dentelles- Ventoux - 100 km - 4 500 m D+, avec une excellente 19° place en 13h04
  • 30 mai : Off des 15 Lac - 110km - 4.700D+, enfin réussi après plusieurs années de tentatives
  • 14/17 juin - Off GR20 - 172km - 12.475D+, en 4 jours avec beaucoup de cailloux et une solide validation des pieds et des chevilles
  • 29 juin - Grand Duc Chartreuse - 80 km - 4 885 m D+, abandon au 20°km sur erreur d'aiguillage, alors en 2° position
Depuis le 1er janvier 2008, j'ai enchainé plus de 1.900km et 62.000m de dénivelés. Surement ma plus grosse année depuis toujours à ce moment de l'année !

C'est donc en toute confiance physique et mental que j'entame ce premier maillon de mon enchainement 2008 : Transpyrénéenne, Petite Trotte à Léon (27 aout), et Grand Raid de la Réunion (24 octobre).

Ce défi un tout de même un peu à part, puisque entièrement auto-géré, et constituant un objectif de record hors compétition.Après six mois de préparation que vous avez pu suivre sur notre blog, l'équipe de coureurs et d'assistance est fin prête, l'ensemble du matériel réuni grâce à nos partenaires, le parcours rentré dans le GPS. Il n'y a plus qu'à.

Pour le suivi en direct du défi :
- Un billet d'information bi-quotidien sera posté sur le blog du défi
- Nous porterons une balise sattelite qui nous localisera et le suivi pourra se faire sur un site dédié ici

Nous allons essayer de ramener un maximum d'images et de souvenirs pour vous permettre de vivre ou revivre ce parcours et ces instants d'exceptions.

lundi, juillet 07, 2008

Un bloc à Yoyo en Aveyron

Réalisé week-end : 46km, 2030D+, 7h
Photos

Ce week-end j'étais l'invité privilégié de Yoyo. Il est maintenant installé depuis plusieurs mois à Millau, heureux homme.

Yoyo a décidé de modifier son mode d'entrainement "spécifique UTMB" :
Avant: 3 semaines d'entrainement pour une semaine de repos,
Maintenant: des blocs de 4 à 5 jours, puis 3 jours de repos.

Toujours est il que j'ai pu l'accompagner sur ses deux derniers jours d'un bloc de quatre. Au programme du premier jour les crêtes au-dessus de chez lui sur les flancs du Causse du Larzac et le pont de Millau. Le deuxième jour, le Causse de Sauveterre et le début du Causse Mejean.

Perso je me sens toujours aussi bien physiquement avec du jus dans les gambettes, en dépis d'une fatigue du au manque de sommeil (boulot, courses, déplacements). Excellents signes pour la Transpyrénéenne. Depuis le 1er janvier j'ai 1.900km et 64.000m de dénivelé positif en entrainement et course, soit environ 25% de plus que l'année dernière au même moment. Maintenant je fais du jus pour démarrer en forme le 19 juillet !

C'était aussi l'occasion de tester et de roder le matériel fournit par notre sponsor matériel - Salomon.

Cette semaine: Ibiza avec 100D+ sur les dancefloors !!!

dimanche, juin 29, 2008

Grand Duc Chartreuse : dégouté ...

Abandon
Réalisé : 3h40, 31km, 1.880D+

Ce matin 5h avait lieu le départ pour le Grand Duc de Chartreuse. Avec un départ cette année de Saint Laurent du Pont. C'est ce qui est génial avec cette course, c'est que chaque année elle est différente avec un lieu de départ et un parcours différents, avec toujours aux alentours de 80km et 4500D+.

La veille Sam nous avait invité chez lui pour une pasta party de rêve avec Gui, UPDA, Eric, et Patrak.
Le matin je me sens fatigué, comme depuis mon retour du GR20, sans grosse envie, et 2kg de plus. Pourtant dés le départ je me sens bien, les jambes répondent et le coeur ne monte pas trop. Je suis rapidement aux avant postes entre Gui et Michel Cerueil. Bref du beau monde. Ca démarre de suite sur une montée d'environ 1100D+, avec des zones de ralances incéssantes. Et je m'amuse bien. A tel point que presque en m'excusant, en me demandant si je ne vais le revoir dans mes rétro 5mn après, je passe Michel. Avec un petit groupe de 3 coureurs nous rattrapons 2 échappés sur la fin de la montée. Et dés le début de la grande descente vers St Pierre d'Entremont, pierreuse à souhait, je lache mes compagnons. Un premier "coureur du dimanche" m'annonce que le premier est juste devant. Ha bon ? Y'a pas plus de monde ? Et puis confirmation par un membre de l'organisation, chrono en main, qui m'ananonce 2° avec le 1er à 3mn devant. Boudiou, j'ai des jambes de feu. C'est bien la première fois depuis que je cours en ultra que je retrouve 2° au bout de 20km, 1500D+ et 3h de course ! Confirmation à nouveau à un ravito avant l'arrivée sur St Pierre. Descente toujours, cette fois sur la route qui doit nous emmener au village. Et à un virage, double balisage, à droite et à gauche. Je m'arrête, je suis seul. A droite la rubalise est doublée d'un panneau directionnel "Grand Duc de Chartreuse". Je pars à droite. C'est au bout de 5km que je croise 2 voitures avec des bénévoles éberlués : ils attendent les premier coureurs que dans 2h !!!

Misère, je comprends, et ils me confirment, c'est le chemin du retour que j'ai pris, car on passe deux fois par St Pierre d'Entremont. Demi-tour. Je croise en chemin trois autres coureurs qui ont commis la même erreur. J'arrive à l'embrenchement fatale. Les organisateurs ont enfin enlevé la rubalise de droite, et mis un bénévole pour indiquer la bonne direction. Trop tard pour moi. 200m plus loin j'arrive sur le ravitaillement. Un des bénévoles faisant partie de l'organisation est d'accord avec leur erreur et se condond en excuses. 10km et 300D+ de détours et je suis désormais ... 220° !!! Dégouté, j'arrête, je ne me sens pas de continuer en mode ballade ou même à fond, avec cette idée en tête : je ne saurais jamais si aujourd'hui je pouvais gratter un podium ou même une place dans les 10 avec un retour probable des cadors.

Je reviendrais l'année prochaine, car c'est toujours aussi beau la Chartreuse.

Cette course n'était pas un objectif principal. Au moins psychologiquement, ca me confirme que je peux attaquer dés le départ maintenant. Je suis totalement décomplexé. Vivement le prochain trail "court" pour confirmer tout ça. Après la Transpyrénéenne en juillet et la Petite Trotte à Léon en août, ce sera le Trail des Aiguilles Rouges fin septembre. Avec surment autour de 600 inscrits, je vise vraiment une place dans les 10. C'est dit.

Maintenant je me concentre complètement sur la Transpyrénéenne. Je suis pour le coup sur de faire le podium, rires !

lundi, juin 23, 2008

GR20 – Cailloux, Bijoux, Hiboux … mais surtout Cailloux !

En 4 étapes
172km et 12.475D+

Photos

Etape 1: Calenzana-Col de Vergio 4943D+, 3856D-, 47km 15h
Etape 2: Col de Vergio-Vizzavona 2714D+, 2967D-, 40km 12h

Etape 3: Vizzavona-Refuge d'Usciolu 2544D+, 1970D- 42km 9h

Etape 4: Refuge d'Usciolu-Conca 2274D+, 3746D- 43km 11h

Etienne nous a programmé ce GR20 de rêve et de cauchemar pour 3 raisons :
1/ il l’avait fait 3 ans auparavant partiellement et dans le brouillard, et voulait donc enfin voir les paysages grandioses de la montagne Corse

2/ engagés sur la PTL avec Arnaud, nous voulions que le groupe fasse connaissance

3/ il n’y a pas de meilleurs entrainement : si tu passes ici, tu passes partout

Personnellement j’y vois également un parfais entrainement et test pour la Transpyrénéenne que nous organisons depuis quelques mois : parcours éprouvant et répétition sur quatre jours.

Nous étions donc quatre à nous aventurer avec nos petits sacs de 4kg tout mouillés, qui ont fait se poser bien des questions à nos amis randonneurs lourdement chargés :

Matthieu – Majax – Fourny : seul trailer à avoir plus de ravito dans son sac à la fin du trail qu’au début, n’a jamais aucun état d’âme et sait souffrir en silence, connait à la perfection les meilleurs cascades de Charlie Chaplin,






Arnaud Coudray : possède deux expressions fondamentales “c’est la merde” et “c’est un GR pour chèvre”, n’est surtout pas Marseillais,





Etienne Fert : GO et navigateur dans l’âme, globe-trotter éprouvé et éprouvant, les chamois Savoyard et les cochons Corses le saluent avec respect.




Préambule

Après un voyage sans histoire en avion, je rejoins Matthieu à Bastia. Nous prenons le bus jusqu’à Calvi. Il part avec 15’ de retard sans raisons (tout le monde est monté, on n’attend personne), et s’arrête 15’ en plein milieu. Surement la pause clope réglementaire. Bref avec 30’ de retard et les appels incessants de Maman Etienne, nous demandons à la charmante Irina et son ami Patrice de venir nous chercher en voiture devant le mythique 2°REP qui sauta sur Kolwezi en 78. En effet Irina qui avait prévu de le faire avec nous, a décidé de tout de même de faire la première étape en 4 jours bien qu’enceinte. Un autre mythe … Le soir nous mangeons dans un charmant restaurant où le patron nous offre son fameux débouche boyaux à base de Myrtes. Fameux.

Etape 1 : Calenzana-Col de Vergio 4943+, 3856-, 47km 15h

Boudiou qu’elle est dure cette étape. Les massifs du Cintu et du Ritundu sont faites de montés que nous franchissons très souvent à quatre pattes, des descentes infernales, du plat inexistant. Cette partie est définitivement un test pour les cuisses, les pieds, et le mental ! Personnellement j’ai été cramé dés la moitié de l’étape dans la montée précédent le mythique Cirque de la Solitude. Autant dire que pour passer ce dernier – très très très aérien – il m’a fallu me concentrer très fort pour compenser la perte de lucidité. Le final jusqu’au Col de Vergio nous a semblé très long dans les sentiers de forêts pourtant agréables et roulants : preuve que nous sommes bien cramés. Au Col nous découvrons les trois tire-fesses permettant aux Corses de s’adonner aux joies du ski alpin. Allez, vite une Pietra, un repas, et au lit.

Etape 2 : Col de Vergio-Vizzavona 2714+, 2967-, 40km 12h

Très mauvaise sensations au démarrage : le cœur bat toujours très vite comme hier, et une méchante douleur est toujours présente sur les croisés du genou droit. Bref je m’attends à une journée galère. Et bien si la première montée le confirme, étrangement ca ira par la suite beaucoup mieux. Le niveau de pouls va très vite descendre, et la douleur disparaitre jusqu’à la fin du périple. Etonnant. Sinon le parcours est nettement plus simple, voir roulant. En revanche le repas Omelette/Frites me laisse sur ma faim. A 1h du mat je me lève avec la faim qui me tenaille et l’irrésistible envie de me jeter sur le petit déjeuner qui nous attend.

Etape 3: Vizzavona-Refuge d'Usciolu 2544+, 1970- 42km 9h

Un peu à l’image de la deuxième journée, cette étape est plaisante. De belles montées, une peu de caillasse, mais globalement plus simple que la première, elle passe du coup assez bien. Le manque de sucres lents se fait sentir dés 10h du matin, et nous compensons avec nos victuailles en autonomie. Quelques cochons croisés, et après une longue descente sur du caillou, l’accueil au refuge d’Usciolu par Francis est royal. Il trouve une place pour tout le monde, que ce soit au refuge ou sous tente, et enfin nous sert de grandes plâtrés de pâtes. Miam, sgroumf, gnarf ! Le site est grandiose.


Etape 4: Refuge d'Usciolu-Conca 2274+, 3746- 43km 11h

Du refuge nous voyons la montagne en face que nous allons atteindre dans la matinée. Ca promet. Alors que Matthieu et moi-même commençons à avoir de sérieux coups de soleil, le temps se couvre en descendant sur les fameuses Aiguilles de Bavella. Descente qui va d’ailleurs m’user le moral à force de concentration pour ne pas glisser ou se tordre une cheville. A l’embranchement entre le passage par les crêtes et le sentier qui contourne, la pluie tombe drue. Ca nous décide pour contourner les aiguilles par le GR, et de ne pas emprunter la variante par les aiguilles. Pour une prochaine fois …

Arrivée à Bavella, nous avons l’impression d’être des animaux de zoo. Des photographes, des bus, bref pour nous qui sortons de 3 jours de rusticité, ce retour à la civilisation nous fait un choc. D’ailleurs à partir de là, la fine équipe commence à en avoir raz les basquettes et une grosse envie d’arriver pointe son nez. Encore 17 bornes et un quelques dénivelés ravageurs à base de … cailloux. Le final est magnifique mais interminable. Nous cherchons le village de Conca des yeux, mais ne s’offrent à nous qu’une vaste et interminable vallée / forêt ravagée par le feu ces dernières années. Lorsque nous l’apercevons pour la première fois, un large sourire s’affiche sur nos visages. Seul Arnaud reste concentré sur sa dernière descente, caillouteuse à souhait. Photo souvenir devant le panneau du GR20 marquant la fin du périple.

Epilogue

Content de l’avoir fait, mais tout le monde tombe d’accord pour ne pas avoir envie d’y retourner avant quelques années, au moins en quatre jours. Très dur !

En revanche excellent bilan physique pour ce séjour préparatoire au Défi de la Transpyrénéenne. Aucune douleur aux pieds, chevilles, genoux en dépit d’un parcours cassant et plein de cailloux partout.

Arnaud et Etienne seront également sur la HRP fin juillet pour faire sur 8 jours la deuxième moitié.

Logistique

Bastia-Calvi

Bus: 6h45-8h45, 16h30-18h30 (passage à Ile Rousse 18h)

Calvi-Calenzana : Bus en été: 14h et 19h, sinon taxi (13kms)

Hôtel Bel Horizon

4, place Prince Pierre

20 214 Calenzana

Téléphone : 04 95 62 71 72/04 95 62 79 92

GSM : 06 80 10 76 88/06 80 10 79 02


Etape 1: Calenzana-Col de Vergio 4900+, 3600-, 47km 15h

Hôtel Castel Vergio

Col de Verghiu 20224 ALBERTACCE

04 95 48 00 01


Etape 2: Col de Vergio-Vizzavona 2900+, 3200-, 40km 12h

Hôtel du Monte D'Oro

Foce Di Vizzavona 20219 VIZZAVONA

04 95 47 21 06


Etape 3: Vizzavona-Refuge d'Usciolu 2700+, 2000- 42km 9h

Usciolu: Refuge sous la crête d'Acqua d'Acelli

Petite épicerie très complète, repas mais pas de petit déjeuné, pas de couvertures (alt du refuge 1800m) et pas de résa possible (mais géré de main de maître par Françis qui trouve toujours une solution à tout et dans la bonne humeur Corse)


Etape 4: Refuge d'Usciolu-Conca 2400+, 3400- 43km 11h

Gîtes d'Etapes La Tonnelle

Village 20135 CONCA

04 95 71 46 55

Bus Conca-Sainte Lucie 8h ou 13h30 par la navette du Gîte, puis Sainte Lucie-Bastia 8h30 ou 13h55 par le bus qui vient de Porto Vechio

Infos Bus et Trains


lundi, juin 02, 2008

Les 15 lacs Vosgiens enfin vaincus !

Off des 15 lacs - De Masevaux au Lac Blanc
21h45 - 110km - 4.700D+

Le Compte Rendu de Val
Photos

3 ans que cette ballade n'aboutit pas (blessure, motivation, temps, bierre, etc ... cf édition 2007). Voilà maintenant une chose de faite avec Eric, DidierP, Sylvain alias GGO, et Val. Un nouveau défi Vosgien va devoir être trouvé, et il semblerait que Didier soit déjà en plain travail de préparation.

Après un départ à 21h vendredi soir, nous avons affronté le froid, le vent, la pluie, la nuit, le brouillard, les prouts, l'orage, le café aux somnifères de véro (épouse de DidierP). Mais chaque lac a pu être validé par un jet de cailloux de l'huissier de service Val. Les deux monstrueux ravito de la ferme de la Huss et au col de la Schlurt ont revitalisé et réchauffé tout le monde. Arrivé vers 18h samedi au lac Blanc à demi-rempli et un gros cailloux de validation.

Mention spéciale à GGO qui arrive à faire rentrer tous les rayons alimentations d'une grande surface dans un sac de 17 Litres... un nouveau genre d'épicerie arabe façon montagne.

Un grand merci à Véro et Didier pour l'hospitalité. BBQ royal !

mardi, mai 20, 2008

Grand Raid Dentelles Ventoux - On the road again, again …

17 mai 2008
103km – 4.000D+
13h04 et 19° / 220 au départ en solo (54km et relais à 2 coureurs également possible)

Prologue

En 2007, la course avait été caniculaire et avait provoqué mon abandon aux Rissas ( 73°km). Dommage car avec Yoyo qui a fait une superbe 4° place nous étions dans un bon rythmes jusqu’à Brantes, avant le grand coup de chaud. J’avais donc une envie particulière de voir ce qu’il y’avait après Les Rissas …

Avant-course

Le vendredi soir l’accueil des bénévoles commence dés l’arrivée en TGV en gare d’Orange. C’est le même que l’année dernière, on se reconnait de suite. Ambiance. Sandrine et Manu m’ont appelé dans le TGV pour m’annoncer qu’au debrief le Ventoux sera avorté à 1500m pour cause d’orage dangereux. Tant pis, mais normal. Cette année, c’est top confort, je n’aurais pas à planter la tente à côté du terrain de tennis, mais un bon lit confortable au pied du départ dans un grand dortoir. Pour la veille de la course ca n’est pas forcément trop important (départ à 4h30), mais au retour, ca change tout ! Dans le dortoir je croise l’ami Kourpavix (Christophe David) toujours tout sourire. Manque juste Yoyo …

Gigondas – Le Paty 18km

Je croise Françoise qui part sur le 54km - mais sans voir Antranik -, Maxime – ca fait plaisir depuis le Raid de Joucques 2007, et quelques autres UFO (kourpavix, Batman, Mitch, …).

Le départ est retardé de 15mn, et à 4h45, 220 frontales partent à l’aventure. Perso j’ai gardé ma toute petite frontale eLite de Petzl à 45g testée à l’Annecime qui fait merveille. Au bout de 15mn je me retrouve sur l’avant de la course avec une position qui ne variera quasiment plus de toute la course. J’arrive à niveau avec un gars qui fait gling-gling (ne pas confondre avec le nain qui fait bling-bling) : Philippe. On va se revoir pendant toute la course. La clochette c’est pour prévenir qu’il arrive dans les descentes et pour les touristes sur les off. Pas mal. C’est essentiellement de la route au début, puis un mono-trace très sympa qui donne l’impression d’accélérer. Le fantôme de Yoyo, ou mon coureur virtuel est toujours là. Le virage à gauche qui permet de prendre le sentier à partir de la route est toujours aussi difficile à voir. La preuve devant moi deux coureurs le loupe. L’année dernière c’était un groupe de 4/5 coureurs qui revenaient.

La Paty – La Combe Curnier 30km

Toujours facile, je pense que les positions s’établissent déjà bien puisque je ne remonte personne et que personne ne double non plus. Ma cheville gauche – consécutif à mon accident de moto 20 jours avant - me fait souffrir sur les pierriers assez nombreux. Heureusement ca ne durera pas plus de deux heures. Une fois échauffé, heureux miracle de la nature, la cheville se fera presque totalement oublier. J’arrive sur le PC de Curnier en 2h45, ce qui est plutôt pas mal. Contrôle des sacs : ca c’est une vraie nouveauté sur un trail ! Faut tout sortir, l’aspi venin, la flotte, la bouffe, la veste pluie. Plutôt une bonne initiative.

Curnier – Brantes 57km

Et hop s’engage la montée sur le Mont Ventoux par un large chemin forestier. Beaucoup moins rigolo que la montée par le canyon dans le rocher de l’année dernière. Problème d’autorisation je crois. Dans la montée je fais la connaissance de Louis, tout de jaune vêtu, qui a une bonne relance depuis La Paty. Un peu comme Yoyo … Comme souvent dans les montés, il commence par me distancer un peu, et puis finalement je le remonte, puis le dépasse. J’suis un peu diesel quand même dans les changements de rythme. Les montés sont assez raides, mais je les connais bien, et donc ne suis pas surpris. Finalement on arrive assez vite sur le chemin forestier à 1500m, que l’on suit jusqu’à la route qui descend à la station du Serein. On the road again … Là je ne suis jamais à la fête car il ya toujours des coureurs beaucoup mieux armés que moi sur les portions roulantes. Gling, gling, voilà Phil qui revient sur moi tel un métronome et me passe très à l’aise. On entame la descente du Ventoux avec les 400m de pierriers en moins, ce qui se ressentira en bas. Je l’aborde prudemment, d’abord pour ne pas entamer la bonne santé des mes fibres des quadri, et ensuite pour ne pas trop solliciter ma cheville gauche. Arrivé en sur le sentier en bas rencontre du troisième type avec Le Sanglier, Sandrine, et sa sœur. Très sympa le Manu cette fois-ci : pas de « mais que fais tu ici ? Tu as coupé ? » (cf EcoTrail). Juste « le Mitch il est 25mn devant ». Ouais t’as raison je vais accélerer pour me le faire, rires ! J’arrive à Brantes avec une bonne patate et on m’annonce 19°, alors que j’estimais être dans les … 20 premiers !

Brantes – Veaux 71km

Comme sur les autres ravito, je ne reste guère que 2 minutes sur celui-ci. Un peu de soupe, vite un mélange d’eau et de coca dans la gourde, et aussi pour la première fois le remplissage de la poche à eau. Et je sors le sandwich magique. Quelques mètres plus loin, je rejoins gling gling Phil et Christophe, un jeune marathonien de Vincennes très fin qui explore brillamment l’ultra trail. Il est très fort sur partie roulante, un peu plus hésitant sur les sentiers, et notamment en descente. Pour l’instant il refait son sac, et Phil file sur la route (again). Je mange tranquillement mon sandwich, en fait seulement le quart, le reste étant pour les oiseaux, en marchant. J’appréhende le fameux terrain de moto-cross où tant de monde s’était égaré dans la farniente en 2007. Et là tout va bien, ca se monte rapidement (alors qu’en 2007 c’était le début des éléphants roses), pas d’hésitation sur le chemin à emprunter, et hop déjà une descente !

Avant le pont et la route vers le grand canyon, je n’oublie de m’abreuver au robinet repéré l’année dernière, juste par superstition !

Sur la route me rejoignent Christophe le marathonien et un trailer avec un maillot de vélo. Décidément la route ce n’est pas mon truc – again … - Dés l’entame du canyon, alors que je propose à mes compagnons de route de passer, je les distance dans la petite mais raide descente. Et je rejoins du coup l’ami gling-gling Phil. Ha ces coureurs sur route, de vrai danseuse dés qu’il y a un peu de cailloux et de pente, rires !

Nous allons faire tout le canyon à quatre, mais jamais aux mêmes allures, mais jamais à faire le yoyo (pas Yoyo) à plus de dix mètres les uns des autres. Quel facilité par rapport à 2007 ! Et bing dans l’entame de la descente vers Veaux un méga coup de plus rien. Rien dans les jambes, une énorme envie de vomir. Et pourtant à nouveau je double et distance mes camarades, mais vraiment par gravité, car je ressens plus rien ! Ca se confirme sur le bout de route (again and again …) où mes compagnons se font la belle. Je les retrouve au ravito de Veaux qui est cette année 800m plus loin, à l’ombre ! Phil et Christophe sont assis. Moi aussi je réclame ma chaise pour manger un bout et tenter de récupérer un peu d’énergie. Je ne comprends pas : j’ai mangé comme un goret la veille et ce matin, bien alimenté en course et en eau également sans exagération. Au bout de cinq minutes, je décide de repartir, juste derrière Chris et Phil.

Veaux – Le Grozeau 80km

Bien entendu ils me larguent immédiatement vu les gros rochers à enjamber. Toujours vide de sensations, je patiente et évoque une hypothèse. Vu que depuis de la course l’orage n’est pas loin, il fait très lourd, n’aurais-je pas bu finalement de trop ? Car mes symptômes sont très proches du coup de chaleur. Ma stratégie de récupération : je ne bois plus qu’une gorgée toutes les 30’ et mange correctement. J’arrive péniblement au PC des Rissas. L’année dernière j’y avais abandonné, il y avait un malheureux 4x4 et une palette de flotte. Ouhaaa, cette année c’est un vrai stand, chaque arrivée est sous les hourras des nombreux bénévoles et la corne de brume fait croire à une arrivée de la Figaro ! Et pourtant je ne veux pas y rester, superstition encore. Je vois sur la table de la fougasse et un sandwich merguez : « je peux ? » Regard ahuri des bénévoles qui me voit repartir avec le sandwich au lèvre et les poches pleines de fougasse. Et ca me fait un bien fou de manger autre chose que du sucrée. Et en plus miracle une descente qui me permet de mâcher tranquillement. Après un charmant petit village, ca remonte bien et dans la boue cette fois ci. La forme semble revenir doucement. C’était donc bien une hyper hydratation, et ma stratégie – moins boire et merguez – est gagnante ! Dans la montée je sens quelqu’un qui me remonte. J’essaye de remettre de la vapeur pour garder la distance. Et à la faveur de la descente, assez technique avec pas mal de caillasse, je me fais plaisir. Je ne reverrai jamais ce garçon. Arrivée à Malaucène – Le Grozeau, l’orage qui a commencé dans le descente est maintenant à son apogée. Grosse surprise, je vois Chris et Phil à l’abri. A la faveur de la descente j’ai repris le terrain perdu pendant ma période à vide. J’ai le moral au top ! Je prends une soupe chaude, et 2mn après, repars juste derrière Chris et Phil. Décidément il était écris que nous ferions cette course ensemble ! J’envisage maintenant de finir en moins de 14h.

Le Grozeau – Gigondas 103km

Chris a les jambes lourdes. Moi je suis au mieux. Je le passe et espère rejoindre Phil. A la faveur de nouvelles longues lignes droites sur la route (again and again …) je le vois avec un avec un autre coureur - le 55 - qui nous avait rejoint à Veaux.

Chris me repasse et me distance sur son terrain favori. Et ho surprise, alors que le chemin fait un 90° avec une route, je vois Chris devant mais plus Phil et le 55 ! Je rejoins Chris 20mn plus tard à la faveur d’une montée dans la forêt, et il m’explique qu’ils ont tiré tout droit. Il les a appelé mais sans réponse. Phil m’expliquera à l’arrivée qu’ils s’en sont aperçu et fait demi-tour au bout de 5mn : ouf !

On attaque la montée de St Amand, et Chris n’y arrive plus. Mois je suis très bien. Elle semble ne jamais finir, avec des tours hertziennes annonciatrice de fin tous les 100m ! En haut je cherche un peu le chemin de descente quand arrive le 55. Purée lui il a la patate, car dans les lacets de la route forestière je ne l’avais vraiment pas aperçu ! Et il attaque la descente très glissante - sur de grands cailloux - assez fort. Mais dés que ca devient plus roulant, il part à vive allure. J’essaye de suivre en vain. Nous passons tous les deux le ravito sans y prêter attention, au grand dame des bénévoles. Et là il part surement à plus de 14km/h, et moi je ne peux faire mieux que du 12km/h. Il me mettra 13’ en 6km, et remontera 3 autres coureurs. Je gère ma descente avec le GPS, 200m par 200m, en jetant un coup d’œil derrière moi. Ce serait trop bête de se faire passer au sprint maintenant. L’arrivée sur Gigondas est magique, je ne suis pas trop entamé physiquement en dépit d’une dernière partie mené à vive allure. En 13h04, et toujours à la 19° place, je tiens ma revanche sur 2007 avec mon t-shirt « Rescapé Dentelles Ventoux » J

Sandrine et Manu qui viennent tout juste de débarquer sur l’arrivée m’accueillent avec leurs sourires et embrassade. Je suis Heu-Reux !

Cette fois-ci Yoyo, on aurait pu se la faire ensemble, peut-être ?

dimanche, mai 04, 2008

L’Annecime - Oui William, j’ai été arrogant !

3 mai 2008 - départ à 3h30 !
80km – 4.600D+ (5.600 selon l’organisation)
272 inscrits en solo (relais à 2 et 4 coureurs également possible)
35° / 198 finishers

Photos
La vidéo

Crêt de Chatillon – 20km: 2h10
Lathuile – 40km: 5h20
Bluffy – 65km: 10h

Annecy – 80km: 13h16

William c’est un jeune coureur d’une vingtaine d’années, qui faisait sa première course trail en relais 2 coureurs. Je le double dans la montée du col de la Forclaz, et il me rattrape dans la descente vers Bluffy après mon plus monstrueux – mais pas le seul – coup de barre de la journée. On papote gentiment, grâce à lui je cesse de trop penser au désastre en cours, on accélère doucement, et finalement, contre toute attente, au ravitaillement de Bluffy la machine à courir repart.

Durant notre échange on se raconte un peu nos vies et notre course. Et quand je lui raconte ma déroute du jour, William à le mot dur mais juste : « tu n’aurais pas été un peu arrogant ? » Oups, plein dans le mille.

Et oui, à peine trois ans d’ultra depuis les 100km de Millau et la Fortish’Off qui auront été mes sorties initiatiques. Et déjà plein de suffisance. Croire que parce qu’on a pu s’enquiller les 163km de l’UTMB, des courses ne représentant « que » la moitié peuvent se gérer à la volée. Et bien non.

Cette Annecime c’est mon premier trail montagne de l’année. J’en avais vraiment envie. J’en avais besoin. Emu de venir comme pour une rentrée des classes, après une hivernale tournée principalement vers les skis de fond et rando. Retrouver les anciens copains, en découvrir de nouveau, et puis voir ce que l’on donne en conditions réelles. Retrouver l’émerveillement aux sommets, les plaisirs des descentes tout en appuis légers, la gestion du corps. Et bien malgré tout, je m’y suis pointé en touriste. Je prends le train le vendredi soir et arrive à 22h chez Jacques74 qui m’accueille gentiment chez lui pour la nuit avec Koko, pour une course qui démarre le lendemain matin 3h30. Deux sandwich SNCF et une pomme pour tout repas la veille au soir. Et au petit dej le matin je ne prévois … rien. Heureusement Jacques me recommande chaudement une mixture à lui. L’arrogance rend bête et imprévoyant.

Résultat, après les 20 premiers kilomètres de rêve où je me situe avec un petit groupe de 4 coureurs dans les 10 premiers, un coup d’hypoglycémie violent me stop dans mon élan à la fin de la première grosse montée (1200D+), en arrivant au Crêt de Chatillon, juste avant le premier ravito. Du 20° au 30°, j’essaye de la gérer, en me mettant volontairement en dedans, et en mangeant tout ce que je peux. Et puis ca repart tout doucement. A nouveau je me stabilise dans le classement. Petite déception au ravitaillement du 40° km à Lathuile, mon sac qui devait m’attendre avec mon sandwich n’est pas là. Il me manque. Et bing, vers la fin de la dure montée vers le Rocher du Roux, énormissime-re-gros-coup d’hypo. Cette fois ci les jambes sont toutes molles. Stef me passe en me chambrant amicalement sur mon rapide départ (j’y reviens). Je subis. Dur et interminable traversée dans la neige pour rejoindre Col des Frêtes. Je tombe à plusieurs reprises. A genoux dans neige, je maudis ma bêtise. Arrivée au col je ne suis que l’ombre de moi-même. Je n’ai même plus d’eau pour redescendre les 800D- vers le ravito de Bluffy. Je commence la descente. C’est très raide, il y a des cordes et ca glisse. Je n’y arrive plus. La vue est magnifique sur le lac. Je m’allonge dans la pente et sur le chemin, obligeant les coureurs suivants à me chevaucher. 20 minutes, en mangeant, à attendre que mes jambes veuillent bien retravailler pour moi. Et puis me laisser glisser vers Bluffy, et abandonner … J’entame à nouveau la descente, en marchant tout doucement. Quelques coureurs me doublent, très espacés. Et puis voilà William. Et au fur et à mesure que l’espoir revient en discutant, je pense à ce drapeau UFO que j’ai accroché à mon porte-gourde. Ce fanion que chaque coureur a à cœur d’amener au bout de l’épreuve, qui passe de course en course, symbole de notre sport, d’amitiés, de partage, de volonté. Et puis je ne suis pas en risque physique, comme pour un coup de chaleur (comme sur mes UTMB2006 et Raid Dentelles Ventoux 2007), ni blessé. Tant pis si je mets 20h, en marchant, et en m’arrêtant. Ma conviction est faîte, j’enclenche l’objectif n°2 : finir. Si je suis devenu bête et arrogant, au moins que l’on me reconnaisse (que JE me reconnaisse ?) l’opiniâtreté et la volonté. Les 15 derniers kilomètres seront à l’image des 20 premiers, bien. La corniche du Mont-Veyrier est absolument interminable, car à ce stade on a qu’une envie, plonger enfin sur Annecy. Mais c’est super beau, avec une vue magnifique sur le lac et toute la vallée d’Annecy. Les 800D- vers Annecy sont un régal, à tombeau ouvert. A l’arrivée, je relance un relayeur le long du lac qui finit en marchant. Ca m’aide aussi d’avoir un compagnon sur cette dernière ligne droite. Tapis rouge pour l’arrivée. Yes, 13h et des brouettes et Stef pour m’accueillir. Que rêver de mieux ? De Cimes ? Merci William pour cette belle leçon et bonne continuation dans le trail !

L’Annecime est définitivement une très belle course. Très variée, avec quatre grandes montées, des descentes vertigineuses, des passages très techniques dans la boue, la neige, et sur les cailloux. Peu de ravitaillement (trois), il faut donc savoir être autonome. J’ai régulièrement manqué personnellement d’un peu d’eau. En revanche chaque ravito est très largement fourni.

Je reviens sur le chambrage de Stef et mon départ rapide. Pas mal d’UFO qui me connaissent pensent que je fais une erreur en partant vite. Effectivement ca me joue quelques fois des tours. Mais ma philosophie, c’est que si je fais des courses, c’est aussi pour voir ce que le Steph il a dans le ventre. Sinon on fait des Off, ce que je fais aussi régulièrement, et c’est une autre façon de courir. Pour faire une perf, il ne faut pas être tranquille, mais se mettre volontairement au-dessus des sa zone de confort. Ca a parfaitement fonctionné par exemple au Trail des Aiguilles Rouges 2007, ou à l’Eco-Trail de Paris en février dernier. C’est ce qui me fera progresser, et me donnera confiance, quand ca passera plus régulièrement.

La leçon de l’Annecime, c’est que l’expérience ne doit pas me faire négliger la préparation, même des choses les plus minimes. Tout compte. Rester humble. La bonne nouvelle, c’est que mon corps est parfaitement prêt pour cette saison. Les jambes ont parfaitement répondus, le cardio est au poil pour suivre les pelotons de tête. Cette Annecime je dois pourvoir la gérer en moins de 12h. On verra ca en 2009 !

Le prochain objectif est ma revanche sur le Raid Dentelles Ventoux, et sa chaleur après le Ventoux au retour vers Gigondas.

dimanche, avril 13, 2008

Il y a bien longtemps dans une commune lointaine, très lointaine....

12 avril 2008 - Off du 133° relais du MegaTOFF
50km - 1880D+
Photos

Comme dans la célèbre double trilogie , le 133° relais du MegaTOFF se raconte d'abord par la fin. Et c'est Phil (Philippe Billard) qui fait la voix off du deuxième opus.

.... la commune de Montmartre était alors envahie par les soldats de L'Empire, ennivrés de leurs derniers succés faciles sur les rebelles de la commune.

3h45 : épisode IV - Un Nouvel Espoir
- rédigé par Phil
Un petit récit vite fait mal fait du petit tour de Stéph (l'ultra) dans Montmartre. Vite fait, forcément, parce que je suis arrivé un peu avant 4 h du mat' alors que notre gugus courait déjà depuis minuit. Mal fait aussi, parce qu'il n'y a pas grand chose à raconter à part qu'on a monté, qu'on est redescendu, qu'on est remontés, et puis qu'on est redescendus... et tiens, on est allés se balader dans les rues de la butte, et on est redescendus de l'autre côté, et enfin devinez quoi ? Ouais, on est remontés.

En trois heures trente d'accompagnement, on a beaucoup causé, et ça c'était vraiment chouette. ça monte, ça descend, ça cause. ça monte, ça descend, ça cause. ça cause en même temps que ça monte et ça cause en même temps que ça descend. Si on factorise, ça cause quand ça monte et quand ça descend. Hé hé. La classe, on a fait vraiment fort sur ce coup non ?

Après la factorisation, non, en même temps que la factorisation, on a développé des mètres "plus" et des mètres "moins". Mais c'étaient surtout les "plus" qui nous intéressaient. Près de 900 à ajouter à mon compteur 100 km+, qui a suivi ces derniers temps une pente nulle, à défaut d'être négative. En kilométrage, pas grand chose, mais Stéph a calculé pour son relais un peu particulier environ 50 km et plus de 1800 m+. Pas mal non ?

4h30 : épisode V - L'Empire Contre-Attaque - rédigé par Phil
Suite à tous ces calculs, non, en même temps que tous ces calculs, on a pu tester notre algèbre sur le nombre de bouteilles d'alcool explosées sur le parvis devant le Sacré Coeur. Très vite, nous avons eu cette angoisse indescriptible face à l'infini(et puanteur des lieux). Quand je pense qu'on râle contre les trailers qui balancent leurs gels loin dans les fourrés, j'imagine le résultat avec un trailer-fêtard-bourré.

A force d'allers retours (et de mollets, et de cuisseaux), le Stéph est devenu une vraie star locale. Tout le monde nous parlait tendrement : "méééeeeheueeueuheuuee... méé... heuuuuuu.... hiiipsssss.... méééé keussss ktu courrrr comsssssssssa t... t... t... tttoi ?", ou plus clair et poli : "vous êtes des sportifs [sic], ça se voit, mais vous n'auriez pas une cigarette par hasard ?". Ah non jeune fille, juste une paire de godasses qui puent, mais on en a besoin, reviens tout à l'heure !

6h00 : épisode VI - Le Retour du Jedi - rédigé par Phil
Au petit matin, Thomas, un jeune pote de Stéph nous rejoint et on l'initie à l'inutile. Il est bien ce petit, il pige vite, Stéph m'avait prévenu. Visiblement, il adore ça. A 16 ans, c'est la classe non ? On monte, on descend, on cause, on factorise, on développe, on ne compte plus les vomis, bouteilles jetées tâches de sang. C'est le paysage apocalyptique des alentours directs du sacré coeur mais Stéph a la bonne idée de s'en éloigner un peu pour ses allers retours.

Le bougre est bien régulier, bien costaud, il a bien un mini coup de barre, mais c'est vraiment parce qu'il me l'a dit. Sinon, nickel. Juste qu'il va pas très vite, hé hé, mais ça me va bien comme ça, devinez quoi ? Bah ouais, on peut causer. Qu'est-ce qu'on a causé ! Je passe d'un extrême à l'autre en deux jours. Avant hier, le bonheur complet avec mister el sangliator. Expérience minimaliste, silencieuse, presque religieuse dans le respect de la nuit, des étoiles et des voitures de location. Aujourd'hui, le bonheur complet avec l'ultrasteph. Expérience maximaliste, blablabla, montée, descente, montée... et toujours, faut-il le préciser, une vue à couper le souffle sur les lumières de la plus belle ville du monde encore endormie.

Et quand elle finit par se réveiller, cette belle ville, nous laissons à Steph le soin de décider du nombre de montées/descentes à faire. Ce sera trois et après : p'tit déj. On enquille ça un peu plus vite que les précédentes, et on se retrouve dans le bar de la Bohème du Tertre, devant un p'tit déjeuner bien sympa, offert par celui qui vient de s'enquiller 7 h 30 de sport passion, à compter les marches de la Butte Montmartre. Et bien sûr, j'ai oublié de dire bon appétit au début, et merci à la fin. Quel goujat je fais.

Gaël, comme d'hab est en retard, mais pas son binôme. On se pèle en l'attendant, on lui prépare une arrivée salée, en compagnie du Gégéhaut, plus en forme que jamais, et de son Isabelle, qui s'est fait frapper par... hé non, pas par son homme, juste par un arbre. Zabou, ça m'a fait de la peine de voir ton zoli visage dans cet état, fais quand même gaffe quand tu cours avec le "haut", pense quand même à regarder en bas de temps en temps ! (ah, l'amuuurrr)

On voit finalement le Gaël arriver à fond en Vélib'. Une petite digression au passage... Quand vous arrivez en retard, prenez votre temps, car de toute façon, vous ETES en retard. Par contre, pour vous assurer la sympathie de ceux qui vous attendent, prenez au moins la peine de finir comme un taré, histoire de montrer que vous avez fait le max pour arriver à l'heure. Vous ne serez bien accueilli que la langue pendante, notez bien cela ! Notre Gaga national l'a bien compris, on le voit arriver, tel Lance Armstrong chevauchant le Ventoux une seringue restée plantée dans la cuisse, l'air décidé, pressé, et même un soupçon désolé. Trop fort. Manque de bol on t'a vu monter sans les mains et en sifflant en regardant d'en haut !

Mais, mais mais mais mais, comme il est vraiment très très fort, il a apporté les croissants. Et comme il est encore plus fort que ce que vous pouvez imaginer, il nous laisse baver l'air de rien en attendant qu'on ait fini de le chambrer (très très gentiment, c'est lui qui a les clés de nos estomacs affamés). Ensuite, la récompense. Je crois que c'était un pain au chocolat. Je dis "je crois" parce que j'ai eu à peine le temps de le voir, il était déjà sur orbite, désintégré, avalé, englouti tel un minuscule Titanic dans l'océan de mes sucs gastriques. Prêt à m'avaler celui qui restait, le chef m'a gentiment fait comprendre qu'il se le réservait. mfff ggrrffff gnarkkfffff rrrfffffronfff schlak schkallllfff. ok.

Et ils s'en furent, après les photos de circonstance, en direction du Nord, puis de l'Est.

Merci mon p'tit Stéph, pour la chouette balade, pour le petit déj, pour la causette, pour le phénomène de 4x4 ans que tu m'as présenté. J'ai bien fait de venir.



00h00 : épisode I - La Menace Fantôme - rédigé par US
Tout commenca par la prise de relais à Vincenne. Pierre (Soul94), conscient que la fragile commune de Montmartre courrait un grâve danger, me confie le Fanion-Laser et m'offre une bierre spéciale de sa constellation qui donne le courage de défier le terrible Dark-Vador. Après les traditionnelles photos, me voici parti en direction de l'étoile Eiffel Tower. Entrée dans Paris ville lumière, du coup pas besoin de frontale. On sent que l'Empire impose doucement son mode de vie : population ivre morte, courses poursuites de voitures de police, odeurs de dioxyde de carbone. Au détour de Nation, République, Magenta, et Pigalle, je ne peux que constater les dégats des forces du mal. Arrivé sur la Commune de montmartre vers 00h45, je commence mon tavail de reconnaissance du territoire, et gravit mes premiers escaliers. Première constatation qui m'est favorable : les victoires et la confiance les ont rendu faibles. Ils ne savent plus monter ou descendre les marches sans leur drôle de machine (un "funiculaire", sorte de vaisseau sans conducteur), et vivent avachis sur des marches et dans l'herbe à boire détranges beuvrages qui rendent un peu bête. Leur language semble devenir de plus en plus inepte.

02h00 : épisode II - L'attaque des Clones - rédigé par US
Après environ 1h15 de reconnaissance en territoire ennemie, et alors que les quelques vigies de l'Empire ne dont même plus attention à moi, la Princesse Lea et Obi-Wan Kenobi (sous les noms d'emprunts de Zabou et GGO) viennent me donner les dernières consignes de la République. Ils constatent avec moi que les soldats de l'Empire sont pareils à des clones. Le parking de la Basilique est devenu un véritable Tuning Show, avec des véhicules portes ouvertes crachant de la musique à donf, et les clones attaquant les derniers rebelles en leur lancant des bouteilles de bierre en verre du haut des escaliers. En repartant, Zabou et GGO me propose de me ressourcer 15mn dans leur vaisseau amiral stationné tout près (constellation de la Poissonnière). Un coca, un café, un yahourt, et la force est de nouveau avec moi.

03h30 : épisode III - La Revanche des Sith- rédigé par US
Je repars seul sur la Commune, mais un sms de Phil m'annonce son renfort imminent, et Tom m'a promis son soutient vers 6h. Alors que les clones ont fini d'anéentir les derniers rebelles et sombrent dans l'ivresse, je me refais quelques séries de marches. Portant le score à environ 25 kilomètres et 1000D+. Phil arrive sur le parking, il en fait tomber ses clés d'émotion. La revanche de la république pour la reconquète de la commune peut commencer ....

Merci pour vos nombreux dons à Children & Future

samedi, avril 12, 2008

La MegaTOFF Montmartre D+ : c'est fait !

Pierre - Soul94 m'a passé son relais et le beau fanion de la MegaTOFF à minuit hier soir (vendredi 11 avril). Il porte bien son pseudo, il a commencé par me souler à la binouze à Minuit

Grâce à Zabou&GGO, Phil, et Tom qui se sont relayés à mes côtés cette nuit, 50km et 1880D+ sur Montmartre cette nuit (minuit -> 7:30 am). A 3h du mat, c'était le Tuning Show en haut de la butte : sono à donf et jet de bouteilles de bierre dans les escaliers

Relais passé - après un bon petit dej - à Gael arrivé en Velib, en sueur, et avec des croissants. Il part en direction du Stade de France pour finir via un GR à Eurodisney : faut pas qu'il pense battre mon D+ avec la nouvelle attraction de l'ascenseur !

S./FM
PS1: bonne nuit !
PS2: un CR plus détaillé avé les photos + tard
PS3: console de jeux