lundi, juin 02, 2008

Les 15 lacs Vosgiens enfin vaincus !

Off des 15 lacs - De Masevaux au Lac Blanc
21h45 - 110km - 4.700D+

Le Compte Rendu de Val
Photos

3 ans que cette ballade n'aboutit pas (blessure, motivation, temps, bierre, etc ... cf édition 2007). Voilà maintenant une chose de faite avec Eric, DidierP, Sylvain alias GGO, et Val. Un nouveau défi Vosgien va devoir être trouvé, et il semblerait que Didier soit déjà en plain travail de préparation.

Après un départ à 21h vendredi soir, nous avons affronté le froid, le vent, la pluie, la nuit, le brouillard, les prouts, l'orage, le café aux somnifères de véro (épouse de DidierP). Mais chaque lac a pu être validé par un jet de cailloux de l'huissier de service Val. Les deux monstrueux ravito de la ferme de la Huss et au col de la Schlurt ont revitalisé et réchauffé tout le monde. Arrivé vers 18h samedi au lac Blanc à demi-rempli et un gros cailloux de validation.

Mention spéciale à GGO qui arrive à faire rentrer tous les rayons alimentations d'une grande surface dans un sac de 17 Litres... un nouveau genre d'épicerie arabe façon montagne.

Un grand merci à Véro et Didier pour l'hospitalité. BBQ royal !

mardi, mai 20, 2008

Grand Raid Dentelles Ventoux - On the road again, again …

17 mai 2008
103km – 4.000D+
13h04 et 19° / 220 au départ en solo (54km et relais à 2 coureurs également possible)

Prologue

En 2007, la course avait été caniculaire et avait provoqué mon abandon aux Rissas ( 73°km). Dommage car avec Yoyo qui a fait une superbe 4° place nous étions dans un bon rythmes jusqu’à Brantes, avant le grand coup de chaud. J’avais donc une envie particulière de voir ce qu’il y’avait après Les Rissas …

Avant-course

Le vendredi soir l’accueil des bénévoles commence dés l’arrivée en TGV en gare d’Orange. C’est le même que l’année dernière, on se reconnait de suite. Ambiance. Sandrine et Manu m’ont appelé dans le TGV pour m’annoncer qu’au debrief le Ventoux sera avorté à 1500m pour cause d’orage dangereux. Tant pis, mais normal. Cette année, c’est top confort, je n’aurais pas à planter la tente à côté du terrain de tennis, mais un bon lit confortable au pied du départ dans un grand dortoir. Pour la veille de la course ca n’est pas forcément trop important (départ à 4h30), mais au retour, ca change tout ! Dans le dortoir je croise l’ami Kourpavix (Christophe David) toujours tout sourire. Manque juste Yoyo …

Gigondas – Le Paty 18km

Je croise Françoise qui part sur le 54km - mais sans voir Antranik -, Maxime – ca fait plaisir depuis le Raid de Joucques 2007, et quelques autres UFO (kourpavix, Batman, Mitch, …).

Le départ est retardé de 15mn, et à 4h45, 220 frontales partent à l’aventure. Perso j’ai gardé ma toute petite frontale eLite de Petzl à 45g testée à l’Annecime qui fait merveille. Au bout de 15mn je me retrouve sur l’avant de la course avec une position qui ne variera quasiment plus de toute la course. J’arrive à niveau avec un gars qui fait gling-gling (ne pas confondre avec le nain qui fait bling-bling) : Philippe. On va se revoir pendant toute la course. La clochette c’est pour prévenir qu’il arrive dans les descentes et pour les touristes sur les off. Pas mal. C’est essentiellement de la route au début, puis un mono-trace très sympa qui donne l’impression d’accélérer. Le fantôme de Yoyo, ou mon coureur virtuel est toujours là. Le virage à gauche qui permet de prendre le sentier à partir de la route est toujours aussi difficile à voir. La preuve devant moi deux coureurs le loupe. L’année dernière c’était un groupe de 4/5 coureurs qui revenaient.

La Paty – La Combe Curnier 30km

Toujours facile, je pense que les positions s’établissent déjà bien puisque je ne remonte personne et que personne ne double non plus. Ma cheville gauche – consécutif à mon accident de moto 20 jours avant - me fait souffrir sur les pierriers assez nombreux. Heureusement ca ne durera pas plus de deux heures. Une fois échauffé, heureux miracle de la nature, la cheville se fera presque totalement oublier. J’arrive sur le PC de Curnier en 2h45, ce qui est plutôt pas mal. Contrôle des sacs : ca c’est une vraie nouveauté sur un trail ! Faut tout sortir, l’aspi venin, la flotte, la bouffe, la veste pluie. Plutôt une bonne initiative.

Curnier – Brantes 57km

Et hop s’engage la montée sur le Mont Ventoux par un large chemin forestier. Beaucoup moins rigolo que la montée par le canyon dans le rocher de l’année dernière. Problème d’autorisation je crois. Dans la montée je fais la connaissance de Louis, tout de jaune vêtu, qui a une bonne relance depuis La Paty. Un peu comme Yoyo … Comme souvent dans les montés, il commence par me distancer un peu, et puis finalement je le remonte, puis le dépasse. J’suis un peu diesel quand même dans les changements de rythme. Les montés sont assez raides, mais je les connais bien, et donc ne suis pas surpris. Finalement on arrive assez vite sur le chemin forestier à 1500m, que l’on suit jusqu’à la route qui descend à la station du Serein. On the road again … Là je ne suis jamais à la fête car il ya toujours des coureurs beaucoup mieux armés que moi sur les portions roulantes. Gling, gling, voilà Phil qui revient sur moi tel un métronome et me passe très à l’aise. On entame la descente du Ventoux avec les 400m de pierriers en moins, ce qui se ressentira en bas. Je l’aborde prudemment, d’abord pour ne pas entamer la bonne santé des mes fibres des quadri, et ensuite pour ne pas trop solliciter ma cheville gauche. Arrivé en sur le sentier en bas rencontre du troisième type avec Le Sanglier, Sandrine, et sa sœur. Très sympa le Manu cette fois-ci : pas de « mais que fais tu ici ? Tu as coupé ? » (cf EcoTrail). Juste « le Mitch il est 25mn devant ». Ouais t’as raison je vais accélerer pour me le faire, rires ! J’arrive à Brantes avec une bonne patate et on m’annonce 19°, alors que j’estimais être dans les … 20 premiers !

Brantes – Veaux 71km

Comme sur les autres ravito, je ne reste guère que 2 minutes sur celui-ci. Un peu de soupe, vite un mélange d’eau et de coca dans la gourde, et aussi pour la première fois le remplissage de la poche à eau. Et je sors le sandwich magique. Quelques mètres plus loin, je rejoins gling gling Phil et Christophe, un jeune marathonien de Vincennes très fin qui explore brillamment l’ultra trail. Il est très fort sur partie roulante, un peu plus hésitant sur les sentiers, et notamment en descente. Pour l’instant il refait son sac, et Phil file sur la route (again). Je mange tranquillement mon sandwich, en fait seulement le quart, le reste étant pour les oiseaux, en marchant. J’appréhende le fameux terrain de moto-cross où tant de monde s’était égaré dans la farniente en 2007. Et là tout va bien, ca se monte rapidement (alors qu’en 2007 c’était le début des éléphants roses), pas d’hésitation sur le chemin à emprunter, et hop déjà une descente !

Avant le pont et la route vers le grand canyon, je n’oublie de m’abreuver au robinet repéré l’année dernière, juste par superstition !

Sur la route me rejoignent Christophe le marathonien et un trailer avec un maillot de vélo. Décidément la route ce n’est pas mon truc – again … - Dés l’entame du canyon, alors que je propose à mes compagnons de route de passer, je les distance dans la petite mais raide descente. Et je rejoins du coup l’ami gling-gling Phil. Ha ces coureurs sur route, de vrai danseuse dés qu’il y a un peu de cailloux et de pente, rires !

Nous allons faire tout le canyon à quatre, mais jamais aux mêmes allures, mais jamais à faire le yoyo (pas Yoyo) à plus de dix mètres les uns des autres. Quel facilité par rapport à 2007 ! Et bing dans l’entame de la descente vers Veaux un méga coup de plus rien. Rien dans les jambes, une énorme envie de vomir. Et pourtant à nouveau je double et distance mes camarades, mais vraiment par gravité, car je ressens plus rien ! Ca se confirme sur le bout de route (again and again …) où mes compagnons se font la belle. Je les retrouve au ravito de Veaux qui est cette année 800m plus loin, à l’ombre ! Phil et Christophe sont assis. Moi aussi je réclame ma chaise pour manger un bout et tenter de récupérer un peu d’énergie. Je ne comprends pas : j’ai mangé comme un goret la veille et ce matin, bien alimenté en course et en eau également sans exagération. Au bout de cinq minutes, je décide de repartir, juste derrière Chris et Phil.

Veaux – Le Grozeau 80km

Bien entendu ils me larguent immédiatement vu les gros rochers à enjamber. Toujours vide de sensations, je patiente et évoque une hypothèse. Vu que depuis de la course l’orage n’est pas loin, il fait très lourd, n’aurais-je pas bu finalement de trop ? Car mes symptômes sont très proches du coup de chaleur. Ma stratégie de récupération : je ne bois plus qu’une gorgée toutes les 30’ et mange correctement. J’arrive péniblement au PC des Rissas. L’année dernière j’y avais abandonné, il y avait un malheureux 4x4 et une palette de flotte. Ouhaaa, cette année c’est un vrai stand, chaque arrivée est sous les hourras des nombreux bénévoles et la corne de brume fait croire à une arrivée de la Figaro ! Et pourtant je ne veux pas y rester, superstition encore. Je vois sur la table de la fougasse et un sandwich merguez : « je peux ? » Regard ahuri des bénévoles qui me voit repartir avec le sandwich au lèvre et les poches pleines de fougasse. Et ca me fait un bien fou de manger autre chose que du sucrée. Et en plus miracle une descente qui me permet de mâcher tranquillement. Après un charmant petit village, ca remonte bien et dans la boue cette fois ci. La forme semble revenir doucement. C’était donc bien une hyper hydratation, et ma stratégie – moins boire et merguez – est gagnante ! Dans la montée je sens quelqu’un qui me remonte. J’essaye de remettre de la vapeur pour garder la distance. Et à la faveur de la descente, assez technique avec pas mal de caillasse, je me fais plaisir. Je ne reverrai jamais ce garçon. Arrivée à Malaucène – Le Grozeau, l’orage qui a commencé dans le descente est maintenant à son apogée. Grosse surprise, je vois Chris et Phil à l’abri. A la faveur de la descente j’ai repris le terrain perdu pendant ma période à vide. J’ai le moral au top ! Je prends une soupe chaude, et 2mn après, repars juste derrière Chris et Phil. Décidément il était écris que nous ferions cette course ensemble ! J’envisage maintenant de finir en moins de 14h.

Le Grozeau – Gigondas 103km

Chris a les jambes lourdes. Moi je suis au mieux. Je le passe et espère rejoindre Phil. A la faveur de nouvelles longues lignes droites sur la route (again and again …) je le vois avec un avec un autre coureur - le 55 - qui nous avait rejoint à Veaux.

Chris me repasse et me distance sur son terrain favori. Et ho surprise, alors que le chemin fait un 90° avec une route, je vois Chris devant mais plus Phil et le 55 ! Je rejoins Chris 20mn plus tard à la faveur d’une montée dans la forêt, et il m’explique qu’ils ont tiré tout droit. Il les a appelé mais sans réponse. Phil m’expliquera à l’arrivée qu’ils s’en sont aperçu et fait demi-tour au bout de 5mn : ouf !

On attaque la montée de St Amand, et Chris n’y arrive plus. Mois je suis très bien. Elle semble ne jamais finir, avec des tours hertziennes annonciatrice de fin tous les 100m ! En haut je cherche un peu le chemin de descente quand arrive le 55. Purée lui il a la patate, car dans les lacets de la route forestière je ne l’avais vraiment pas aperçu ! Et il attaque la descente très glissante - sur de grands cailloux - assez fort. Mais dés que ca devient plus roulant, il part à vive allure. J’essaye de suivre en vain. Nous passons tous les deux le ravito sans y prêter attention, au grand dame des bénévoles. Et là il part surement à plus de 14km/h, et moi je ne peux faire mieux que du 12km/h. Il me mettra 13’ en 6km, et remontera 3 autres coureurs. Je gère ma descente avec le GPS, 200m par 200m, en jetant un coup d’œil derrière moi. Ce serait trop bête de se faire passer au sprint maintenant. L’arrivée sur Gigondas est magique, je ne suis pas trop entamé physiquement en dépit d’une dernière partie mené à vive allure. En 13h04, et toujours à la 19° place, je tiens ma revanche sur 2007 avec mon t-shirt « Rescapé Dentelles Ventoux » J

Sandrine et Manu qui viennent tout juste de débarquer sur l’arrivée m’accueillent avec leurs sourires et embrassade. Je suis Heu-Reux !

Cette fois-ci Yoyo, on aurait pu se la faire ensemble, peut-être ?

dimanche, mai 04, 2008

L’Annecime - Oui William, j’ai été arrogant !

3 mai 2008 - départ à 3h30 !
80km – 4.600D+ (5.600 selon l’organisation)
272 inscrits en solo (relais à 2 et 4 coureurs également possible)
35° / 198 finishers

Photos
La vidéo

Crêt de Chatillon – 20km: 2h10
Lathuile – 40km: 5h20
Bluffy – 65km: 10h

Annecy – 80km: 13h16

William c’est un jeune coureur d’une vingtaine d’années, qui faisait sa première course trail en relais 2 coureurs. Je le double dans la montée du col de la Forclaz, et il me rattrape dans la descente vers Bluffy après mon plus monstrueux – mais pas le seul – coup de barre de la journée. On papote gentiment, grâce à lui je cesse de trop penser au désastre en cours, on accélère doucement, et finalement, contre toute attente, au ravitaillement de Bluffy la machine à courir repart.

Durant notre échange on se raconte un peu nos vies et notre course. Et quand je lui raconte ma déroute du jour, William à le mot dur mais juste : « tu n’aurais pas été un peu arrogant ? » Oups, plein dans le mille.

Et oui, à peine trois ans d’ultra depuis les 100km de Millau et la Fortish’Off qui auront été mes sorties initiatiques. Et déjà plein de suffisance. Croire que parce qu’on a pu s’enquiller les 163km de l’UTMB, des courses ne représentant « que » la moitié peuvent se gérer à la volée. Et bien non.

Cette Annecime c’est mon premier trail montagne de l’année. J’en avais vraiment envie. J’en avais besoin. Emu de venir comme pour une rentrée des classes, après une hivernale tournée principalement vers les skis de fond et rando. Retrouver les anciens copains, en découvrir de nouveau, et puis voir ce que l’on donne en conditions réelles. Retrouver l’émerveillement aux sommets, les plaisirs des descentes tout en appuis légers, la gestion du corps. Et bien malgré tout, je m’y suis pointé en touriste. Je prends le train le vendredi soir et arrive à 22h chez Jacques74 qui m’accueille gentiment chez lui pour la nuit avec Koko, pour une course qui démarre le lendemain matin 3h30. Deux sandwich SNCF et une pomme pour tout repas la veille au soir. Et au petit dej le matin je ne prévois … rien. Heureusement Jacques me recommande chaudement une mixture à lui. L’arrogance rend bête et imprévoyant.

Résultat, après les 20 premiers kilomètres de rêve où je me situe avec un petit groupe de 4 coureurs dans les 10 premiers, un coup d’hypoglycémie violent me stop dans mon élan à la fin de la première grosse montée (1200D+), en arrivant au Crêt de Chatillon, juste avant le premier ravito. Du 20° au 30°, j’essaye de la gérer, en me mettant volontairement en dedans, et en mangeant tout ce que je peux. Et puis ca repart tout doucement. A nouveau je me stabilise dans le classement. Petite déception au ravitaillement du 40° km à Lathuile, mon sac qui devait m’attendre avec mon sandwich n’est pas là. Il me manque. Et bing, vers la fin de la dure montée vers le Rocher du Roux, énormissime-re-gros-coup d’hypo. Cette fois ci les jambes sont toutes molles. Stef me passe en me chambrant amicalement sur mon rapide départ (j’y reviens). Je subis. Dur et interminable traversée dans la neige pour rejoindre Col des Frêtes. Je tombe à plusieurs reprises. A genoux dans neige, je maudis ma bêtise. Arrivée au col je ne suis que l’ombre de moi-même. Je n’ai même plus d’eau pour redescendre les 800D- vers le ravito de Bluffy. Je commence la descente. C’est très raide, il y a des cordes et ca glisse. Je n’y arrive plus. La vue est magnifique sur le lac. Je m’allonge dans la pente et sur le chemin, obligeant les coureurs suivants à me chevaucher. 20 minutes, en mangeant, à attendre que mes jambes veuillent bien retravailler pour moi. Et puis me laisser glisser vers Bluffy, et abandonner … J’entame à nouveau la descente, en marchant tout doucement. Quelques coureurs me doublent, très espacés. Et puis voilà William. Et au fur et à mesure que l’espoir revient en discutant, je pense à ce drapeau UFO que j’ai accroché à mon porte-gourde. Ce fanion que chaque coureur a à cœur d’amener au bout de l’épreuve, qui passe de course en course, symbole de notre sport, d’amitiés, de partage, de volonté. Et puis je ne suis pas en risque physique, comme pour un coup de chaleur (comme sur mes UTMB2006 et Raid Dentelles Ventoux 2007), ni blessé. Tant pis si je mets 20h, en marchant, et en m’arrêtant. Ma conviction est faîte, j’enclenche l’objectif n°2 : finir. Si je suis devenu bête et arrogant, au moins que l’on me reconnaisse (que JE me reconnaisse ?) l’opiniâtreté et la volonté. Les 15 derniers kilomètres seront à l’image des 20 premiers, bien. La corniche du Mont-Veyrier est absolument interminable, car à ce stade on a qu’une envie, plonger enfin sur Annecy. Mais c’est super beau, avec une vue magnifique sur le lac et toute la vallée d’Annecy. Les 800D- vers Annecy sont un régal, à tombeau ouvert. A l’arrivée, je relance un relayeur le long du lac qui finit en marchant. Ca m’aide aussi d’avoir un compagnon sur cette dernière ligne droite. Tapis rouge pour l’arrivée. Yes, 13h et des brouettes et Stef pour m’accueillir. Que rêver de mieux ? De Cimes ? Merci William pour cette belle leçon et bonne continuation dans le trail !

L’Annecime est définitivement une très belle course. Très variée, avec quatre grandes montées, des descentes vertigineuses, des passages très techniques dans la boue, la neige, et sur les cailloux. Peu de ravitaillement (trois), il faut donc savoir être autonome. J’ai régulièrement manqué personnellement d’un peu d’eau. En revanche chaque ravito est très largement fourni.

Je reviens sur le chambrage de Stef et mon départ rapide. Pas mal d’UFO qui me connaissent pensent que je fais une erreur en partant vite. Effectivement ca me joue quelques fois des tours. Mais ma philosophie, c’est que si je fais des courses, c’est aussi pour voir ce que le Steph il a dans le ventre. Sinon on fait des Off, ce que je fais aussi régulièrement, et c’est une autre façon de courir. Pour faire une perf, il ne faut pas être tranquille, mais se mettre volontairement au-dessus des sa zone de confort. Ca a parfaitement fonctionné par exemple au Trail des Aiguilles Rouges 2007, ou à l’Eco-Trail de Paris en février dernier. C’est ce qui me fera progresser, et me donnera confiance, quand ca passera plus régulièrement.

La leçon de l’Annecime, c’est que l’expérience ne doit pas me faire négliger la préparation, même des choses les plus minimes. Tout compte. Rester humble. La bonne nouvelle, c’est que mon corps est parfaitement prêt pour cette saison. Les jambes ont parfaitement répondus, le cardio est au poil pour suivre les pelotons de tête. Cette Annecime je dois pourvoir la gérer en moins de 12h. On verra ca en 2009 !

Le prochain objectif est ma revanche sur le Raid Dentelles Ventoux, et sa chaleur après le Ventoux au retour vers Gigondas.

dimanche, avril 13, 2008

Il y a bien longtemps dans une commune lointaine, très lointaine....

12 avril 2008 - Off du 133° relais du MegaTOFF
50km - 1880D+
Photos

Comme dans la célèbre double trilogie , le 133° relais du MegaTOFF se raconte d'abord par la fin. Et c'est Phil (Philippe Billard) qui fait la voix off du deuxième opus.

.... la commune de Montmartre était alors envahie par les soldats de L'Empire, ennivrés de leurs derniers succés faciles sur les rebelles de la commune.

3h45 : épisode IV - Un Nouvel Espoir
- rédigé par Phil
Un petit récit vite fait mal fait du petit tour de Stéph (l'ultra) dans Montmartre. Vite fait, forcément, parce que je suis arrivé un peu avant 4 h du mat' alors que notre gugus courait déjà depuis minuit. Mal fait aussi, parce qu'il n'y a pas grand chose à raconter à part qu'on a monté, qu'on est redescendu, qu'on est remontés, et puis qu'on est redescendus... et tiens, on est allés se balader dans les rues de la butte, et on est redescendus de l'autre côté, et enfin devinez quoi ? Ouais, on est remontés.

En trois heures trente d'accompagnement, on a beaucoup causé, et ça c'était vraiment chouette. ça monte, ça descend, ça cause. ça monte, ça descend, ça cause. ça cause en même temps que ça monte et ça cause en même temps que ça descend. Si on factorise, ça cause quand ça monte et quand ça descend. Hé hé. La classe, on a fait vraiment fort sur ce coup non ?

Après la factorisation, non, en même temps que la factorisation, on a développé des mètres "plus" et des mètres "moins". Mais c'étaient surtout les "plus" qui nous intéressaient. Près de 900 à ajouter à mon compteur 100 km+, qui a suivi ces derniers temps une pente nulle, à défaut d'être négative. En kilométrage, pas grand chose, mais Stéph a calculé pour son relais un peu particulier environ 50 km et plus de 1800 m+. Pas mal non ?

4h30 : épisode V - L'Empire Contre-Attaque - rédigé par Phil
Suite à tous ces calculs, non, en même temps que tous ces calculs, on a pu tester notre algèbre sur le nombre de bouteilles d'alcool explosées sur le parvis devant le Sacré Coeur. Très vite, nous avons eu cette angoisse indescriptible face à l'infini(et puanteur des lieux). Quand je pense qu'on râle contre les trailers qui balancent leurs gels loin dans les fourrés, j'imagine le résultat avec un trailer-fêtard-bourré.

A force d'allers retours (et de mollets, et de cuisseaux), le Stéph est devenu une vraie star locale. Tout le monde nous parlait tendrement : "méééeeeheueeueuheuuee... méé... heuuuuuu.... hiiipsssss.... méééé keussss ktu courrrr comsssssssssa t... t... t... tttoi ?", ou plus clair et poli : "vous êtes des sportifs [sic], ça se voit, mais vous n'auriez pas une cigarette par hasard ?". Ah non jeune fille, juste une paire de godasses qui puent, mais on en a besoin, reviens tout à l'heure !

6h00 : épisode VI - Le Retour du Jedi - rédigé par Phil
Au petit matin, Thomas, un jeune pote de Stéph nous rejoint et on l'initie à l'inutile. Il est bien ce petit, il pige vite, Stéph m'avait prévenu. Visiblement, il adore ça. A 16 ans, c'est la classe non ? On monte, on descend, on cause, on factorise, on développe, on ne compte plus les vomis, bouteilles jetées tâches de sang. C'est le paysage apocalyptique des alentours directs du sacré coeur mais Stéph a la bonne idée de s'en éloigner un peu pour ses allers retours.

Le bougre est bien régulier, bien costaud, il a bien un mini coup de barre, mais c'est vraiment parce qu'il me l'a dit. Sinon, nickel. Juste qu'il va pas très vite, hé hé, mais ça me va bien comme ça, devinez quoi ? Bah ouais, on peut causer. Qu'est-ce qu'on a causé ! Je passe d'un extrême à l'autre en deux jours. Avant hier, le bonheur complet avec mister el sangliator. Expérience minimaliste, silencieuse, presque religieuse dans le respect de la nuit, des étoiles et des voitures de location. Aujourd'hui, le bonheur complet avec l'ultrasteph. Expérience maximaliste, blablabla, montée, descente, montée... et toujours, faut-il le préciser, une vue à couper le souffle sur les lumières de la plus belle ville du monde encore endormie.

Et quand elle finit par se réveiller, cette belle ville, nous laissons à Steph le soin de décider du nombre de montées/descentes à faire. Ce sera trois et après : p'tit déj. On enquille ça un peu plus vite que les précédentes, et on se retrouve dans le bar de la Bohème du Tertre, devant un p'tit déjeuner bien sympa, offert par celui qui vient de s'enquiller 7 h 30 de sport passion, à compter les marches de la Butte Montmartre. Et bien sûr, j'ai oublié de dire bon appétit au début, et merci à la fin. Quel goujat je fais.

Gaël, comme d'hab est en retard, mais pas son binôme. On se pèle en l'attendant, on lui prépare une arrivée salée, en compagnie du Gégéhaut, plus en forme que jamais, et de son Isabelle, qui s'est fait frapper par... hé non, pas par son homme, juste par un arbre. Zabou, ça m'a fait de la peine de voir ton zoli visage dans cet état, fais quand même gaffe quand tu cours avec le "haut", pense quand même à regarder en bas de temps en temps ! (ah, l'amuuurrr)

On voit finalement le Gaël arriver à fond en Vélib'. Une petite digression au passage... Quand vous arrivez en retard, prenez votre temps, car de toute façon, vous ETES en retard. Par contre, pour vous assurer la sympathie de ceux qui vous attendent, prenez au moins la peine de finir comme un taré, histoire de montrer que vous avez fait le max pour arriver à l'heure. Vous ne serez bien accueilli que la langue pendante, notez bien cela ! Notre Gaga national l'a bien compris, on le voit arriver, tel Lance Armstrong chevauchant le Ventoux une seringue restée plantée dans la cuisse, l'air décidé, pressé, et même un soupçon désolé. Trop fort. Manque de bol on t'a vu monter sans les mains et en sifflant en regardant d'en haut !

Mais, mais mais mais mais, comme il est vraiment très très fort, il a apporté les croissants. Et comme il est encore plus fort que ce que vous pouvez imaginer, il nous laisse baver l'air de rien en attendant qu'on ait fini de le chambrer (très très gentiment, c'est lui qui a les clés de nos estomacs affamés). Ensuite, la récompense. Je crois que c'était un pain au chocolat. Je dis "je crois" parce que j'ai eu à peine le temps de le voir, il était déjà sur orbite, désintégré, avalé, englouti tel un minuscule Titanic dans l'océan de mes sucs gastriques. Prêt à m'avaler celui qui restait, le chef m'a gentiment fait comprendre qu'il se le réservait. mfff ggrrffff gnarkkfffff rrrfffffronfff schlak schkallllfff. ok.

Et ils s'en furent, après les photos de circonstance, en direction du Nord, puis de l'Est.

Merci mon p'tit Stéph, pour la chouette balade, pour le petit déj, pour la causette, pour le phénomène de 4x4 ans que tu m'as présenté. J'ai bien fait de venir.



00h00 : épisode I - La Menace Fantôme - rédigé par US
Tout commenca par la prise de relais à Vincenne. Pierre (Soul94), conscient que la fragile commune de Montmartre courrait un grâve danger, me confie le Fanion-Laser et m'offre une bierre spéciale de sa constellation qui donne le courage de défier le terrible Dark-Vador. Après les traditionnelles photos, me voici parti en direction de l'étoile Eiffel Tower. Entrée dans Paris ville lumière, du coup pas besoin de frontale. On sent que l'Empire impose doucement son mode de vie : population ivre morte, courses poursuites de voitures de police, odeurs de dioxyde de carbone. Au détour de Nation, République, Magenta, et Pigalle, je ne peux que constater les dégats des forces du mal. Arrivé sur la Commune de montmartre vers 00h45, je commence mon tavail de reconnaissance du territoire, et gravit mes premiers escaliers. Première constatation qui m'est favorable : les victoires et la confiance les ont rendu faibles. Ils ne savent plus monter ou descendre les marches sans leur drôle de machine (un "funiculaire", sorte de vaisseau sans conducteur), et vivent avachis sur des marches et dans l'herbe à boire détranges beuvrages qui rendent un peu bête. Leur language semble devenir de plus en plus inepte.

02h00 : épisode II - L'attaque des Clones - rédigé par US
Après environ 1h15 de reconnaissance en territoire ennemie, et alors que les quelques vigies de l'Empire ne dont même plus attention à moi, la Princesse Lea et Obi-Wan Kenobi (sous les noms d'emprunts de Zabou et GGO) viennent me donner les dernières consignes de la République. Ils constatent avec moi que les soldats de l'Empire sont pareils à des clones. Le parking de la Basilique est devenu un véritable Tuning Show, avec des véhicules portes ouvertes crachant de la musique à donf, et les clones attaquant les derniers rebelles en leur lancant des bouteilles de bierre en verre du haut des escaliers. En repartant, Zabou et GGO me propose de me ressourcer 15mn dans leur vaisseau amiral stationné tout près (constellation de la Poissonnière). Un coca, un café, un yahourt, et la force est de nouveau avec moi.

03h30 : épisode III - La Revanche des Sith- rédigé par US
Je repars seul sur la Commune, mais un sms de Phil m'annonce son renfort imminent, et Tom m'a promis son soutient vers 6h. Alors que les clones ont fini d'anéentir les derniers rebelles et sombrent dans l'ivresse, je me refais quelques séries de marches. Portant le score à environ 25 kilomètres et 1000D+. Phil arrive sur le parking, il en fait tomber ses clés d'émotion. La revanche de la république pour la reconquète de la commune peut commencer ....

Merci pour vos nombreux dons à Children & Future

samedi, avril 12, 2008

La MegaTOFF Montmartre D+ : c'est fait !

Pierre - Soul94 m'a passé son relais et le beau fanion de la MegaTOFF à minuit hier soir (vendredi 11 avril). Il porte bien son pseudo, il a commencé par me souler à la binouze à Minuit

Grâce à Zabou&GGO, Phil, et Tom qui se sont relayés à mes côtés cette nuit, 50km et 1880D+ sur Montmartre cette nuit (minuit -> 7:30 am). A 3h du mat, c'était le Tuning Show en haut de la butte : sono à donf et jet de bouteilles de bierre dans les escaliers

Relais passé - après un bon petit dej - à Gael arrivé en Velib, en sueur, et avec des croissants. Il part en direction du Stade de France pour finir via un GR à Eurodisney : faut pas qu'il pense battre mon D+ avec la nouvelle attraction de l'ascenseur !

S./FM
PS1: bonne nuit !
PS2: un CR plus détaillé avé les photos + tard
PS3: console de jeux

vendredi, avril 11, 2008

Interview Sport FM

A 15h25 en direct live le vendredi 11 matrs, par Céline Dacosta de Sport FM.
Pour parler du MegaTOFF et du défi Montmartre.
A vos postes !
S./_FM

Interview ici

jeudi, avril 10, 2008

133° relais du MegaTOFF > Montmartre pour Children & Future

Ca y'est le relais est calé avec Pierre (Soul94) vers 11h30/minuit vendredi soir à la porte de Vincenne. Un bistrot permettre de prendre le temps de remplir le carnet et d'accrocher solidement le Fanion. Parait qu'il a une facheuse tendance à s'échapper.

Je devrais repartir avec deux camarades du boulot (Stephane et Vincent) vers Montmartre.
Vers 1h on devrait pouvoir commencer les series de grimpettes. Parait il qu'un certain GGO pourrait même faire un peu de D+ avant d'aller dormir.

La nuit va permettre de me battre contre le coureur virtuel des dons pour Children & Future (Phil V as tu reçu des chèques en direct ?).

Au petit matin Gaël (Bombyx), GGO, et Zabou devrait venir me réveiller sur les marches (avec toutes le binouzes que les noceurs de Montmartre ne vont pas manquer de me proposer, je ne vais pas oublier ma couverture de survie). Ensuite direction le doux logis de Zabou pour faire le plain de caféine, et passer le beau fanion à Bombyx.

Vivement demain ! (slogan RPR des années 90 )

dimanche, avril 06, 2008

Marathon de Paris 2008 : je viens de toucher mes limites en Marathon, pour un avenir radieux en Ultra !!!

6 avril 2008 - 35km 2h28

Résumé

  • je viens de battre mon temps au semi : 1h30
  • dans les temps pour 3h au 30°km avec 2h10
  • jamais couru aussi longtemps à 14km/h
  • muscles mollets et quadri tétanisés du 30° au 35°km
  • abandon au 35°km
  • preuve que mon potentiel au marathon est limité probablement sur mon ancien record de 3h15, voir 3h05/10
  • la cause en est surement un physique relativement indapté (trop massif / dense) à ce type d'épreuve trés cassante avec répétition des mêmes gestes sur bitume- en revanche j'ai tout de même sérieusement augmenté ma vitesse, preuve que le trés long ne rend pas (trop) diesel

Commentaires de courses en vrac
  • incroyable le nombre de déchets que peut générer cette course ! Dés la remise du dossard, chez moi je me suis retrouvé à remplir ma poubelle de prospectus. Pas vraiment eco durable le Marathon de Paris ...
  • ensuite c'est surement ma seule course de l'année où même après 30 bornes à 14km/h tout le monde se touche encore, et où le mondre ralentissement provoque la panique. Bof, bof.
  • rayon de lumière avec l'amicale apparition d'Alex vers le 18°km : et je peux vous dire que cette fois ci il ne dormait pas ! (private joke)
  • dommage de ne pas avoir pu croiser Olivier venu spécialement des Alpes du Sud. Une prochaine fois !
  • merci à Damien que je savais pas trés loin au passage dans le XVI°, et désolé de ne pas avoir su relevé notre défi

mardi, mars 25, 2008

Détails du relais 7h D+ à Montmartre pour le MegaTOFF

Vendredi 11 avril minuit : départ au Bois de Vincennes, à l'angle de la rue de la République et de l'Avenue de Paris.
Environ 1h pour rejoindre le pied de la Butte Montmartre en jogging tranquille par le trajet ici, soit 7,4km et 42D+ (whouaaaa ;-)

Les 7h D+ se dérouleront donc de 1h à 8h00.
Rendez vous sur le trajet du funiculaire, implanté entre les places Saint-Pierre et Suzanne-Valadon pour la station basse, et la rue du Cardinal-Dubois pour la station haute.







Les 36 mètres de dénivelé pour une longueur de 108 mètres devront être parcourus 60 fois pour dépasser l'objectif de 2.100m. A moins que les dons pour Children & Future m'obligent à faire plus (formulaire de dons ici) ...


Passage du relais à 8h00 dans un bistrot de Montmartre avec Gaël Obein dit Bombyx.

Envoyez moi un email si vous souhaitez que l'on fasse un bout de chemin ensemble.

Relais du MegaTOFF > 7h D+ de Montmartre pour Children & Future

Dans la soirée du 11 au 12 avril le relais Européen MegaTOFF des Ultra-Fondus débarque sur Paname.

A cette occasion je prend le relais matérialisé par un fanion au Bois de Vincennne le vendredi 11 avril à minuit, pour le rendre à Montmartre.

Et en attendant ? Et bien je rejoins la Butte Montmartre pour un 7h D+. Kesako ? Pendant 7h je monte et redescend la Butte avec pour objectif réaliser le dénivelé cumulé le plus important possible. Objectif raisonnable : 2.100m.

Inutile ? Oui, forcément sinon pourquoi faire ? Gratuit ? Non, grâce à l'association Children & Future.

Children & Future est une association qui aide au financement d'opérations chirurgicales d'enfants atteints de malformations cardiaques
Vous avez la possibilité de faire un don en téléchargeant et en renvoyant le bulletin dédié.

Conséquence de votre don ?
1/ Children & Future a déjà promis de verser 5000 euros dans le cadre de l'Ultrafondus Méga Toff, l'objectif est de doubler cette somme
2/ Faire avancer un coureur virtuel qui doit rattraper les relayeurs de la MegaTOFF à raison de 1€ pour 2km
3/ Faire avancer un coureur virtuel sur mon relais et motiver à en faire plus, à raison de 1€ pour 2m de dénivelé. Je m'engage personnellement à battre le coureur virtuel (mon dieu, pourvu que personne ne fasse un chèque de 10k€ !!!)
4/ 66% de votre don déductible de votre impôt sur le revenu : faites abonder votre don par Christine Lagarde !

Vous êtes les bienvenus pour me rejoindre sur le parcours, passer un peu de temps ensemble, à n'importe quelle heure, pour n'importe quelle distance. Envoyez moi un email ou commentaire à ce post.


Les Ecrins avec Montagne Pub ? C’est trop fort !

Séjour montagne du 14 au 16 mars 2008

Camp de base : gîte du plateau de la Pousterle – gardien et propriétaire : Bernard - refuge.pousterle@laposte.net
Courses :
- Col des Queyrettes - 1800D+ / 24km -
Fichier .kml pour Google Earth
- Tête du Crachet - 940D+ / 8km - Fichier .kml

Prologue

Ca fait quelques temps que mon potos Emanuel Szendroï me parle de l’assos Montagne Pub et de ses merveilleuses sorties. Alors cette saison étant à marquer sous le sceau de la neige précoce depuis le 17 novembre et de nombreuses sorties fonds et rando, je dis banco pour un week end dans une région que je re-découvre, les Alpes du Sud, et plus particulièrement Les Ecrins.


Vendredi 14 Mars

Le jeudi soir nous devons prendre le train de 20h25 à la gare d’Austerlitz, avec un rassemblement autour de GO Thomas Frabre à 20h. Tranquilou je m’apprête à partir de chez moi vers 19h, mon rétro-planning m’autorisant 15 à 20m, de rabe pour prendre un journal. Le bigophone vibre, c’est Thomas : « ben heu finalement le train part à 20h05 !». Bon ben y’a plus de rabe, faut vraiment y aller !

Finalement tout le monde arrive à l’heure pour prendre le train, et nous faisons rapidement connaissance : Cathy (Catherine Leroy), Jérôme Conigliano, Stéphane Vallez, Thomas, Nicolas Coudurier, et Manu. Alberic Philipon n’arrivera que le lendemain. Je crois bien que je serais le seul à correctement dormir dans le train.

Au petit matin, accueil de rêve par notre deuxième GO local, Olivier Broumault, en charge de la logistique sur place, et qui nous accompagnera le vendredi et le dimanche. Petit déj royal pas vraiment diététique – mais on s’en fout, on a la dalle - au bistrot/hôtel près de la gare. Puis perception du matériel à Puy St Vincent. Bref à 12h, on n’a toujours pas décollé : premier constat, c’est lourd à tirer un groupe Montagne Pub, rires !

Puis finalement le petit groupe s’ébroue pour enfin poser les pieds sur les skis. Une route forestière de 3,5km et 300D+ nous amène droit sur un petit paradis : le refuge de Pousterle. Nous y accueille Bernard, le tenancier. On enchaine sur les Têtes 300D+ plus haut, où un petit exercice d’Arva y est organisé … sans grand enthousiasme. La vue est magnifique, on en profite plutôt pour faire connaissance, notamment avec l’autre Steph à coup de placage dans la neige. Test de bonne humeur positif !


Un bon repas et au lit. Seul dégât de la journée, Manu qui a choppé des ampoules monstrueuses en un temps record d’environ 15mn dés la première montée.

Samedi 15 Mars

Le levé ayant été décrété relativement tardivement, je suis le premier à me lever pour profiter de ce qui me procurera à jamais un intense plaisir : le lever du soleil. Suivi de quelques exercices. Après un petit déjeuner vite englouti, nous faisons la connaissance de Sébastien Foissac, notre guide pour la journée, et star locale de l’alpinisme puisqu’élu Piolet d’Or par ses pairs pour l'ascension du Burkett Needle en Alaska.

Notre objectif du jour : le col des Queyrettes.

Pour cela il nous faut redescendre sur Puy St Vincent par une piste de ski de fond qui fera des dégâts pour les moins habitués au skating. Après un long monotrace, nous voici enfin face à la montagne. L’ascension étend rapidement le groupe. A mi-chemin, et au vu à la fois du mauvais temps qui semble s’installer et de notre vitesse de progression relativement faible, Sébastien hésite à nous faire monter au col. Les plus fatigués insistent, et acceptent de rester sur place. Sébastien joue le jeu, et impose sa règle : ok pour grimper, mais les premiers au col redescendent immédiatement et récupèrent les suivants à la descente. Du coup Seb, il réattaque à donf, et dés les premières pentes je suis dans le rouge. Du coup je calme l’allure et réussi à rester à vu. Les pourcentages deviennent plus durs, et la neige tend à s’éclipser sous le ski. A l’arrivée du sommet, les derniers 100m sont éprouvants. A chaque mètre, le ski aval se dérobe, obligeant à stabiliser la neige. Mais le col est magnifique avec une vue superbe sur toute la vallée. Le temps de défaire les peaux et nous rebroussons chemin avec Seb. Un deuxième groupe suit de près. Manu très courageux avec ses pieds à vif en fait partie. Cathy également qui fait preuve d’une sacrée santé. Nico et Steph pour leur première sortie font aussi très belle figure. Dommage le sommet n’était qu’à 60D+ et environ 15mn, mais dura lex sed lex. A la descente ce sont mes cuisses qui encaissent mal cette neige cartonnée. On récupère Albéric et Jérôme qui en profité pour faire une grosse sieste.

Arrivée à Puy St Vincent, un Soviet s’instaure pour savoir si on peut emprunter le télésiège pour rejoindre le refuge. Je n’en vois pas l’intérêt en ski de rando, d’autant que ces 300D+ et 3km sont plutôt agréables. Cathy est du même avis. Finalement au moment où nous allions partir, le groupe entier se résigne à prendre le chemin et ne le regrettera pas.

Le repas du soir est divinement préparé par Bernard. De bonnes grosses saucisses accompagnées de pates aux lardons seront englouties à la vitesse grand V.

Au lit à 9h. Thomas fera la police par deux fois pour calmer les ardeurs musicales de Jérôme.

Dimanche 16 Mars

Cette fois ci pas de skating mais une belle grande descente avec de magnifiques relances pour rejoindre la camionnette d’Olivier. Aujourd’hui une course que j’avais déjà faîte en décembre 2006 avec Hugues Jaillet, autre guide local : la Tête du Crachet. Le temps est plutôt maussade. Manu craque rapidement sous la douleur de sa chair à vif. C’est déjà bien ce qu’il a réussi à faire avec !

Après une longue et tranquille remontée du Vallon qui permet à la fois de s’échauffer et de prendre quelques photos, Seb décide de quitter le vallon pour prendre par la crête, pour cause de risque important d’avalanche face aux accumulations de ces derniers jours. Le groupe s’étire à nouveau rapidement dés les premiers lacets. Sur la crête le vent est important et efface vite les traces. Seb demande qu’on reste à vue pour donner les consignes de passage. Car on virevolte sur le rocher, entre les pentes avalancheuses, et les corniches. Les derniers 50D+ se font à pied en portage. En dehors d’Alberic qui préfère rester un peu plus bas cette fois ci l’ensemble du groupe aura réussi cette ascension en un peu plus de 3h. Tout le monde est content et se congratule avant de redescendre.


Le déjeuner se fait au soleil sur un tas de pierre. L’après-midi s’est chacun fait ce qu’il lui plait. Olivier nous propose un jogging dans les chemins aux alentours. Cathy toujours volontaire, ainsi que Manu et Nico. 1h sur un mixte route / sentiers qui nous fait le plus grand bien, pour relancer la machine après ces deux jours en rythme diesel.

Le soir diner tout simplement délicieux et gargantuesque - Aux Petits Plats, gentillement tenu par par la charmante Emilie. Heureusement la gare n’est qu’à 100m, car le vin ayant coulé à flot, la ligne droite n’est plus tout à fait le chemin le plus court.

Retour à Paris par le train de nuit. Cette fois ci, je mettrais un peu de temps à m’endormir au contraire du groupe, pour cause d’un tirage dans le sang inhabituel.

Epilogue

Que retenir de ce week-end. Tout d’abord une organisation au poil par Thomas. Aucune fausse note, tout s’enchaîne parfaitement, tout semble avoir été prévu. Ensuite un superbe groupe. Très hétérogène par le niveau physique comme par l’attitude, il a su rester solidaire dans l’effort. Les très belles personnalités qui le composent ont magnifié le séjour de chacun. Vivement la prochaine sortie !

Montagne Pub semble être une organisation très mature qui va permettre à la prochaine génération de connaître les joies des sommets. N’y manque qu’une section ski de fond …

mercredi, mars 12, 2008

La HRP c'est parti !

La HRP c'est bien sur la Haute Randonnée des Pyrénnées.

Avec deux huluberlus UFO, Olivier Tribondeau et Emmanuel Lamarle, nous avons décidé de battre le record de la traversée, et de la réaliser en 8 jours pour environ (parcours exact en cours de définition) 650km et 50.000 mètres de dénivelé.

Le départ dera donnée le 19 juillet. Une assistance composé de Marie la soeur d'Emmanuel, Alice la femme d'Olivier, et de Georges mon père, sera une pièce maîtresse du dispositif pour nous permettre d'optimiser notre rando-course.

Un premier article paru dans le numéro 48 du magazine Ultra-Fondus présente le projet. Un article paraitra tous les mois pour présenter l'avancé du projet.

Un blog est également crée.

A suivre ...

lundi, mars 10, 2008

Belledonne - Grande Lance

2 mars 2008
6h30 1700D+ - Grande Lance de Domène - Belledonne



Dimanche fut la seule journée de beau temps qui nous aura - Chris, Greg, et moi-même - permis de sauver une sale semaine, avec une traversée de Belldonne annulée pour cause de mauvais temps.

Depuis Freydiere, portage sur près de 400D+ avec une neige vers 1600m, mais des spectacles magnifiques, notamment le lac du Crozet avec des blocs entiers de neige compact en train de fondre et de se détacher, et cette eau d'un bleu laiteux magnifique.

lundi, février 25, 2008

La Transjurassienne - retour confirmé au ski de fond

50km - 2h58 - 1234° / 2634 arrivants
Site de la course

La traversée de Chartreuse m'avait permis de faire un retour aux courses de ski de fond, la dernière datant de ... il y 19 ans ! La transju me confirme dans ce retour. Classement pas forcémment terrible en soit (en trail je suis constamment dans les 20% premiers avec des pointes à 5%), mais au vu de ma la régularité de ma pratique, il y a surtout un gros potentiel d'amélioration, notamment sur la glisse.


Pour revenir à la course, l'organisation s'est replié sur un parcours de 50km fort bien tracé. La veille j'avais pu voir les coureurs passer sur ce même parcours pour la Transju Classique. Moment d'émotion, qui m'a fortement donné envie de me remettre à l'alternatif (mouvement superbe et tellement pure). Le parcours est régulier avec des bosses jamais trop longue constamment en mode relance, et de superbes descentes. Hélas difficile de toujours profiter de ces dernières car peu de coureurs du fond de classement (je suis parti en 4° ligne par manque de références) savent correctement descendre.

J'ai également été surpris de nous voir rattrapper des coureurs de la 3° lignes au bout de 2km, et des 2° et 1ere lignes au bout de 10km. Mais ce système permet tout de même un bon étalement des coureurs.

Pour ma part une course régulière dont je suis trés satisfait. A refaire l'année prochaine, mais avec 76km cette fois ci !


Trés belle performance de Greg (ici trés agressif pour la photo : vient il de croquer le 3° et d'accéder au podium ?) qui me suit de 6mn. Un beau potentiel de progression pour quelqu'un qui s'est mis récemment au fond. Je ne désespere pas d'en faire un UFO également.

mardi, février 19, 2008

1er EcoTrail de Paris : mon premier trail urbain

16 février 2008
Officiellement 81km pour 1500D+, à mon GPS 77km pour 1450D+
32° sur 735 arrivants et 900 inscrits

Photos et images GPS : Christian Bouteille - Bottle


Préambule

Toute la communauté du trail IdF s’en faisait une joie depuis qu’Hervé Pardailhe et ses acolytes nous avait annoncé leur intention d’organiser le premier ultra-trail Parisien. Déjà, le site web, très léché et tendance, annonçait la couleur : très pro !

En annonçant un parcours de 81km sur les terrains d’entrainement de la plupart des coureurs Parisiens, et avec une arrivée sur le premier étage de la Tour Eiffel, les 900 places de la course sont vite parties dés sa première édition, et au vu de la prestation fournie, je suis certain que cette course va très vite devenir une classique avec plusieurs milliers d’inscrits.

Me concernant, je décide spontanément d’y participer pour les raisons ci-dessus, et en plus ca permet de caser une course ultra au milieu du ski de fond et de rando à une période où il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la semelle. L’entrainement du moment est orienté sur de la VMA en vue de battre mon record perso et d’approcher le plus possible des 3h au Marathon de Paris. Pas vraiment un entrainement pour le long, mais finalement …

Le départ

Incroyable, mais rien que d’arriver au départ d’un trail urbain c’est déjà une épreuve. L’organisation n’est pas en cause, bien au contraire, c’est super pro et super écolo : tout le monde passe par le palais des sports Robert Charpentier d’Issy les Moulineaux pour prendre son dossard, et l’organisation remet un ticket de RER pour rejoindre St Quentin en Yvelines. On croise Vincent Delebarre qui a bien failli prendre un RER le renvoyant dans une lointaine banlieue : un remake de « Saving Private Delebarre »(1) ! Au débarquement la joyeuse troupe à l’instinct grégaire fait un large détour avant de trouver les bus qui nous amènent à la base de loisir. D’habitude le départ est proche de la tente, cette fois ci il m’aura fallu deux métros, un RER, et un bus. Urbain je vous dis.

Départ – 21°km – 91° - 1h48 : Bruyas me catapulte

Nous prenons le départ avec Vincent Baudrat, sportif accompli, un brin anxieux pour son premier ultra trail, qui sera un succès ! Nous partons doucement les deux premiers kilo, car je suis encore transi de froid. Peu à peu je me réchauffe, et on attaque les 12/13km/h de moyenne sur un parcours largement plat jusqu’au premier ravito. Le peloton s’étire très vite, et il n’y aura jamais de bouchons. Etonnant pour un groupe de 900 coureurs au départ. Très rapidement nous formons un petit groupe de coureurs homogènes avec Vincent, Didier Bruyas, et d’autres encore. Avec Didier nous avons fait connaissance au gymnase, c’est un UFO, et un très bon coureur. Il impose un rythme soutenu que je n’aurais probablement pas pris dés le début sans lui. Dans les montées c’est à mon tour d’imposer le rythme, avec une technique trail rodée, que semble ne pas avoir la plupart des coureurs. Ce sera confirmé par la suite, la plupart des coureurs sont des routiers et non des trailers, ce qui rend ce trail vraiment atypique et intéressant. Vincent suit à quelques mètres, mais semble un peu limite. Je sens qu’avec Didier on va faire « quelque chose ». Tant pis, même si je suis venu ici sans objectif précis, je m’engage et vais me mettre volontairement dans le rouge.

21°km – 50°km – 39° - 4h20 – Pac Man avec Super Bruyas

Au ravito, fidèle à ma stratégie “ne jamais s’arrêter, toujours avancer”, je rempli mes poches d’aliments et ma gourde d’un mélange coca/eau (les 1l et demi de la poche à eau tiendront jusqu’à la fin) en 30s, et je repars doucement en marchant et en mangeant. Vincent et Didier me rattraperont. Didier, oui. Au bout de 5mn. Les premières montées s’enchainent, sans jamais durer très longtemps. Nous courons ou marchons vite. Avec des relances toujours rapides. Notre duo avec Didier est maintenant rodé : il fait le rythme sur le plat, je le passe en montée, et il relance plus fort. Je suis tout de même surpris. A chaque montée nous passons des grappes entières de coureurs, et aucun d’entre eux ne relance 5 mètres avant la fin de la montée. Ils sont littéralement scotchés à la pente. Le jeu de Pac Man va durer jusqu’au deuxième ravito. Au 43°km, un contrôle surprise. Avec Didier nous nous faisons la réflexion que la course commence vraiment ici. Et effectivement des contractures importantes se forment au niveau de mes quadriceps supérieurs. C’est là qu’on sait si on a le mental pour passer outre, dire au cerveau qu’on fera avec, et garder le même rythme. Didier commence systématiquement à me prendre quelques mètres sur les plats. Je me force à garder le contact au moins visuel. A chaque montée, je reviens sur lui. Je commence à sentir les prémices d’une hypoglycémie. Je pense régulièrement à Damien que j’ai croisé un peu plus tôt sur le parcours, qui aurait du faire la course, qui a quelques ennuis de santé. Comme il me l’a dit au téléphone ce matin « tu coureras pour nous deux ». Oui Damien, et ca me donne ton courage également.

Ouf, le ravito arrive !


50°km – 63°km – 34° - 5h46 – le deuxième étage de la fusée s’allume

Même stratégie au ravitaillement. Mais cette fois ci, comme nous sommes très peu de coureurs (trois ou quatre), les bénévoles s’occupent de tout. Je n’ai rien à faire. Génial ! Nous sommes avec la troisième féminine du moment, qui se fait interviewer. Elle a mal aux jambes aussi. Tu m’étonnes ! Je repars en marchant laissant à nouveau Didier faire un ravito où il a prévu lui de passer un peu de temps. La féminine et le groupe de 3 ou 4 coureurs que nous avions passé dans la dernière montée – une habitude maintenant – me repassent à forte allure. Je repars en courant, et dés la première difficulté je la rejoins et la passe sans difficulté. Au bout de 10mn environ Didier est revenu sur moi. Bonne nouvelle, car tout seul, je ne suis pas aussi volontaire dans les reprises. Et puis, étonnamment je ressens moins mes douleurs, je fais avec, et sens une deuxième forme arriver. Alors je sens que je peux tenir ce rythme imposant pour moi de 12/13km/h dans tous les replats, courir ou marcher vite les côtes. Et là Didier commence à lâcher dans une côte. Et puis ne reviens plus sur moi comme d’habitude sur les relances. Il finira juste 15mn derrière moi à l’arrivée avec une superbe 3° place en V2. J’hésite un peu à attendre, et puis non. J’ai déjà abandonné Vincent, donc mon statut de traitre est déjà entériné, et puis si c’est grâce à Didier que j’en suis là, je lui dois au moins de faire de mon mieux pour performer maintenant. Ce résultat sera aussi le sien. Alors j’insiste encore plus fort. Et je me sens très fort. Tellement que je finis par rejoindre le groupe de coureurs qui m’a lâché après le deuxième ravito. Et pareil au même, première montée, je les passe, relance, je les largue. Je passerai un peu de temps avec une autre féminine, jeune femme qui court des cross, et qui a une foulée surprenant sur le plat, mais qui cale littéralement au moindre dénivelé. Elle aussi m’aide à garder un rythme soutenu sur le plat. D’ailleurs je ne regarde pas vraiment les paysages. Cette forêt de Meudon, je la connais par cœur, de Meudon jusqu’à Versailles, et ne m’enthousiasme guère. C’est vraiment la montagne mon truc. Alors je me concentre sur le rythme de course. Nous arrivons au ravito du Haras de Jardy.


63°km – 70°km – 33° - 6h27 – Etat de grâce

20s au ravitaillement, façon Formule 1 avec des bénévoles aux petits soins. Le froid tombe avec la nuit. Je mets la frontale, et commence à pleurer mes gants oubliés à la maison. Et là c’est la procidence qui ne me quitte plus : par terre, de magnifiques petits gants roses en polaire n’attendent que moi, surement négligemment perdues par une jeune fille. Merci et big bisous ! Ni une ni deux, je prends. Et c’est reparti ! La nuit tombe, et dans la forêt il faut faire plus attention aux pierres et autres pièges sous les feuilles qui tapissent le sol. Mais je connais. Et j’adore courir de nuit. Une ambiance de bout du monde au pied de Paris. Je suis seul et vais le rester un long moment. Dans la longue descente dans parc de St Cloud, je vois un photographe. C’est Emmanuel Lamarle – Sanglier – qui encourage les UFO. Sa première phrase me tue : « ben qu’est ce que tu fais là ? ». Que dois-je comprendre : visiblement ce n’est pas le lieu géographique qui lui semble inadapté puisque lui-même est là ainsi que les rubalises. Non c’est bien ma place et mon temps qui l’interloquent et le rendent dubitatifs. Sa deuxième phrase m’achève : « tu as coupé ? ». Ben … heuuuu… non … je réfléchis … bien toujours été à suivre des rubalises … jamais perdu en train de jardiner … « non Manu, juste que je suis en forme c’est tout ». Il court avec moi jusqu’au ravito. M’encourage.


70°km – arrivée – 32° - 7h33 – Et la Tour Eiffel scintilla !

20s au ravito le temps de remplir la gourde. Les poches sont encore pleines de celui d’avant. Descente sur la fin du parc de St Cloud. Je vois une lampe de coureur devant moi. Ca faisait longtemps. Je le prends pour cible. C’est sur le Pont de St Cloud que je le rejoins. Il Jardine pour trouver le chemin. Grâce à lui, je ne jardine pas. Il m’évite de continuer tout droit et de rentrer sur Boulogne. Nous sommes ensemble maintenant, mais il a une sacré foulée, et moi je commence un peu à faiblir. Nous longeons les quais de Seine, et dans Boulogne cette fois nous jardinons quelques minutes à deux. Avec les lumières de la ville, on ne voit plus les rubalises. Il fallait traverser la double voie pour arriver dans un parc. On repart, mais lui beaucoup plus vite. Je ne cherche plus à suivre. Et là ca dure longtemps. Nous restons à longer la Seine pendant cinq longs kilomètres. Sandrine sur un quai rompra la monotonie de cette arrivée en tentant de prendre une photo de face, mais comme avec la plupart des photographes amis le long de ce parcours (Damien, Romuald, …) elle n’y arrive pas. Et puis grosse surprise, à 500m de l’arrivée, je vois, ou plutôt j’entends quelqu’un avec une foulée de marathonien à 16km/h derrière moi. Je me retourne, c’est Brigitte Bec, deuxième féminine. Elle est pourtant devant moi depuis le début (6 à 7mn confirmé par la feuille de résultats) et je ne l’ai jamais doublé. Soit je ne l’ai pas vu au ravito, soit elle a jardiné. D’ailleurs on re-jardine ensemble à 100m de la Tour, en loupant le dernier quai. Au milieu des touristes, tels des extra-terrestres avec nos drôle de tenues, nous nous frayons un passage jusqu’à la Tour. Nous avons perdu quelques minutes, mais là c’est le bonheur : cette superbe arrivée sur la Tour Eiffel illuminée, instant magique ! Au pied de la Tour, on nous donne un ticket d’entrée, et nous avons droit à une fouille légère du sac (surréaliste dans une course de trail, mais normal avec Vigipirate). Enfin nous pouvons gravir le premier étage de la tour où s’adjuge l’arrivée. Je cours, comme j’aime le faire, en gravissant les marches deux par deux. Brigitte elle marche, et ne peux pas courir. Décidément drôle de course. Des photographes sont sur les marches, l’arrivée est triomphale. Il est 20h pile poile, la Tour se met à scintiller : la providence et l’état de grâce jusqu’au bout. Encore mille merci Monsieur Didier Bruyas !

Epilogue

Sur la Tour, il fait froid. Je tourne en rond pour trouver l’ascenseur. Mes quadriceps supérieurs me font très mal, et en refroidissant m’empêche de lever la jambe. En revenant sur mes pas, je vois Val qui arrive. Nous redescendons ensemble, allons à la douche à environ 0,7km/h car je me traine. Le massage fait du bien. Nous retournons manger à la tente, qui permet également de voir les potos arriver sur l’estrade.

Je me traine jusqu’au métro station Bir Hakeim, avec les chicots qui claquent tellement j’ai froid. Et là horreur et damnation, la station en travaux est fermée ! Il faut marcher jusqu’à Dupleix. Le trail urbain continue …


Bilan

Une course de rêve, avec aucun moment où je sens que j’aurais pu faire mieux.

L’organisation est super pro. De bout en bout. Pas simple d’organiser ce type d’évènement jusqu’au cœur de Paris. La montée des marches de la Tour Eiffel est juste magique. Et pourtant, le parcours ne m’inspire pas assez pour dire d’y retourner. J’aime vraiment trop la montagne. Alors l’année prochaine, je serais bénévole dans l’organisation. Car c’est génial de voir autant de coureurs de route s’aventurer sur un trail … même urbain !


(1) Il faut sauver le soldat Ryan - 1998 by DreamWorks with Tom Hanks and directed by Steven