dimanche, septembre 30, 2007

UTMB2007: ça, c'est fait !

UTMB 2007 – 24/25/26 août 2007
34h08mn - 163km - 8900D+
289° / 1437 Finishers / 2319 partants
Les Photos

Matériel
Batons : oui

Chaussures : Lafuma Active Trail Pro

Vêtements : tshirt Queshua, short Salomon, Manchons Queshua, Pantalon RaidLight imperméable, veste Gore Tex Millet, veste polaire sans manches Queshua

Sac : Sacs : CAMP MPack Trail Pro 20l + Porte Gourde sur bretelle + Sac à eau 1,5l (entre 3 et 4kg)

Aliments : Saucisson-Pate d’Amande-Pain d’Epice – noix de cajoux – crème de marron + ravitaillements UTMB (soupe et pates)

Sac base vie Courmayeur : chaussettes, t-shirt long, crème de soleil, crème anti-frottements, lunettes de soleil, bandes élasto pré-découpées, complément de nourriture, montre GPS.

Sac base vie Champex : chaussettes, t-shirt court, crème anti-frottements, bandes élasto pré-découpées, complément de nourriture, chaussures de rechange.

L’UTMB 2007, après mon édition avortée de 2006 avec un abandon à Praz de Fort consécutifs à plusieurs coups de chaleur, est l’objectif trail de l’année. Un entrainement démarré dés janvier avec le Off de Camargue, puis 5 trails (Vulcain, Balcons d’Azur, Ardéchois, Dentelles-Ventoux, et Duc Chartreuse), des sorties Off (GRR, TMB+MB, Mt Joly, Tour Mt Cervin) et des raids multisports (NoctiRaid, Raid Eure27, Jouques).

J-7

Depuis une semaine toute la planète UFO est en effervescence pour ce qui représente tout de même un des évènements majeur de la saison d’ultra-trail. Nous nous sommes parfois entrainés ensemble, ou nous sommes croisés dans des courses. Ca se chambre fort sur les perfs à venir et les potentialités de chacun. Un moyen surement d’exorciser une crainte que chacun quelque soit son niveau a, celle de l’abandon. Aussi un moyen de se persuader que finalement ce n’est pas la mer à boire, et qu’on a tout fait pour y arriver avec une préparation idoine, donc tout va bien …

J-1

La planète UFO se retrouve pour prendre son dossard. Je suis un peu privilégié puisque bénévole le jeudi à la vérification des sacs, je croise quelques camarades (Damien, Sanglier, Phil, …). On discute également autour des stands avec la présence de tout ce qui compte dans la famille mondiale de l’ultra-trail : Scott Jurek, Dawa Sherpa, Vincent Dellebarre, Marco Olmo, Jacquerot … ils sont au moins une vingtaine à pourvoir prétendre à la victoire. Enorme. Ca promet une course détonante en tête.

Cette année j’ai aussi un avantage énôooooore : un Ultra-Staff composé de David Lerman un ami de longue date curieux de voir comment son potos va lentement se dégrader tout le long du parcours, mon père Georges qui ne regrette pas les sorties dans la Vercors et les Gorges de l’Ardèche dans les années 70 avec son fiston, et ma femme Sabine qui en profite pour se remettre à la course à pied sur quelques tronçons choisis.

Jour J

La nuit n’a pas été très facile, on y pense toujours un peu. Programme du matin, faire les sacs des bases vie de Courmayeur et de Champex. 11h30, pates. 14h Sieste de 2h, toujours aussi difficile. 16h : j’appelle Damien pour aller ensemble déposer les sacs et aller à la Pasta Party. Nous y croisons les Forticheurs Patrak (un 206km aux 24h de St Fons), Val (3° aux 100miles des Tourbières), Eric Bonnotte (5° au Grand Duc de Chartreuse et une maison construite), Yoyo (4° au Dentelles Ventoux), Stephane Halbaut. Tous en top forme, à l’exception de Steph par manque d’entrainement. Repas pates à nouveau. 18h, tous au départ pour le briefing de Catherine et Michel Poletti. Je suis bien coincé au fond, au chaud, va falloir assurer le départ pour ne pas me retrouver coincer sur les premiers chemin. Les 30’ de briefing sont toujours un peu long, et nous sommes impatients de partir. Mais cela fait aussi parti du rituel. 18h35, top départ.

Chamonix-La Charme – 20h21 – 1h47 de course - 14km - 936D+ - 225°

Ca commence … en marchant, le temps de sortir de la ville. Ensuite c’est la course contre le temps pour remonter l’enfilade de coureurs le long de l’Arve avant les Houches. Le but étant de ne pas se faire enfermer dans la montée au Col de Voza dans un faux rythme. Arrivée aux Houches mon père me passe mes bâtons (pour éviter d’embrocher mes camarades sur la partie dense du début). Je double Alexandra Rousset – croisée l’avant-veille avec Benoit pour un ultime entrainement sur le chemin du Buet (Aiguilles Rouges) – et je passe le ravitaillement sans y prendre part. Ma stratégie est simple : je mange ce que j’ai dans ma besace et ne ravitaille ma gourde et sac à eau que toutes les 3h environs. On attaque la montée vers La Charme. Yoyo et Eric me dépassent en courant et en parlant sur un raidillon, ca calme ! Je m’accroche à Yoyo 10mn. Plus les années passent plus je trouve cette montée de plus en plus courte ! Arrivée au col on entame la descente vers St Gervais.

La Charme – St Gervais – 20h58 – 2h24 de course - 20km - 942D+ - 210°

1000D- d’un coup à froid. Heureusement je l’avais reconnu avec Olivier Tribondeau lors de son Off du Mt Joly. Mais à l’époque il faisait nuit et dans le brouillard, du coup c’est vachement plus simple aujourd’hui ! Je rattrape Yoyo dans la descente. As usual. A St Gervais j’ai mal au ventre. Je m’aperçois qu’en fait j’ai trop serré la ceinture ventrale de mon sac. Il me faudra plus de 10km et 1h30 pour retrouver un niveau de confort correcte. Bonne ambiance à St Gervais, avec un pont bizarre à monter et descendre pour traverser la rue. Etrange. Voir désagréable. Passons. Mon père, David, et Sabine sont là et m’encouragent. Nous retrouvons le silence et l’obscurité à la sortie de la ville.

St Gervais – Les Contamines – 22h22 – 3h48 – 30km – 1463D+ - 207°

Pas trop aimé cette partie assez roulante. Parait il de jour assez jolie, de nuit ca m’a un peu ennuyé. Peut être aussi parce que ce mal au ventre me gênait autant pour courir que psychologiquement pour l’entame de course. Patrak ma passe comme une fusée. Il aime bien lui quand ca roule. Cette année on arrive aux Contamine par le bas. Il n’y a plus l’ambiance style « arrivée de l’Alpes d’Huez » de l’année dernière. Dommage. Mon Ultra-Staff m’accompagne jusqu’à la sortie. On retrouve un chemin connu.

Les Contamines – La Balme – 23h38 – 5h04 – 38km – 2019D+ - 193°

David et Sabine m’accompagnent jusqu’aux grandes dalles romaines de Notre Dame des Gorges qui marquent le début de la montée vers le premier grand col, celui du Bonhomme. Je me sens bien. Les douleurs au ventre sont oubliées. Il fait toujours très bon. Je décide de garder le short et t-shirt manche longue avec les jambières en cas de coup de froid au col. Après une succession de marches et de relances, une petite soupe au chalet de la Balme. Je croise Yoyo qui me demande ce que ca fait d’être sur la base des 27h … franchement ? Ca fait peur, rires !

La Balme – Les Chapieux – 1h39 – 7h05 – 49km – 2792D+ - 164°

La montée est régulière et se passe très bien. Curieusement et contrairement à l’année dernière, je ne rattrape que très peu de coureurs. Et lorsque je regarde derrière moi, la longue guirlande de lampe est assez dispersée. Pourtant mon classement est similaire. Cette impression persistera tout le parcours. En pleine ascension, sur une poussée de la jambe un peu décalée, aïe, mon mollet gauche craque. Comme au rugby toute cette saison, ce problème m’apparaissait lors des appuis latéraux. Comme une déchirure musculaire. Sans panique je continue en espérant que cette douleur ne persiste pas, en faisant attention de ne courir et marcher qu’en ligne. Ca risque de ne pas être simple aux Bovines, mais bon, ce n’est pas pour tout de suite. Surprise au Col du Bonhomme, il ne fait pas froid, pas de vent. J’aime bien cette partie qui permet de relancer, tout en montant, bref, ludique. J’entame la descente vers les Chapieux, quand un besoin urgent de purger la bête se fait sentir. Un problème similaire avait fini par me conduire à l’abandon l’année dernière, en me déshydratant, finissant avec des coups de chaleur. Heureusement cette année j’ai pris les devants avec du Smecta. J’en prends un sachet dans ma gourde. Le problème ne se reproduira pas. Dans la descente beaucoup de boue. De nombreuses glissades. Je finie par chuter. Rien de grave, mais j’ai de la terre partout. Pas terrible l’hygiène pour manger des cahouettes avec des mains pleines de terre ! Au petit jour je verrais que les autres coureurs sont pour la plupart également tombés au vu de leurs tenues bien immaculées. Un autre détail m’étonne, je sens que l’ongle du 3° orteil du pied droit est tombé, alors que je n’ai pas tapé sur des pierres et qu’il n’était pas blessé. En même temps il ne me gène pas. Je verrais ça à Courmayeur pour mettre un coup d’élasto. Comme sur les deux premiers orteils de chaque pied, soigneusement enrobés d’élasto et de cotons protecteurs. Aux Chapieux je croise Yoyo qui repart. Petite tape dans la main, je ne le reverrais plus …

Les Chapieux – Col de la Seigne – 3h46 – 9h12 – 59km – 3793D+ - 165°

Après m’être lavé les mains, avoir rempli mes réservoirs d’eau (camelback) et de coca (gourde), je repars en marchant pour m’alimenter. Ma stratégie est effectivement de ne pas m’arrêter pour manger. Aux ravitos je remplis, complète les niveaux. Mais je m’alimente en marchant. Sur la longue route qui mène au village des glaciers, un jeune coureur me rattrape en marchant … beaucoup plus vite. Je m’accroche à lui. On relance en courant de concert. Duc coup ce passage ennuyeux passe très vite. Le fameux coup du Pac Man cher à Yoyo fonctionne à merveille. Dés le début de la montée au Col de la Seigne, mon camarade me lâche. Doucement, mais surement. Une dizaine de coureurs me passeront. Tant pis, je monte à mon rythme. Je regarde la longue vallée derrière moi : la guirlande n’est toujours pas très fournie. Un peu frais en haut du col, mais rien de terrible. En revanche ma montre s’est remise à zéro, et je ne sais même plus quelle heure il est. Tant pis je m’en passerais, et à Courmayeur je vais récupérer mon GPS.

Col de la Seigne – Refuge Elizabetta – 4h19 – 9h45 – 63km – 3793D+ - 167°

La descente se passe bien, mais la fatigue de la nuit arrive doucement. Au refuge, je retrouve mon père qui aura fait le voyage. Je suis fatigué. Je rempli mécaniquement mon Camelback d’eau, et je repars en oubliant de prendre un bol de soupe. Plus très concentré le Steph. Je repars en marchant avec Géo. Il m’annonce que je suis maintenant sur la base des 29h. Pas mal finalement de courir sans montre.

Refuge Elizabetta – Col Chécruit – 6h17 – 11h43 – 72km – 4283D+ - 199°

Après le Lac Combal, j’attaque la montée à l’arrête Mont Favre. Il est 4h du matin passé, et j’ai toujours ce grand coup de barre lié à cet horaire. Une sorte de fatigue physiologique, qui ne s’estompe qu’avec l’arrivée du jour. Mon expérience du phénomène me permet de me concentrer sur ma progression, en recherchant la régularité. En attendant l’aube, qui finit par arriver sur l’arrête. C’est toujours un spectacle magnifique. Avec le massif du Mt Blanc qui passe du gris/noir à la couleur.

Col Chécruit – Courmayeur – 6h53 -12h19 – 77km – 4283D+ - 191°

La descente sur Courmayeur se passe très bien. La forme revenue avec le jour me permet d’effectuer une descente efficace. En arrivant sur le centre sportif Dolonne de Courmayeur, je me remets en mémoire ce que je dois faire dans la base vie. J’ai prévu 30 minutes pour prendre une soupe chaude, changer mes protections d’orteils si nécessaire, changer de chaussettes, mettre un t-shirt sans manche propre, mettre un élasto sur le 3° orteil qui tombe, récupérer la montre GPS pour quand même avoir une idée de ma progression. Finalement 21 minutes seront nécessaires. Parfait. Toujours en avance sur mon plan de marche des 30h.

Courmayeur - Bertone – 8h32 – 13h58 – 82km – 5097D+ - 158°

La traverse de Courmayeur s’effectue sans peine, contrairement à l’année dernière. En compagnie de … zut oublié ( !) – et qui m’annonce que Val est comme une balle, Yoyo 30mn devant. Départ de la montée vers Bertone au travers d’un sentier en sous bois très agréable avec un bon pourcentage mais régulier. Un groupe de deux coureurs me dépasse. Je m’accroche puisque je me sens finalement bien à leur allure. Nous rattraperons une dizaine de coureurs. A l’agonie en 2006 – déshydratation et coup de chaleur – je suis facile cette année. Super ! Je ne reste qu’une minute au ravito le temps de prendre un coca assis.

Bertone – Bonatti – 9h54 – 15h20 – 90km – 5482D+ - 170°

Après une courte montée, c’est un chemin en balcon facile, propice aux relances. Pas toujours simple, mais j’en ai encore sous le pied, alors pourquoi se priver ? Bon ok régulièrement des coureurs me rattrapent, mais je suis sur mon rythme, et la course est encore si longue à ce stade. J’ai mis ma montre GPS en route, son autonomie est de 20h, je devrais donc l’avoir avec moi jusqu’au bout. En regardant l’heure je pense être très en avance sur les 30h. En fait le chemin jusqu’à Bonatti est plus long que je ne l’avais enregistré dans mes souvenirs (pas vieux pourtant). L’arrivée sur Bonatti se fait par une montée très raide sur 200D+ max. Première sensation de moins bien. Je monte assez péniblement. Une fois arrivée au ravitaillement, je rencontre Christina, une bénévole qui était assise à côté de moi jeudi au contrôle des sacs à la remise des dossards aux coureurs. Très sympa elle s’enquiert de mon état : ai-je l’air si fatigué ? Je m’assois, très gentiment elle m’amène une soupe et un verre de coca. Un autre bénévole me remplit ma poche à eau. Quelle assistance ! Je repars au bout de 10mn avec encore 15mn d’avance sur les 30h. Tout va bien puisque le chemin ne fait que descendre jusqu’à Arnuva.

Bonatti – Arnuva – 10h55 – 16h21 – 94km - 5578D+ - 186°

Pourtant cette descente ne se passe pas si bien que ca. C’est mou, les appuis ne sont pas surs. 50 minutes pour 4 km, 100D+ et 400D-, ce n’est pas terrible. A Arnuva, je tente de faire le plein : soupe, coca, fromage, … tout y passe. Au bout de 5 minutes je ne vois plus très bien ce que je peux avaler en sus, alors je repars. Un bénévole me suit et engage la conversation en se présentant. C’est François des Bauges, que je ne connaissais qu’au travers du forum UFO. Il me reconnait grâce aux photos de mes CR sur le blog. Rigolo. Il m’accompagne jusqu’au début du raidillon qui annonce le Col Ferret. Je ne dois pas être très causant. Désolé François, mais encore merci, ca fait toujours du bien d’échanger quelques phrases.

Arnuva – Col Ferret – 12h50 – 18h16 – 98km – 6346D+ - 239°

Bing, raide dans la pente, en appui sur les bâtons, je n’avance plus. Je suis sec. Le pourcentage est très important, et il commence à faire très chaud. La totale. Je n’ai plus qu’une idée en tête : il faut avancer coute que coute. Peu importe le chrono. Avancer jusqu’à ce que ça aille mieux. Les basiques remis à l’œuvre : un pas devant l’autre. Bien sur ca double sans arrêt, et ca en devient presque pénible de devoir se mettre su le bas côté toutes les 30 secondes. De petits pas en petits pas je finis par arriver au refuge Elena, au pied de l’ascension du Col Ferret. Il me semble impossible de le gravir là maintenant. Décision est prise me reposer. Je m’allonge sur l’herbe et dors 15mn. Je repars. D’un pas lent et lourd. Dans la montée vont me doubler CastorJunior et Jérôme Lesseur (JJ). C’est très lent, mais ca avance. L’air frais de l’arrivée au sommet me redonne un peu de jus, mais pas suffisamment pour me donner un air rassurant : une bénévole s’avance vers moi en trottinant, se présente comme infirmière, et me demande si tout va bien. Intense solitude … Ai-je l’air si décomposé ? Je tente de la rassurer en lui disant que je suis juste vide d’énergie, mais qu’à part ça, touti va bene. Ouf elle me laisse repartir. Je ne m’arrête pas au sommet et attaque la descente.

Col Ferret – La Fouly – 14h24 – 19h50 – 107km – 6357D+ - 250°

Jérôme est arrêté sur le bas côté pour se restaurer. Je la laisse, il me rattrapera plus tard. La descente me permet de me relancer et de récupérer. En petites foulées entrecoupées de courtes marches. Au refuge de La Peulaz je m’occtroye une belle pause de 10 minutes avec remplissage de la poche et gavage de la bête en coca et soupe. Un peu de pain d’épice maison et pate d’amande. La descente bien raide se passe bien, et arrivé sur le parking il faut relancer sur la route. Encore quelques kilomètres pour rejoindre La Fouly. Stef me rejoint, on reste ensemble 5 bonnes minutes, mais à la relance je le sens plus vif. Je lui demande d’y aller. A 500m du ravitaillement l’Ultra Staff est de retour, de bonne humeur et reposé – à l’exception de Géo qui a voyagé toute la nuit du côté de Courmayeur et d’Elizabetta. Il m’annonce mon camarade Damien Lebas à 1h derrière à Courmayeur avec des ennuis de poche à eau dés Saint Gervais. Pourvu que ca passe pour lui. A La Fouly je ne calcule pas Sanglier (Emmanuel Lamarle) – qui m’en voudra surement très longtemps – et retrouve Stef. Là encore longue pause de 10 minutes pour reprendre des forces. Toujours un peu vide, mais le physique suit. Pas de casse ni bobos.

La Fouly – Champex – 17h15 – 22h41 – 122km – 6890D+ - 254°

L’Ultra Staff est visiblement heureux de me voir repartir – comme pour l’infirmière de Ferret ca ne leur semble pas évident à eux non plus – et le couple Sabine / David courent avec moi sur cette longue partie plate jusqu’à Praz de Fort. Sur le chemin on rattrape CastorJunior qui marche en téléphonant. Je ne le dérange pas et le double. J’aurai du remord plus tard en apprenant qu’il abandonnera à Praz de Fort (souvenirs de mon abandon 2006) et qu’il se fera agresser par Oliv91 pour lui dérober un bâton (casse du sien dans la descente vers Les Chapieux). En passant près du banc sur lequel j’avais abandonné à la sortie de la moraine, j’ai une pensée : cette fois ci je vais plus loin, c’est sur ! A l’attaque de la montée vers Champex à Issert, Sabine et David échangent leur place avec Géo. Il me servira de lièvre toute la montée. Je m’accroche à son short tel un morbak, mais c’est dur, lent, lourd. 400D+/h/ A l’approche de Champex, je ne me sens pas bien du tout, très faible. Ca se confirme une fois à la base vie. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Assis à la table, je croise Alice (la femme d’Oliv91) qui me regarde un peu halluciné par mon état. Je dois être très blanc. Elle hésite entre me « porter secours » et aller accueillir Olivier qui doit arriver rapidement. Elle part, et je ne la sens pas tranquille. Je m’effondre la tête sous les bras pour cacher mon désespoir. Je cherche une solution, et me rappelant qu’il faut bien souvent juste attendre sans paniquer, je décide d’aller m’allonger et éventuellement voir un médecin. Mon Ultra-Staff me laisse gérer ne sachant surement pas très bien quoi dire ou faire. Un médecin vient, me serre la main (1er test), me regarde, me parle, prend le poult et la tension. Rien, je vais très bien. Je dors 20mn, puis je me relève et vais me faire masser. Je suis plus à ça prêt. Une podologue soigne mon ongle en même temps. Le grand luxe. Changement de chaussettes, crème anti-frottements, et t-shirt manche longue. Ensuite je retourne manger, et miracle j’avale tout. 1h25 plus tard je peux repartir, au grand soulagement de l’Ultra Staff.

Champex – Bovine – 20h44 – 26h10 – 131km – 7594D+ - 278°

Même si l’objectif 30h est cette fois ci bel et bien mort et enterré, plus que jamais celui de terminer est d’actualité. Au bord du lac, accompagné de l’Ultra-Staff, je croise Françoise et Antranik. Tient que font-ils là ? Ne courent ils pas ? En fait je n’arrive pas vraiment à faire le lien. Je n’apprendrais que plus tard qu’Antranik a du abandonner. En discutant le chemin avance assez vite en alternant course et marche jusqu’au début e la terrible montée de Bovine. Reconnue le dimanche d’avant avec Manu (Sanglier) et Oliv91, je la sens bien. Accompagné de mon père, il va devoir décrocher, tellement je suis fort. Du 1000D+/h ! Quel contraste avec mon arrivée sur Champex ! Je rattrape une dizaine de coureurs, les grandes pierres sont enjambées avec plaisir. Je m’amuse. Sur le magnifique balcon qui surplombe la vallée du Rhône, je rejoins Greg et son frère Tom, venu de l’autre côté par le Col de la Forclaz, pour m’accompagner un bout de chemin. Ca me fait drôlement plaisir, d’autant qu’ils viennent de Grenoble exprès. Je ne passe que 1 minute au ravito de Bovine.

Bovine – Trient – 22h04 - 27h30 – 137KM – 7668D+ – 266°

La nuit tombe. Nous redescendons sur le Col de Forclaz. Descente rapide, facile, et joyeuse. On s’amuse bien à jongler avec les appuis. Nous rattrapons à nouveau 6 coureurs. Je suis étonné de ne pas rejoindre Oliv91 avec ma vitesse depuis Champex. Alice me l’a annoncé 15 minutes devant. Il doit lui aussi être pas mal. Tant mieux ! A Trient, l’Ultra Staff est au complet. Je rentre dans la tente du ravito par le mauvais côté. Je ressors et coupe. Plus tard en remontant sur les Tseppes, je serais inquiet de ne pas avoir fait fonctionner la puce permettant de valider le passage. En fait si. Sous la tente l’ambiance est merveilleuse et festive. Il y a même de la raclette pour les accompagnants ! Le speaker annonce le temps et classement, ainsi que l’origine des coureurs. Trop forts les Suisses. Mais je commence à nouveau à entrer dans ma bulle. L’état de grâce n’aura duré « que » 3h1/2. Je prends le temps d’avaler une soupe, un coca, et de remplir la poche. La montée vers les Tseppes promet d’être difficile.

Trient – Vallorcine – 1h13 – 30h39 – 146km – 8456D+ - 270°

Promesse tenue : c’est très difficile. A nouveau, et en sens inverse, quel contraste avec l’état de légèreté des Bovines. A nouveau lourd, lent, je me concentre sur mettre un pied devant l’autre. Je la connais bien cette montée. Et pourtant j’ai vraiment l’impression que c’est beaucoup plus long. J’attends la sortie de la forêt avec impatience, signe d’arrivée au col. Greg et Tom sont toujours là, et quand Greg me pose une question, je ne réponds plus. Dans ma bulle. Désolé Greg ! On sort enfin de la forêt, et pourtant je ne vois toujours pas la fin. A chaque virage je crois me rappeler que c’est la fin de la montée, et puis non. On aura là aussi fait du 400D+/h. Et puis arrive le balcon, la délivrance. Il n’y aura plus de vrai montée jusqu’à l’arrivée. Et pourtant c’est loin d’être fini pour autant. Les 20 derniers kilomètres devront être gagnés mètre après mètre. Nous faisons la descente vers Vallorcine se fait prudemment. Je n’ose prendre le risque d’une entorse, les chemins sont très étroits, dans la pente, avec beaucoup d’eau. On glisse, on dérape. Les bâtons aident bien. A Catogne – en plein milieu de la pampa – deux bénévoles sont sous une tente et assurent un contrôle volant. Courageux car complètement isolés, il fait frais, et les coureurs à ce stade ne doivent pas tenir grande conversation. Un peu plus loin nous croisons deux autres bénévoles qui vont prendre la relève. Belle marche de nuit pour eux. Après le sentier, nous rejoignons le télé siège qui monte les skieurs au Col des Posettes, nous indiquant que dorénavant nous aller attaquer un large chemin carrossé avec des pierres qui font mal aux pieds surchauffés. Ca ne durera que quelques virages, le balisage nous orientant à nouveau sur un sentier qui coupe la route forestière rendant la descente plus ludique et moins ennuyeuse. Le ravito de Vallorcine semble un peu triste. L’Ultra Staff confirmera cette impression. Bienvenue en France ! Court ravitaillement.

Vallorcine – Argentière – 2h38 – 32h04 – 153km – 8662D+ - 272°

En sortant de la tente, accompagné de David, Tom, et Greg, le froid de la rivière juste à côté nous saisit. Je remonte les jambières, et ferme la veste Gore Tex. Nous alternons course et marche au grés de mes envies. Le groupe suit gentiment à l’imitation. Nous reprenons des coureurs, d’autres nous rejoignent. Le Col des Montets est rapidement atteint. Une fille nous passe. Je me décide à la suivre. Son rythme régulier me va bien. Nous tenons un rythme de course toute la descente jusqu’à Argentière. Au ravito, un bénévole me soutient mordicus que c’est tout en descente. Je connais bien le parcours – c’set mon terrain de jeux lors de mes footing – et je sais qu’il y a trois petites montées de 100m chacune environ. Et vu mon état, va falloir encore serrer les dents. Sabine se joint au groupe pour terminer tous ensemble.

Argentière – Chamonix – 4h42 – 34h08 – 163km – 8835D+ – 289°

Et le petit train repart. Plus de jambe, mais plus de raison de se plaindre non plus, on va y arriver. Mais le seul moment où je vais me sentir vraiment et définitivement arrivé sera au Bois du Bouchet, soit à 1 ou 2 km seulement de l’arrivée. Sur la piste de ski de fond –surréaliste à 4h du matin – un monsieur, seul sur sa chaise de camping applaudi chaque coureur. Merci Monsieur. Sur Chamonix je demande à l’Ultra Staff de me laisser seul dans ma bulle pour me permettre de savourer pleinement l’entrée dans la ville, la délivrance, et peut être déjà une certaine nostalgie. Seul dans une ville déserte. Et puis les 20 derniers mètres, avec quelques spectateurs qui attendent probablement leur coureur, leur champion du jour. Seul et Catherine Poletti qui m’accueille sur la ligne d’arrivée. Je l’embrasse – je n’avais même pas réalisé que mon odeur fétide pouvait l’incommoder – et trouve des mots émouvants et me dit merci pour être allé au bout de cette aventure. Je lui réponds que c’est qui la remercie pour m’avoir permis de la vivre.

Je prends ma polaire estampillée Finisher, et je ne suis pas prêt de la jeter celle là, rires !

Et puis je vais remercier mon Ultra-Staff pour avoir respecté mes allures, ma bulle. Je fais remarquer que le ravitaillement de l’arrivée est strictement le même que tous les autres, et je ne veux plus entendre parler de soupes et de coca ! Au bout de 10 minutes je me gèle, on rentre. Une réflexion au passage me fait dire que c’est vraiment dur comme course, et qu’on ne m’y reprendra peut-être pas. Enfin une douche et au lit. On verra bien plus tard. En attendant mission accomplie.

Epilogue

Le lendemain matin, en me levant je remarque que Philippe Billard et Stéphane Marchand (RunSteph) sont annoncés sur le site web de la course à Argentière et pas encore arrivés. Je me précipite dehors pour les accueillir. Trop tard, ils sont déjà assis, un peu comme deux frères zombis. Je devine qu’ils sont encore dans leur bulle, heureux et vidés. Yoyo sera arrivé avec Eric en 28h, et Val a tout explosé en 27h. Bravo les gars.

Je suis également heureux de voir que Damien sera 1h30 derrière moi, il a donc bien maintenu l’allure sur la deuxième partie, et bien digéré ses problèmes sur la première. Et surtout nous sommes désormais Finishers, nous qui avions abandonné presque au même endroit en 2006 (Praz de Fort et La Fouly). Oliv, Sanglier, et Stef dans les 32h. ; Seul manque à l’appel Castor et bien sur Antranik. La prochaine fois.

La météo aura été superbe tout le long, et c’est surement une première pour cette petite course autour de la grande montagne. Les 10 jours suivants, je n’aurai aucune courbature aucune blessure, pas une seule ampoule (recette jus de citron et crème anti frottement - la semaine d’avant course - juste géniale !). Juste une bonne fatigue, et un léger état dépressif normal après une telle dose d’endorphine, et surtout le vide laissé par l’objectif accompli. Seul symptôme, partagé par pas mal de coureurs, un œdème à la cheville droite et des fourmis aux orteils. Un mois après ils sont toujours ankylosés.

Un grand merci aux organisateurs et aux bénévoles (tient je me remercie aussi au passage !). A l’Ultra Staff exemplaire. Aux coureurs et randonneurs croisés pour leurs sourires et soutient dans les moments difficiles. Marrant aussi de voir des coureurs nous reconnaître avec mon père grâce aux photos des CR de courses et des Off !

Petit bémol sur le commentaire justifié de Scott Jurek sur le comportement de certains leaders de la course, confirmés sur certains points par mon père spectateur de certaine scène. A vous de voir.

Deuxième bémol, perso cette fois : je constate que je fais toujours l’objectif de l’année d’avant. Trop ambitieux ou jamais satisfait ? De plus je n’arrive toujours pas à être régulier dans ma progression, que se soit sur une course ou même en Off (Oliv91 et Patrak m’en avait fait la remarque. Et là je ne sais pas vraiment par quel bout prendre le problème. Peut-être m’attacher les conseils d’un coach professionnel, genre Yoyo (si il n’a pas encore été acheté par le Bayern de Munich ou Chelsey !).

Dans tous les cas, venez y ou revenez y ! L’année prochaine, peut-être une corse de 220km et 17.000D+ par équipe de 3 faisant tous les cols plus ceux des Aiguilles Rouges ? A moins que faire l’objectif 2007 de moins de 30h … A suivre …


Reportage France2
Compte Rendu Scott Jurek
Reportage Libération

vendredi, août 17, 2007

CR OFF TOUR DU MONT CERVIN – SUISSE



On a retrouvé la 7° Compagnie … au Cervin

39h30 - 162km - 10940D+

du 3 au 6 août 2007
Photos

Un autre résumé en plus d'étapes
Données carto en Suisses

Matériel
Batons : oui
Chaussures : Queshua 700

Vêtements : tshirt Queshua, short Salomon/Pantalon RaidLight imperméable, veste Gore Tex Millet

Sac : Haglöfs Yak 28l + Porte Gourde et Saccoche ravito sur bretelle (entre 10 et 12kg)


Divers : Corde 30m, Crampons
Aliments : Saucisson-Pate d’Amande-Pain d’Epice / diner en refuge

Etienne Fert alias le chef Chaudard

Irina Malejonock – alias Germaine

Didier Petitjean alias Pitivier


Stéphane Couleaud alias Tassin


Etienne je l’avais rencontré lors d’un des nombreux Off qu’il organise – cf son site le tour de l’Ubaye. Avant l’été, il fait part de ses projets de Off estivaux. Le tour du Mt Cervin retient mon attention puisque me permettant de compléter mon entrainement UTMB2007, comprenant entre autres trois week end chocs avec du volume. TMB/MB en et Mt Joly en juillet, Cervin début aout à trois semaines de l’objectif. Parfait. Didier, camarade de la Fortich’Off, se joint à nous, ainsi qu’Irina qui était au Ubaye Off également.

Départ de Paris Gare de Lyon le jeudi en fin d’après midi pour rejoindre Bellegarde, là je prend la voiture, direction Les Haudères en Suisse. Didier me donne rendez vous au camping Molignon, juste après Evolène, avec la consigne suivante : « pour reconnaître la tente, je laisserai les batons dehors » … va retrouver une tente dans un camping à minuit … et ben si je l’ai trouvé ! Dodo dans la voiture, et debout 6h, pour retrouver Irina et Etienne à Les Haudères.

Après les nombreuses considérations de retrouvailles et le temps de faire connaissance (5mn), nous voilà parti pour Arolla dans la Didier mobile qui transporte aussi bien de la terre que des trailers.

Etape 1 Arolla - Breuil-Cervina
35KM - 2640D+- 9H45
Hébergement : Hotel Miravidi - 40€/pers avec petit-dej - +39 0166 948097 - info@hotelmiravidi.com - http://www.hotelmiravidi.com

Un chemin avec un peu de via ferrata par endroit nous amène directement au glacier d’Arolla (2360-2860m) qui va justifier le portage des cordes pendant 4 jours, mais pas des crampons. Effectivement une légère couche de neige tombée la veille nous permet de passer avec nos chaussures de trails. Encordés, nous suivons les gros tripodes bleus en bois, la visibilité est bonne, il ne fait finalement pas si froid. Nous passons ensuite le col Collon (3000m) avant de découvrir la vallée d’Aoste que nous dévalons en croisant quelques touristes toujours surpris que l’on puisse descendre en courant tout en prenant des photos. Ben quoi, on a droit aussi à des souvenirs non ?

En bas, au niveau du Rifugio Prarayer, Etienne nous accorde une première pause déjeuné : 10mn, ca promet ! On repart pour une première petite montée de 300D+. Je suis toujours un peu lent à démarrer, et le replat qui suit est le bienvenu pour ne pas exploser. Mais le répit n’est que de courte durée, et une belle montée dans le cailloux nous amène directement au Col de Valcournera (3075m). Cette ascension de 700D+ me fait exploser sur le final dans un gros pierrier très joueur. Irina et Etienne menant une allure constante et d’environ 600D+/h, ce qui sera l’allure de base de toutes les ascensions du séjour. Après une jolie descente et un petit coup de cul de 100D+, un long chemin plat sans intérêt nous amène à Breuil-Cervina, petite station de ski Italienne. Arrivé à Breuil, ayant été missionné pour l’hébergement j’appelle l’hôtel : 5mn d’Anglais pour comprendre que tout le monde parle Français, et nous y vois-ci. L’hôtel ne faisant pas de diner, nous trouvons un restaurant pizzeria parfait : au menu, une demi pizza par personne plus un plat de pates. Avec ça, pas d’excuses pour le lendemain.

Etape 2 Breuil - EuropaHutte +2600 8h30
43KM - 2700D+ 2400D- / 9H45
Refuge EuropaHütte - 55CHF/pers incluant diner & breakfast - +41 027 / 967 82 47 - Mobile 079 / 291 33 22 - Fam.Brantschen.Europahuette@freesurf.ch

Réveil 6h30, pour un départ à 7h30 directement dans la pente sur les pistes de ski. Etienne et Irina repartent de plus belle, tandis qu’avec Didier nous faisons la causette. 1000D+, ca laisse le temps de mieux se connaître. En arrivant sur le Theodulpass (3301m), Didier se fait adopter par un Ultra-Chien qui l’aurait bien choisi pour maître.

Nous ré-encordons pour une belle traversée du glacier sur les pistes de ski. Le Cervin est tou proche et avec des arêtes magnifiques. Nous tournons autour. En descendant de jeunes filles nous prennent en photo, et là on sent que la corde est tout de suite plus lâche, les garçons courant plus vite. En bas, un surfer qui nous a dépassé mettra près de 15mn à se relever, on se demande toujours ce qu’il avait …

Une très longue descente de 1700D- nous permet de rejoindre Zermatt, station renommée. Ca fait toujours un drôle d’effet de retrouver d’un seul coup cette civilisation du gadget-souvenir et de la glace vanille-chocolat.

Nous déjeunons et repartons sur un superbe balcon via Täschalpe vers EuropaHütte. Après une douzaine de kilomètres, Etienne est soucieux. Nous devrions être presque arrivé, et au lieu de cela, le chemin droit devant n’est pas indiqué, en revanche EuropaHütte est indiqué en descendant. Après être parti en exploreur, il revient, et nous décidons de passer le barrage en prenant tout droit. En fait le sentier normal a été détruit par une coulée de pierre (les Suisses font de superbes tunnel pour protéger les promeneurs !). Nous la passons en faisons attention. La dernier petit raidillon nous fait un peu mal au jambes. Mais le refuge est en plein soleil, face à un glacier, et la matrone toute germanique nous fait un accueil … germain. Petite douche au lavabo, diner pantagruélique, et dodo avec une bande de joyeux lurons de 60ans de moyenne d’âge qui en paraissent 14 ½ avec de bonnes blagues de potaches. Dur à coucher les anciens !

Etape 3 Ottavan - Grüben/Meiden +2500 8h30
9H - 38KM - 2400D+ 2800-
Hébergement Hotel Schwarzhorn - 55€/pers incluant diner & breakfast - Carmen Tscherrig, Landstrasse 80, 3904 Naters, +41 027 932 14 14 - hotelschwarzhorn@tele2.ch

Levé 6h, depart 7h. Une certitude désormais : les cordes et les crampons ne servent plus à rien, mais faut les porter quand même ! Didier a perdu un gant. Irina ira jusqu’à vider et refaire tout son sac pour le trouver … finalement dans le sac à viande de Didier !

Un joli balcon dans les pierriers serpente avec de petits D+ qui permettent de s’échauffer gentiment. Un grognement sourd, avec Irina nous nous retournons, et voyons Didier qui descend droit dans un pierrier à 40% pour aller chercher son baton … Etienne qui arrive par derrière dans un virage semble surpris. « you don’t really wanna know … ».

Arrivée à Mittelberg (2580D+) de superbes chèvres avec de grandes cornes nous accueillent, même pas gênées pas notre présence. Grosse descente de 1400D- vers Saint Niklaus (1120m), où vers la fin je finis par buter sur une racine et m’étaler de tout mon poids. La pause déjeuner sur un beau fauteuil rouge se prend sans peine. Etienne, gourmand d’entre les gourmands, avait réservé une belle tarte dans sa boulangerie préférée.

C’est pas tout ça, mais faut retourner au charbon. Et une longue montée de 1700D+ sur 10km nous attend. Pas un jour à porter la corde, n’est ce pas Irina ? Première étape en forêt jusqu’au magnifique et traditionnel hameau de Jungu à environ 2000m. Un pallier intermédiaire permet de couper l’ascension en son milieu et de reprendre des forces – trop fort ces Suisses ! La deuxième partie se fera à un rythme endiablé, démarré par Etienne qui veut en finir. Nous nous attendons au Augstbordpass (2894m) à l’abri d’un petit rocher. Ouf le dénivelé de la journée est terminé, nous pouvons nous laisser descendre jusqu’à Grüben (1820m). Là l’accueil est toujours très … germanique, mais l’hôtel et la nourriture de qualité. Grüben ressemble un peu au village rêvé des petites filles de Heïdi, et Irina se verrait bien dans un petit chalet traditionnel … en lieu et place du dortoir. Mes chaussures Queshua ont rendu l’âme avec des œillets de lacet cassé. Les descentes ne vont pas être faciles demain …

Etape 4 Grüben - Les Haudères +3000 11h
46KM 11H 3200D+ 3500D-

La plus longue journée du périple, et au jeu de l’alternance du portage des cordes … c’est au tour d’Etienne et moi-même. Pour se mettre en jambe une première montée de 900D+ vers le Meidpass (2790m). Très joli sentier tout au long d’une rivière, nous pataugeons un peu à quelques endroits dans des espèces de tourbières. Ensuite nous descendons vers Zinal (1675m), où nous prenons un coca et un mini déjeuner. Déjà 20 bornes et 1000D+, c’est déjà ça de pris. Nous attaquons le gros morceau de la journée, l’ascension du col de Sorbois (2895m). Près de 1200D+, qui attaque par un sentier à 30% dans la fournaise. Vers 2000m nous apercevons la station de ski et l’air se fait plus frais. Nous traçons droit dans la pente afin d’aller au but plus rapidement, ce passage dans les pistes de ski ne présentant vraiment aucun intérêt. Avec Didier nous nous faisons la réflexion que le ski alpin gâche vraiment la nature. La descente se fait comme la montée, droit dans la pente, et Didier jusqu’ici un peu coincé avec son orteil douloureux, fait le pari que plus ca va vite, moins longtemps on souffre. Pari gagné !

On arrive vite en moins de 3km au barrage du lac de Moirry (2240m). Et c’est la dernière montée du périple qui est devant nous, 600D+ jusqu’au Col du Torrent (2916m). Une montée émouvante et assez jolie, au sommet de laquelle nous ferons les photos portraits souvenir. La descente vers Les Haudères (1452m)– qu’on aperçoit du sommet – est très joli au début. Nous traversons des alpages hors sentier. Une ampoule à la main ampute ma descente. Ensuite c’est la route sur les derniers km une course d’endurance qui commence, avec Irina qui a hâte d’en finir avec une grosse douleur sur le releveur qui handicapera son programme de fin d’été.

Sur le parking d’Arolla nous nous congratulons, et sommes super content de ces quatre jours de rêve. Avec une météo superbe (alors qu’il pleuvait des cordes le jour d’avant, et que les orages reprendront dés le lendemain de notre départ !), et un guidage d’Etienne comme toujours hors pairs. Le jour où il le miniaturise (encore plus de 73kg le bougre), je le préfère à un gps.

Comme j’ai un train à prendre le lendemain à 7h30 à la Gare St Lazare, on se dépêche et nous nous séparons. Le retour sera également épique, puisque lorsque j’ai voulu remonter ma vitre côté conducteur peu après Arolla, rien … moteur cassé ! Et sur l’autoroute A6 il a plu … Fraiche la nuit du retour !

lundi, juillet 23, 2007

OFF MONT JOLY - 21/22 juillet 2007

Samedi: 76km - 4400D+, 4700D-
Dimanche: 49km - 3600D+/D-
Fichiers KML pour Google Earth: samedi et dimanche
Les Photos

Un trés joli Off ce week-end à partir de St Nicolas de Véroce sur les massifs du Mont-Blanc. Le GO était Olivier Tribondeau, alias Olivier 91. Oragnisation parfaite. Merci également à son épouse Alice pour sa participation et son accueil.
Ce Off fera prochainement l'objet d'un article dans le magounet UFO que je reproduirai ici.
Deuxième étape de mon entrainement pour l'UTMB 2007, après la semaine TMB+MB. La troisième sera le Tour du Mt Cervin début août.

Le Compte-Rendu a été superbement rédigé par Olivier Tribondeau alias Olivier91.



mercredi, juillet 18, 2007

CR TMB+MB OFF - 7 au 15 juillet 2007

55h45 - 177km - 10530D+ / 10530 D-

Fichiers KML à disposition sur demande par email.

Album photos

Tour du Mont-Blanc – 41h45 - 160km – 8627D+

Matériel

Batons : non
Chaussures : Queshua 700
Vêtements : tshirt Queshua, short Salomon/Pantalon RaidLight imperméable, veste Gore Tex Millet
Sacs : CAMP MPack Trail Pro 20l + Porte Gourde sur bretelle
Aliments : 2 barres par jour / repas pic nic au refuge / diner en refuge


L’objectif de ce tour en 4 jours avec mon père est de faire une sortie longue et choc (8 à 11h effectifs par jour) en marchant, et en passant par des variantes plus plaisantes et que n’emprunte pas l’UTMB pour des raisons évidentes de sécurité (Col de Fours, Fenêtre d’Arpette). Le second objectif est une remise en forme de Géo (mon paternel) – avec 3 nuits à plus de 2000m – pour l’amener au sommet de l’Europe (rien de politique).

Chamonix - Refuge Croix du Bonhomme
35KM - 8H43 - 2327D+ / 904D-

Le temps sera pluvieux et couvert avec des averses récurrentes tout au long de la journée. Cela me permet de tester le matériel en conditions. Le pantalon RaidLight et la veste Millet tiennent bien. Un sac poubelle recouvre mes affaires dans mon sac. En cas d’averse plus importante, un sac poubelle pourrai également servir de poncho (léger et moins encombrant sur l’homme). Je remarque avec étonnement que mes chaussures Queshua700 qui d’ordinaire n’accrochent rien sur le sec, mais sont en revanche de vrai ventouses sur sol mouillé: des chaussures pour nageurs de combat ? Passé le col du Bonhomme, il fait froid et humide, et la neige arrive à 2400M. Heureusement nous arrivons au refuge déjà bien rempli. Nous devrons nous battre avec une mégère pour qu’elle nous laisse déplacer ses affaires pour faire sécher les notre. Nous constatons avec émerveillement que le groupe d’ados Parisiens (une quinzaine de 10 à 15 ans) que nous avons doublé dans la monté du Col du Bonhomme arrivent environ 1h après nous, sages comme des images, aucun ne se plaignant du froid ou de la fatigue. Belle leçon de rusticité naturelle.
Les sensations en marchant auront été bonnes et Géo avance bien.
P
our info, au refuge ils ont le Magounet UFO n°31 d’avril 2006 avec Le Sanglier qui raconte ses 7 jrs de courses en Grêce (quel vantard) et un bel article sur le chocolat, miam !

Col Croix du Bonhomme - Refuge Bertone
36KM - 11H44 - 2330D+/2800D-

Après une nuit glaciale où on entendait le vent hurler, nous appréhendions de sortir. ; En fait, il fait bon. Gros brouillard et neige partout, mais sec et frais. Nous décidons donc de faire le Col des Fours, et se sera à la boussole, en devinant le chemin entre les flancs de montagne. Le Col de la Seigne et l’Arrête Mont Favre se font sans problèmes, un peu dans la boue quand même. Grosse déscente sur Courmayer, puis difficile remontée vers Bertone. Géo coince un peu, mais reste très régulier (400D+/h), et la journée fut longue (presque 12h avec juste 10mn de pause déjeuner à Elizabetha).
Nous arrivons à 19H tappante, prêt pour le diner. Nous faisons la connaissance de nos amis Belges des Coureurs Célèstes – Gandy et Chantale qui arrivent un peu plus tard.

Champex Arpette – Refuge Relais d’Arpette
50KM - 11H54 - 1880D+ / 2250D-

Nous repartons de Bertone à 7h30 (les Célèstes dorment encore, veinards). Temps froid et sec – soleil, parfait. L’arrivée sur le Grand Col Ferret est toujours un évènement. Plein de monde, un âne qui redescend (vitesse x2 de celle de la montée ?), et … Gandy qui remonte sans Chantale (« elle est blonde et en plus elle est Belge » du grand Gandy). Ensuite le long chemin Peulaz, Fouly, Praz de Fort se fait tant bien que mal. Toujours sans grand intérêt. Je prend tout de même le banc sur lequel j’ai abandonné l’UTMB 2006 en photo pour exorciser le sort pour 2007. Géo coince à nouveau sur la fin dans la montée à Champex, mais toujours sur du 400D+/h.
Arrivée à 19 tapante à nouveau au relai d’Arpette, avec aujourd’hui 20mn de pause dej, c’est fête !

Chamonix, via Fenetre Arpette
39km - 9H13 - 2090D+ / 2680D-

Le temps est superbe et la chaleur d’un vrai mois de Juillet revient. Nous faisons une toujours très belle ascension vers la fenêtre d’Arpette. La vue sur le glacier du Triend lorsqu’on bascule est magique. Geo a mal au genou à la descente, après la pause dej il prend la décisison de rentrer à Cham par le train.

Je continue en en profitant pour lacher les chevaux. Bas Arpette->col Balme en 1h30, la descente aux Tours en 20mn, puis Cham en 1h40, les sensations sont superbes, je me sens léger comme l’air. Ca marche vraiment bien ces week end avec du volume !

Nous prenons une journée de repos, avant d’attaquer le Mont-Blanc.

Mont-Blanc – 14h - 17km - 1900D+

Matériel
Batons : non, mais piolet
Chaussures : Garmont Tower GTX + Crampons
Vêtements : Veste et Pantalon Gore Tex Millet, polaires (haut et bas), TShirt technique Queshua, gants doublés polaire, bonnet polaire, cagoule
Sacs : Mamut 45l + poche eau
Aliments : sandwichs crudités jambon, coca 33cl, pate de fruit


MB1 - montée refuge Tête Rousse 3,6km - 3h - 700D+

Nous prenons le Train du Mont-Blanc à St Gervais l’apres midi. Nous aurions eu plus vite fait de prendre la télécabine aux Houches, vu qu’il faut au train 1h pour arriver au même point ! Ensuite 2h30 d’ascension vers le refuge des têtes rousses à partir du Nid d’Aigle.

Au refuge, grosse crise entre un espagnol et la gardienne : il a cassé un truc, et ne comprend pas le Français …


MB2 - Dôme du Gouter 13,4km - 11h - 1200D+ / 1900D-

Nous nous levons à minuit, départ à 0h30. L’arrête du gouter est toujours aussi difficile, à la montée comme à la descente. Nous arrivons à 3h00 au Refuge du Gouter. Géo est déjà bien cuit. 15mn de pause pour avaler un sandwich et une peu de coca, et nous repartons vers le Dôme du Gouter. Là Géo coince vraiment. Nous avancons de 5m et 30s de pause. Nous y arrivons à 5h30 (c’est le temps qu’il m’avait fallu en 2006 pour aller au Mt Blanc). Tout au long de la montée, nous voyons des gens redendre très doucement victimes du mal des montagnes. Nous prenons la sage décision de prendre me Mt Blanc en photo et de redescendre. Car la descente est très longue également et très fatigante. Et comme d’habitude le retour est interminable. Nous arrivons au Nid d’Aigle à 11h30 !

Conclusion

Même si l’objectif du Mt Blanc n’est pas atteint, nous avons passé une superbe semaine avec plus de 10km D+ et 170km aux compteurs. Nous sommes passés de la pluie, à la neige, au beau temps d’été. Une belle préparation pour la coursette autour de la grande montagne fin août. A valider le week end prochain au Off du Mont Joly … A suivre.


mercredi, juillet 04, 2007

CR GRAND DUC CHARTREUSE – SAVING PRIVATE ULTRA-STEPH

http://www.grandduc.fr/
LES PHOTOS
Fichier KML pour Google Earth dispo sur demande par email
79km – 4000D+
Ma course: 12h35 – 57°/130 arrivants et 220 partants
1er juillet 2007

Matériel
Batons : non
Chaussures : Queshua 700
Vêtem
ents : tshirt Queshua, short Salomon, vetement pluie Queshua
Sacs : porte gourde avec 2 gourdes + sacoche ventrale pour aliments
Aliments : cacahuètes, pate de fruit, crème de marron, figues séchés, eau

Prologue
Grenoblois d’origine (un Tronchois même), depuis deux ans que je pratique l’ultra fond, je rêve de mettre le Grand Duc au programme. La Chartreuse je connais plutôt pas mal, et j’adore cette montagne qui s’étend de Grenoble à Chambéry, très secrète et difficilement accessible notamment l’hiver, et son abbaye. Des paysages variés et encore assez peu connus. En 2006 je n’avais pu y venir pour cause de Fortich’Off. C’était donc LA course pour 2007 avec l’U… enfin la coursette autour du Mt Blanc. En dépit de ma tendinite au releveur gauche depuis le raid de Jouques, j’y vais. Mais sans objectif autre que de faire la course. Le reste, on verra.

Samedi je déjeune avec NicNic38 à Grenoble, croisé sur le forum UFO. En fin d’après midi Patrak passe me chercher et nous allons au débriefing de la course. On y rejoint Eric, le coureur solitaire que les filles (n’est ce pas Astrid) n’osent pas aborder. Une star. Nous faisons un petit tour sur l’air de décollage des parapentes (ici se tient une compétition de légende – la coupe ICAR – qui voit des parapentes déguisés en baignoire ou en super-héros essayer de décoller).

Les choses sérieuses commencent au camping. Après avoir réglé notre du à la dame – une flèche, environ 15mn par personne pour régler environ 6€ ! – nous attaquons le diner. Bien sur j’ai laissé le mien dans le frigo à Grenoble. Eric et Patrak se dévouent et partagent leur pitance. Heureusement j’ai les cookies 100% beurre de tante Adélaïde (si vous allez à Grenoble c’est 16 rue des Clercs : visite obligatoire!). Patrak le magic Calfoutis, et Eric le pain d’épice_de_la_mort_ki_tue made in Valoreille. Avec ca si on choppe une hypo le lendemain c’est à désespérer de la diététique moderne.

9h30, dodo. Enfin leçon de Russe avec des voisins expressifs jusqu’à … Zzzzzzzzz.

La course

Dimanche 3h30, le réveil sonne. On met les habits de lumière, démontage de la tente, et zou au petit dej. Comme c’est avec les recettes des vieux trailers qu’on fait les meilleures courses, nous appliquons la méthode Eric : manger le plus tard possible, avoir le ventre plein à raz bord au départ de la course, et donc ne pas démarrer trop vite pour … durer ! Raté, faut démarrer vite si on ne veut pas se retrouver coincé dés le départ sur un chemin mon-trace en forêt. 5h12 le départ est donné. Rapidement je me retrouve dans les 10 premiers. Eric me rejoint rapidement, on se prend en photo mutuellement (la sienne est terrible !), et il repart comme une mobylette dans la première descente. En fait je vais passer toute la course à me faire doubler, rires ! Mais au moins je n’aurais jamais eu de bouchons à gérer. Les 15 premiers kilomètres se feront à plus de 9km/h de moyenne, c’est plutôt rapide. Première grosse montée jusqu’au Col du Coq (env 500D+ sur 6km). Michel Chifflot, visiblement une star locale, me double impressionnant d’efficacité. Un peu plus loin c’est Patrak qui me ratrappe. Il est en forme le bougre. Petite photo comme avec toutes les personnes que je connais ou avec qui je passe un peu de temps sur la course. Mon Grand Duc Hall of Fame en quelque sorte. Première longue descente jusqu’à St Pierre de Chartreuse. Technique, je marche beaucoup pour ne pas aggraver ma tendinite. Les 21km à 8,5km/h de moyenne. A St Pierre, comme sur tous les autres ravito, je passe très vite. Je remplis ma gourde d’eau et de coca, ma besace ventrale de saucisson, fromage, et pates de fruits, et je continue en marchant ou en courant tout en m’alimentant. La technique de Olmo sur l’U… enfin la coursette autour du Mt Blanc. Et ca marche super. La relance se fait en douceur, et on ne perd pas de temps. Rester debout immobile n’est pas plus reposant que de marcher.

Donc 200m après le ravito commence la grande montée vers le Col de la Saulce. Raide et en lacet sous forêt au début, puis à découvert sur une montagne pelée ensuite. C’est l’endroit que choisit NicNic38 pour m’enfumer. Clic-clac kodak, un de plus. Ce passage est superbe. En passant le col on découvre les Hauts Chartreuses, parc naturel protégé. Magnifique. Ravitaillement à Pratcel (souvenir de ski de fond il y a … pfff, 20ans ?). Ca me donne envie de revenir en bénévol faire le ravito à cet endroit. Magique. Ce long plateau est néenmoins très piégeux par ses roches calcaires donc pleines de trous et de failles. Eensuite par les chemins défoncés par les troupeaux de vaches et de chèvres (on en aura traversé quelques un). Je fais donc très attention à mes pieds, mon tendon du releveur ne supporterai pas le moindre faux pas. Surprise à Pratcel, un panneau indique 40km là où j’en ai 43 à mon GPS. Je vais garder cette différence de 3km jusqu’au bout de la course. A mon avis la course fait donc bien 79km ce qui sera parait il confirmé par la direction de course à la fin. Le Marathon est passé en environ 6h30. La moyenne baisse toujours. Normal je ne suis plus très rapide avec tous ces pièges à éviter.

Au Col de l’Alpette la longue descente vers Bellecombe commence. Terrible. Technique avec un fort pourcentage. Je vais marcher sur les 1000D- et 5km. Une éternité. Et pourtant ce ne sera pas le plus terrible. Après le ravito de bellecombe (51°km), commence de suite la montée vers Source Semon. Un mur ! Et toujours pas de batons … snif. Heureusement je fais la connaissance de Gilles (Cécillon ?). A chaque ravito précédents je le voyais arriver derrière moi avec son maillot orange (Bayrou semble avoir fait beaucoup d’émules dans l’ultrafond, rires !). Et je repartais avant lui. Même allure ou presque depuis des km. Nous faisons la montée ensemble. En fait il va me tirer jusqu’en haut, puis s’échapper doucement. Je n’ai plus vraiment de jus. J’en ai paradoxalement trop laissé dans les descentes à marcher et à me retenir. Sans bâtons de plus. Je n’ai plus de jambes. Encore plus de 20 bornes à tenir. Descente vers le ravito des prés. Je commence maintenant à avoir l’habitude. Je marche. Et encore 10 coureurs de plus qui me dépassent. Aux prés – 10h30 de courses – je crains que la montée suivante, annoncée pour 500D+ soit aussi rude que la précédente. Aux prés petite visite médicale obligatoire. Je pensais que ma tension était un peu en baisse. En fait non, tout va bien. J’ai un permis de continuer. Chic alors.

En fait la montée vers Combe Mollière ne va faire que 400D+ et tout en douceur. Sur la route pendant 6km puis une longue route forestière. Tout ce que déteste Didier P (mais qu’est ce qu’il se serait régalé dans les descentes !).

Les 15 derniers km se font avec l’aide de Emmanuelle qui attend sa sœur en marchant. Elle a un sacré background de Marathonienne et le GRR. Je fais du cyrano pour ne pas perdre trop de temps 10mn course, 2mn marche. Et personne ne me doublera.

Dernière descente via les pistes de ski. Et là c’est l’autoroute. Au moins 15 personnes me passent sur les 3 derniers km. D’ailleurs à l’arrivée on est 10 en moins de 5mn !

Je la savoure cette arrivée. Content d’avoir bouclé ce magnifique trail, en 12h35 pour un objectif de 12h (mais bon avec 56km et non 59 !), et surtout il ne me semble pas avoir aggravé ma blessure. En dépit de 3 semaines de repos forcé, la forme n’est pas si mal. Génial ! En passant la ligne, Patrak et Eric m’attendent. Petite tappe dans la main. C’est fait ! C’est beau ! Je veux revenir !

Conclusion

Faire une course sans pression du chrono, finalement c’est vachement confortable. On profite, on discute, on prend des photos. Mais sans blessures ce serait encore mieux.

J’ai validé la technique de ravito rapide. En revanche ce parcours convient à merveille aux bâtons. Dans les montées et les descentes, ils m’auraient bien secondé et soulagé les guiboles, notamment pour retenir dans les descentes.

Enfin le Grand Duc a la particularité de changer son parcours tous les ans. Ca va m’obliger à revenir tous les ans alors J

Merci aux bénévoles, aux organisateurs, aux gentils coureurs, au médecin qui m’a laissé finir, et special thanks à la femme de Patrak pour le clafoutis.
Bravo à Eric pour sa belle 5° place en 10h14 et Patrak 24° en 11h36.

samedi, juin 16, 2007

CR RAID DE JOUQUES – LE PRIX DU « PLAISIR »

www.raid-de-jouques.com
102km – 2362D+
Equipe : Vincent Baudrat, Maxime Moser, Laurent Dicaro, Stéphane Couleaud
26/27 MAI 2007

Prologue

Ca fait un petit moment que l’on prépare ce raid. En fait, nous l’avions déjà fait avec Vince et Emmanuel – un autre potos coureur et VTTiste chevronné – en 2004. Bien aimé. Sauf qu’au dernier moment le 4° nous avait laché et qu’on était donc pénalisé dés le départ de 25% des points. Mais souvenir d’un beau parcours avec une CO de nuit … pas simple.

En février Yoyo – alias Lionel Planes - m’annonce que son N+3 veut le recruter pour monter une équipe. Hum, ca me titille. D’autant qu’avec Lolo on a monté au sein de notre équipe de rugby le THS, une section THS Aventure. Avec déjà 2 courses à notre actif en 2007 : Noctiraid et Raid Eure 27. Performances régulière et du plaisir. Allez hop embauché. Max est un ami de Yoyo, qui nous met en contact. Gros crédit confiance d’entré (on est pas le potos de Yoyo tout à fait par hasard !). Vince est un bon camarade et performant et a envie de le refaire également. Bulletin d’inscription envoyé !

Petite frayeur en mars/avril avec un pépin de santé de Laurent, qui nous oblige à éventuellement recruter un 4°. Finalement Lolo décidera d’y aller quand même. Cool !


Vendredi 25 mai

Vince a emprunté le monospace de sa multinationale. Il passe prendre Lolo, et moi ensuite pour charger le matos. Oups suis en retard. Mais eux aussi. Match nul. En route A6/A7 pour rejoindre Max, heureux habitant de d’Eguille à 20km de Jouques, qui nous héberge pour la nuit. Nous arrivons sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller Marie … que nous ne verrons finalement même pas.

Samedi 26 mai

Levé 6h du mat. Déjeuné sur la terrasse de max avec un beau levé de soleil. Départ vers Jouques. On sort les vélos. Vince pleure devant l’état de mon VTT, qui fut le sien par le passé, et qu’il ne reconnait plus. Du coup il passe 1/2h à le régler et à le nettoyer, peine perdue, on part de trop loin.

10h, départ du raid avec une petite CO autour de Jouques. On croise Yoyo et son équipe. Sympa et pas trop dure, ca met dans le rythme. Nous faisons la plupart des premières balises, même si nous en loupons une facile. A la fin tout le monde se retrouve pour un nouveau départ en ligne pour l’épreuve longue de VTT.

Ca démarre très fort avec une chute dans le peloton au bout de 100m. On sort de Jouques, la voiture de tête libère le peloton sur les chemins. Et là ca commence à cafouiller pour notre équipe. Vince s’envole, Lolo à la peine derrière, pas encore tout à fait remis de son soucis au cœur il peine à prendre le rythme, Max et moi au milieu. Bref on passe son temps à se chercher et à s’attendre. Un team qui s’éparpille dés le début, pas de bon augure. Tant bien que mal le team se rassemble. Mais aussitôt reparti, le même scénario se répète. Et ce qui devait arriva. Après une longue montée, Lolo parti trop vite, sans prendre le temps d’échauffer son cœur, a mal. Il décide de stopper pour ne pas se mettre en danger. Je suis d’accord. Il rentre et on verra ensuite si il peu reprendre les autres épreuves. On perdra peut être 25% sur le VTT, mais pas forcément sur tout le parcours. En haut de la montée, j’en averti les autres. On repart dans la descente. Vince prend à nouveau, disons, les devants. Avec Max on suit à distance. Finalement dans le même rythme, une sorte de course poursuite avec Vince se met en marche. Pas très agréable. On a l’impression de le ralentir. Et nous nous sommes toujours un peu au taquet, pas vraiment ce qu’il faut faire sur une épreuve de près de 20h. De plus nous ne sommes jamais en visuel les uns des autres. Donc si le dernier à un problème, impossible de la savoir. Et il n’a plus qu’à compter sur la solidarité … des autres équipes ! Un comble ! Combien d’équipe vues en train de remonter ou d’attendre leur coéquipier sans savoir combien de temps ni pourquoi tout en étant complètement inutile à ce denier mal en point…Une courbe serrée, une jeune fille me passe à la corde, boum le sol tremble. Je suis tombé. Pas vraiment grave, je suis quasiment à l’arrêt. Nous arrivons à la barrière horaire avec 5mn de retard. Tant pis nous ne ferons pas le parcours élite (8km de course à pied en sup). Yoyo y aura droit. Nous attaquons la dernière descente avant d’arriver à Jouques et de terminer l’épreuve VTT. Vince s’échappe à fond, suivi de Max, et je ferme la marche avec mes plaquettes de frein usées. Un nuage de poussière devant. Mmax s’arrête. Vince se relève. Il est tombé. Je ne sais pas ce qu’il l’énerve le plus : la douleur et donc l’abandon probable ou bien d’avoir abimé son beau vélo. Le prix du "Plaisir" individuel. En revanche, je sais ce qui m’énerve. Le manque de cohésion et d’esprit de corps vient de délivrer son résultat en moins de 30km. Nous payons cash. De 4 au départ nous ne sommes plus que 2 à la fin. Avec Max nous arrivons à Jouques. Lolo nous attend, et va pouvoir reprendre avec nous. Chouette ! Et effectivement il finira tout le raid avec nous. Fallait juste lui laisser le temps d’échauffer son cœur et na pas partir trop vite …

Epreuve n°3, le Run&Bike. 2 qui cours et 2 en VTT. Pour nous se sera 1 seul VTT. On la laisse à Lolo pour qu’il se ménage et puisse assurer la longue journée de dimanche. Max et moi sommes bien, on court. Pour la première fois du raid nous sommes ensemble, une véritable équipe. Ca fait vraiment du bien. Je suis content. A la double tyrolienne Max prend l’appareil photo et essaie de me prendre en film. Pas si simple, rires ! En bas de la descente en rappel, Lolo nous attend. On lui promet que ce sera son tour le lendemain. C’est trop bon.

Epreuves 6 & 7, tir à l’arc, biathlon, et Suduku. Pour le tir c’est bien, pour le suduku les spécialistes Max et Lolo n’arrivent pas vraiment à compenser les néophytes Vince et moi.

Ca y est c’est fini. On monte les tentes. On mange une pizza. Petite discussion avec Yoyo sur la saison trail à venir. Son équipe est 6° au scratch. Ils sont bien dans la course. Nous sommes 58°. Avec 50% de pénalités sur le VTT et 25% sur les épreuves à venir, ca ne va pas être simple. Décidément je n’ai pas vraiment de chance dans les raids (cf autres résumés).

Dimanche 27 mai

Réveil à minuit. Petit dej dehors avec tout le monde. Sympa. Ambiance en ralentit ; Je démonte la tente. 1h du mat, on repart, toujours à trois.

Course d’approche en Run&Bike. Sur 4km je vais courir l’ensemble de la distance. Max et Lolo se partagent le VTT. La mise en orbite de Lolo est à ce prix. Je suis tellement content qu’on soit tous les trois. Je croise Yoyo qui descend du VTT pour une petite mise en jambe. C’est qu’ils ont des ambitions les cocos. C’est bien. Tout le monde est heureux.

On arrive dans un petit bois. On dépose les VTT. On prend les cartes. ; C’est parti pour une CO de nuit de 19 balises sur près de 30km. Génial. J’adore la nuit. Il fait bon, jamais chaud, absence totale de bruit, il y règne une atmosphère paisible. Tranquille. Nous mettons un peu de temps à trouver la 1ere car nous refusons de prendre le moindre azimut et voulons toujours savoir où nous sommes. Donc nous prenons les chemins et routes. Même si la carte est 99 et donc des chemins sont apparus et d’autres ont disparus au fur et eu mesure des coupes de bois. Même des lignes haute tensions apparaissent ! Nous sommes tellement dans le guidon que nous passerons même à 50cm de la balise 2 sans la voir ! A la balise 4 le parcours élite nous est fermé. Pas grêve. Même si Max nous fait un petit coup de moins bien (petite hypo), Lolo est de plus en plus en forme. Et ca c’est bon. L’équipe de Yoyo aura réussi à rentrer sur le parcours élite. Mais ils ne trouveront aucune balise et perdront plus de 2h. Dommage. Nous filons directement sur la balise 10. Nous sommes ensemble, soudés, c’est bon ! Ravito à la 10. le jour se lève. J’aime ce moment où une nouvelle journée commence. Arrivée sur la balise 11, rigolo, les gars de l’organisation sont sur des hamacs … superposés entre deux arbres ! La 12 nous ne la verrons jamais. Nous allons faire un azimut pour la première fois … et nous perdre au fond d’un talweg, et trouver difficilement la 13. Des lignes à hautes tensions absentes des cartes nous font perdre du temps pour la réorientation. Pendant près de 30mn nous ne seront pas où nous sommes. Un groupe nous amène ensuite sur la 14. Ensuite nous ne serons plus jamais seuls, et les balises s’enchainent comme des perles. Quelques traversées de gués plus tard, nous nous retrouvons sur la balise 19 et le point de départ du canoë.

Petit point du règlement, comme nous sommes 3, et que l’organisation veut que nous soyons 2 par canoë, il nous faut être avec une autre équipe de 3. Par chance, Berangère Gauthier des Twix Again attend elle aussi un quatrième. Ses deux compères sont partis il y a déjà 10mn. On met à l’eau et c’est parti pour 11km. Bérangère s’avère excellente en C2. Elle est de Jouques et connait parfaitement la rivière. ; Bon pour le moral. Nous rattrapons et doublons Max et Lolo. Puis d’autres concurrents. Elle ne lache rien. De petits rapides ponctuent le parcours. Bérangère relance bien la machine pour éviter les rochers, mon guidage semble lui convenir. A l’arrivée ses compagnons sont partis et l’attendront sur l’arrivée de la Tyrolienne. Les miens mettront 5 mn, à arriver. Il fait froid. Je rentre en hypothermie quand nous repartons en course à pied vers la Tyrolienne. Cette fois ci Lolo fera le tyrolienne et le pont de signe avec Max.

Petite course à pied, puis 13km de VTT pour terminer. Tout se passe bien. Lolo a pris les commandes, et c’est lui qui relance le groupe. Après chaque bosse, chaque virage. Il est le boss. Max et moi subissons avec plaisir. Après tout c’est dans la tête. Alors nous suivons toutes les relances. A l’arrivée à Jouques je suis surpris. J’aurai bien continué un peu. Mais je suis vraiment heureux. Car cette journée nous l’avons démarré et terminé à trois, toujours soudés, jamais séparés, solidaires, déterminés, et volontaires. Lolo à non seulement tenu, mais en plus performé. Max s’avère un excellent compagnon, tenace. Nous n’avons rien lâché, même dans les moments de doute, en perdition dans la pampa. En passant dans la rue principale nous croisons Vince à la table d’un bistro qui nous attend.

L’après

Nous prenons une douche, et à la remise des prix, Yoyo me raconte leur mésaventure. Ils seront finalement 17°. Belle perf quand même pour une équipe qui ne se connaissait pas vraiment. Nous sommes antépénultième, sans surprise rapport aux pénalités. La solidarité aura payé sur cette 2° journée, car sans les pénalités nous sommes dans le premier tiers.

Pour pouvoir espérer un bon classement sur ce raid que j’aime vraiment bien, il me faudra donc constituer une équipe vraiment solidaire. L’esprit d’équipe est plus important sur ce type d’épreuve que la performance individuelle. Ou plutôt la perf individuelle n’est rien si l’équipe ne reste pas soudée. C’est d’abord une aventure humaine.

Un point sur l’organisation : juste excellente, avec des bénévoles à chaque coin de route sur les parties balisées. Une grand gentillesse rencontrée partout. Un bel enthousiasme communicatif. Merci !

Retour sur Paris après avoir quitté Max. Nous dormons tout le long en laissant le volant à Vince, reposé.

Nous reviendront !

lundi, mai 21, 2007

Tournée THS dos Galacticos

du 17 au 20 mai 2007
Madrid
0km - 0D+
Le résumé

Et oui ma première participation à la tournée annuelle de rugby de mon club - le THS - cette année à Madrid. 3 jours et 3 nuits bien remplies

Après une cure de 9h de sommeil en 3 jours et un enchainement cervosa-gin bien maîtrisé, va falloir revoir les fondamentaux de la course à pied cette semaine avant le raid de Jouques, à savoir mettre un pied devant l'autre.